Histoires de sommeil

Cela fait des années que j’ai des insomnies par périodes. Parfois je me réveille pendant une heure ou plus au milieu de la nuit; depuis un an ou deux je dors mal toute la nuit et je sais avant de me mettre au lit que la nuit sera mauvaise. Et souvent ces mauvaises nuits s’accumulent toute la semaine, me laissant épuisée et incapable de faire quoi que ce soit, notamment des activités sociales. Et puis, j’ai des périodes où tout va bien et je dors comme un bébé.

Je me suis toujours doutée que ce mauvais sommeil était lié au stress et à mes nombreuses angoisses mais je n’en avait pas la preuve. J’ai finalement été consulter un médecin spécialiste (au tout nouvel hôpital Delta) qui m’a de suite prescrit un examen du sommeil. J’ai eu la chance de pouvoir le faire à la maison mais j’ai détesté. J’ai très mal dormi avec tout ces fils et ce gros boîtier qui enregistrait tout. Mais j’ai dormi quand même une partie de la nuit et le technicien m’a affirmé le lendemain qu’il y avait assez de matière à analyser.

Les résultats sont assez positifs: je n’ai aucun souci physique, juste quelques anomalies: je soupire souvent et mes rêves sont suivis d’une brusque phase d’éveil alors que normalement, je devrais me rendormir de suite. Ces anomalies sont très probablement liés à de l’anxiété et causent ma fatigue du lendemain. Le médecin m’a prescrit du trazodone à très petites doses (c’est à la base un antidépresseur, ne causant heureusement aucune addiction), à prendre uniquement quand j’en ressens le besoin (même si j’en prends tous les jours, la boîte tiendra plus d’une demi année). Il reviendra vers moi aussi avec des adresses pour apprivoiser mes anxiétés et il approuve tout à fait mes exercices de méditation et mes consultations avec Coyote. Il a été très rassurant, me disant que mes insomnies pouvaient se soigner et disparaître. Maintenant c’est à moi de trouver les techniques de relaxation qui me conviennent le mieux et de tester le médicament si nécessaire (je préfère l’éviter le plus possible – mais j’en prendrai dans les cas aigus de grande fatigue).

 

10 réponses sur « Histoires de sommeil »

  1. Je comprends ta réticence à prendre des médicaments sans nécessité absolue, mais puisque celui-ci est très peu dosé, ne serait-il pas plus efficace de le prendre régulièrement, sans attendre d’être épuisée, pour te donner une chance d’enclencher de bonnes habitudes de sommeil?

    1. C’est en effet un point de vue. Je pense que je vais le tester quelques jours pour voir s’il y a des effets secondaires et s’il m’aide vraiment à avoir un meilleur sommeil. Il faut aussi savoir que je retrouve souvent de bonnes habitudes de sommeil sans aucune aide, il suffit que mon anxiété diminue (nouvelle date limite dans ce cas bien particulier: le 30 août – même si je table plutôt sur le 15 septembre).

  2. J’ai toujours eu un sommeil très léger, et besoin de très peu d’heures de dodo sans que cela ne m’affecte.

    Lorsque j’avais 18, 19 ans, j’ai eu une longue période d’insomnie : pendant près de 6 mois, je dormais 4, 5h grand maximum par nuit, sans que mes journées n’en soient affectées outre mesure.
    Au début, j’ai vu ça comme une chance exceptionnelle! Du temps en plus pour lire, regarder des films, pâtisser, peindre, créer,… (bon, j’aurai dû en profiter pour étudier aussi vu que j’ai raté mon année ! 😂).
    Le problème (outre le fait qu’être seule debout à devoir faire attention à ne pas faire trop de bruit quand tout le monde dors au kot, ça devient vite emmerdant) , c’est que même si mentalement je n’étais pas fatiguée, au bout d’un moment mon corps était épuisé et se mettait en « veille » sans prévenir, ce qui se traduisait par des évanouissements.
    Mon médecin de l’époque m’avait prescrit du Stilnoc, me conseillant de commencer par 1/2 comprimer pendant quelques jours, avant d’augmenter graduellement si nécessaire… D’un commun accord, on a abandonné l’idée quand 2,5 comprimés par nuit ne faisait toujours pas effet !
    Comme ces insomnies n’avaient pas de cause évidente (je n’étais pas outre mesure stressée ou anxieuse, j’étais sportive, en bonne santé, et avec une alimentation saine), il m’a alors « prescrit » une inactivité totale de 23h à 6h30 minimum. Obligation d’être dans mon lit, dans le noir, sans rien faire, pas même lire ni écouter de la musique.
    J’ai dû développer des techniques pour m’éviter de trop réfléchir et ressasser, parce qu’à ne rien faire, on se retrouve vite à ruminer.
    Le plus efficace pour moi, c’est de créer des recettes de gâteaux dans ma tête, en les cuisinant mentalement de A à Z (j’élabore depuis près de 15ans une recette ultime de marbré chocolat-orange que je ne cuisinerai sans doute jamais), ou de refaire pas à pas une ballade que j’affectionne beaucoup dans le sud de la France, en m’imaginant les moindres details (sons, sensation de fois-chaud-vent sur la peau, odeurs,…).
    Focaliser mon attention sur quelques choses de précis et multisensoriel m’évite de me laisser envahir par les idées noirs, et favorise un état zen qui fini par se fondre dans l’endormissement. Et même si le sommeil n’arrive jamais, au moins mon corps et mon esprit sont reposés.

