L’envie

17973780Sophie Fontanel, L’envie: conseillé par une amie, je me suis lancée dans ce court récit pour me changer les idées d’une autobiographie un peu trop longue. Et c’est vrai qu’en 150 pages, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer ! Sophie Fontanel raconte une période de sa vie où l’envie l’a quitté, où elle n’a plus de relations sexuelles. Il s’agit de petites chroniques de trois ou quatre pages, très personnelles, qui m’ont fait penser à des notes de blog. Elle parle de sa vie mais raconte aussi celles d’amis ou de voisins. J’ai trouvé ça très “français”, “parisien” même mais pas désagréable du tout. C’est très bien écrit, avec finesse et précision mais je n’y trouve aucun point d’attache, alors que le sujet me touchait justement de près. Et c’est dommage.

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Short diary of the week (236)

Lundi: du mauvais sommeil, m’intéresser aux musiques de Cuba et commencer un livre sur le sujet, m’occuper aussi d’une playlist, être distraite par l’idée d’un voyage au Japon, quelques courses au magasin bio et au magasin japonais, The Good Fight, Black-ish – les deux premiers épisodes de la première saison, me sentir super agitée et ne pas réussir à me calmer malgré ma fatigue

Mardi: un sommeil agité et des insomnies de milieu de nuit, ça va être dur aujourd’hui, déjà je n’ai pas envie de parler avec tout le monde, et j’ai plein de trucs à régler pour la maison paternelle – ce qui implique de téléphoner – quelle horreur, bon au moins c’est passé, tenter de me concentrer sur un boulot mais m’éparpiller, comment moudre des graines de lin – ah mais oui ! le blender !, Masterchef, une courte séance de yoga stretch – mon dieu que je suis raide – ce que je savais déjà, difficile de trouver des méditations qui ne m’énervent pas sur youtube, de la lecture

Mercredi: contrairement à toutes mes attentes j’ai dormi comme une masse – si on exclut le réveil intempestif à 5h59, m’éparpiller parce qu’il y a plein de choses en cours, l’allocution du directeur général, Babylon Berlin, Masterchef

Jeudi: me réveiller fatiguée après ce que je pensais pourtant être une bonne nuit, ma robe colle à mes collants: j’ai oublié de mettre un jupon, bien avancer sur un sujet, une réunion qui permet de nous exprimer mais entre nous – le plus difficile sera de faire passer le bon message, terminer enfin tous les billets de mon voyage en Inde – cinq mois plus tard – la publication suit, une sortie en ville sous la bruine, deux cocktails classiques dans le très beau cadre d’Arthur Orlans, plein de discussions animées, une soupe de ramens au Menma – un peu trop copieuse et trop salée à mon goût mais très bonne quand même, terminer mon livre

Vendredi: une nuit trop courte, attaquer les trucs du vendredi, tenter d’avancer sur le travail de la semaine prochaine, apprendre en fin d’après-midi que le deadline n’est pas aussi proche, Masterchef et Gardener’s World tout en tentant de ne pas m’endormir

Samedi: cette nervosité qui m’a empêché d’avoir une bonne nuit, du rangement, aller au restaurant avec mon papa, travailler un peu au jardin pour digérer tout ça, de la lecture, les deux derniers épisodes de la seconde saison de Babylon Berlin

Dimanche: une matinée au calme, préparer la tarte aux clémentine pour l’après-midi, gentiment mais fermement renvoyer ces prosélytes par un “je ne suis pas croyante”, direction la maison paternelle pour un après-midi rangement et home staging, à cinq ça va drôlement plus vite (merci encore !), ça présente même très bien: il suffit parfois de bouger un meuble ou retirer un tapis, me rendre compte une fois rentrée que j’ai oublié ma bouilloire là-bas, The X-Files, Black-ish, Masterchef, sentir l’agitation qui monte avant d’aller dormir alors que je suis crevée