    Depuis, j’ai toujours un sommeil difficile, mais je n’appréhende plus les insomnies, et mon cerveau est conditionné à se mettre en veille dès que je sors mentalement le beurre et les œufs du frigo…
    Je me doute que tu as certainement tes propres trucs de relaxation/méditation, mais peut-être que mon expérience te sera utile.

    (pour la petite histoire, peu après ma tentative infructueuse avec les somnifères, mon papa a lui aussi eu des problèmes de sommeil dû à une grosse période de stress au travail. Maman lui a conseillé de prendre un demi de mes somnifères, se disant que si ça m’avait été prescrit, ça n’aurait pas trop de conséquence sur un gaillard d’1,90m et près de 100kg, tout au plus ça l’aiderait à se relaxer… Elle m’a appelée mi-rigolarde, mi-anxieuse quand 14h plus tard il ronflait toujours comme une locomotive !
    Comme quoi, les somnifère dépendent vraiment de la cause de l’insomnie, et de la physiologie de chacun !)

    1. Merci pour ton commentaire, c’est très intéressant à lire. J’ai aussi mes « trucs » pour calmer mon esprit, mais souvent je suis dans un état de demi-sommeil où il m’est impossible de me focaliser sur quelque chose et mes pensées continuent à avoir libre court.
      Un de mes trucs, justement, c’est de réfléchir aux différentes étapes pour coudre une robe 😉

      Et à part ça, j’espère que tu vas bien !

  3. Heureuse de lire que tu as pu mettre des mots et/ou des solutions possibles sur tes nuits difficiles.
    Pour ma part, j’ai un sommeil très léger et je dors mal depuis plusieurs années. Je me réveille souvent, n’ai en général aucun problème à me réveiller, mais, du coup, suis quand même (trop) souvent fatiguée au réveil.

    1. Je comprends tout à fait cette fatigue au réveil. Je m’y suis en partie habituée et j’arrive à fonctionner, mais certains jours, c’est vraiment difficile et j’attends le soir avec impatience.

  4. C’est un sujet qui me parle tout à fait puisque j’ai été sujette à des insomnies pendant presque 10 ans en lien essentiellement avec mon anxiété …au départ et ensuite, de la vraie insomnie avec l’anxiété de ne pas dormir et d’être hors service le lendemain. Une fois que la machine est en route, c’est TRÈS difficile de s’en extraire et ça m’a demandé plusieurs mois avant d’avoir un résultat efficace. En ce moment je peux dire que je n’ai plus d’insomnie mais qu’il m’arrive encore ponctuellement de mal dormir car mon sommeil est sensible à mon niveau de stress. En fait j’ai appliqué des techniques assez simples et qui sont toujours efficaces pour moi. Premièrement je ne reste jamais plus de 10 minutes dans mon lit sans dormir. Je me lève presque toujours pour ne pas ruminer sur mon incapacité à dormir. Quand je suis en période de stress et donc de sommeil difficile je me prévois toujours un coin cozy dans le divan qui peut m’accueillir en cas de rumination. Dès que le sommeil revient un peu je retourne dans mon lit. Et si il faut faire des aller retours plusieurs fois: pas de problème ! Avec le temps, j’ai réussi à associer mon lit au fait de dormir et non pas au fait d’ESSAYER de dormir !
    Deuxième chose: je ne change plus jamais mon horaire du lendemain quand j’ai eu une mauvaise nuit. Au contraire, je me lève à l’heure prévue et je vais dormir plutôt tard…pour épuiser mon corps. De toutes façons, quand je suis crevée, c’est très désagréable mais je suis toujours capable de faire le minimum pour donner le change…donc à quoi bon m’en faire d’autant que je sais que ça renforce l’incapacité à dormir !!! Parfois il me faut plusieurs jours d’affilée avant d’avoir uen bonne nuit mais c’est vraiment ce truc qui m’a sorti de l’insomnie.
    Ensuite, bien sûr je suis à la lettre toutes les recommandations de base: routine du dodo, ne pas avoir de gsm dans la chambre, ne jamais regarder le réveil quand je ne parviens pas à dormir, etc. etc.
    je conseille vivement le livre « vaincre les ennemis du sommeil » de Morin, qui aide à mieux comprendre les mécanismes de l’insomnie et comment s’en défaire.
    Courage !

    1. Merci pour ce long commentaire ! J’ai encore trop tendance à rester au lit même si je ne dors pas, mais en fait je suis souvent dans un demi-sommeil, pas assez consciente pour prendre une décision.
      Je n’ai jamais décalé mon heure de réveil, parfois un peu celle du coucher – genre une demi-heure plus tôt, mais le plus souvent je reste malgré tout traîner jusqu’à mon heure habituelle. Par contre, me coucher plus tard, je ne l’ai jamais fait, je dois peut-être essayer ça.

      Merci aussi pour le conseil de lecture.

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