Little fires everywhere

34273236Celeste Ng, Little fires everywhere: Mia Warren et sa fille Pearl arrivent à Shaker Heights, une petite ville résidentielle dans la banlieue de Cleveland où tout est propre et bien organisé. Mia est artiste et ne reste jamais longtemps dans un même lieu, chacun de ses projets est lié à un endroit spécifique et elle a toujours emmené sa fille sur les routes, mettant tous leurs biens dans leur Coccinelle. Mia a cependant promis que cette fois-ci, elles se fixeraient pour un long moment. Elle trouve un logement au second étage d’une maison louée par Elena Richardson, femme d’avocat, mère de famille et journaliste au journal local. Pearl se lie d’amitié avec les enfants Richardson et bientôt les vies des deux familles s’entremêlent. Mais il y a une part d’ombre… Ce roman de Celeste Ng m’a au départ un peu décontenancée: différentes histoires s’imbriquent et certaines ne commencent qu’à un tiers du roman. Mais une fois lancée, il m’a été impossible de ne pas m’attacher aux personnages, surtout ceux de Mia et Pearl, et à Izzy, une des filles Richardson. Quant à sa mère Elena, elle est également décrite avec finesse, en totale opposition avec les autres personnages. Celeste Ng réussit très bien à décrire le microcosme d’une banlieue résidentielle où tout le monde se connaît et où un élément perturbateur met en branle des choses insoupçonnées. Une belle chronique à l’américaine.

The silk roads

9781408839973Peter Frankopan, The silk roads. A new history of the world: “The no. 1 Sunday Times bestseller” dit la couverture – et c’est sans doute ce qui m’a en partie attirée. Après avoir peiné sur des livres d’histoire écrits à l’ancienne dans le passé, j’ai souhaité lire des choses plus contemporaines et en effet, ce gros pavé est parfois écrit comme un “page turner”, la fin d’un chapitre annonçant déjà la suite. Mais surtout, l’histoire de la route de la soie m’a toujours intéressée. Peter Frankopan prend celle-ci comme point de départ pour réécrire l’histoire, partant de la préhistoire jusqu’à aujourd’hui. Il ne faut donc pas s’attendre à la description du commerce et des caravanes mais plutôt à un recentrage des événements qui sont se passés sur cette longue période, loin de européocentrisme habituel. C’est donc l’Orient qui est au centre du livre, la Perse, l’Asie Centrale – comme centre des échanges de biens et d’idées. L’histoire ancienne est celle qui me passionne le plus, mais les chapitres décrivant la période du 18e siècle à aujourd’hui m’ont permis de mieux comprendre la source des conflits actuels dans la région. J’ai appris plein de nouvelles choses et j’ai apprécié la facilité de lecture. Le récit est fluide et peu entrecoupé de citations qui auraient alourdi le texte. Il y a clairement un côté grand public mais l’auteur ne tombe pas dans la facilité non plus. Bref, un ouvrage sérieux mais attrayant pour des lecteurs intéressés par l’histoire.

Short diary of the week (235)

Lundi: me réveiller avec des courbatures aux bras – les joies du jardinage, ne voir personne au bureau avant un moment, recevoir un compliment pour ma nouvelle robe, recevoir les félicitations d’une experte en couture, me laisser prendre par un boulot que je ne pensais pas faire aujourd’hui, transférer les photos prises ce w-e vers l’ordi – la retouche sera pour plus tard – ou comment utiliser le moindre quart d’heure de temps pour faire des choses utiles – d’ailleurs j’ai noté mentalement une série de choses à faire, The Good Fight, Call the Midwife – fin de la septième saison – en larmes évidemment

Mardi: oh le vilain combo nausées – chute de tension, ça met un peu de temps à passer mais ça passe, attendre un coup de fil, une conversation intéressante, un travail long et chiant qui demande de la précision, Masterchef, de la lecture

Mercredi: devoir interrompre ma lecture à un moment clé, la suite du travail long et chiant, une overdose à un moment donné, mais il est bientôt l’heure de partir, un détour par Plaizier, retrouver Katrien et aller manger un pho / une soupe chez Yi Chan, encore aller boire un verre et rentrer chez moi après une très bonne soirée

Jeudi: un mauvais sommeil parce que je n’arrive pas à me réchauffer, une matinée productive: de la correction et de la préparation pour le futur, partir plus tôt pour rencontrer l’agent immobilier, la maison sera mise en vente en avril, Babylon Berlin, Masterchef

Vendredi: d’horribles insomnies qui me laissent épuisée le matin, les trucs du vendredi auxquels s’ajoute l’organisation d’une playlist, envie de faire la sieste, ripper des cd de K-Pop, une sortie impromptue pour goûter du rhum, rentrer juste avant qu’il ne fasse trop sombre pour recouvrir les bananiers et la fougère arborescente, Masterchef, Gardener’s World

Samedi: j’ai froid et je suis déprimée par la neige qui tombe, terminer ce roman intense, des courses, de la couture, de la lecture, une soupe aux nouilles soba – ça faisait longtemps !,  The man from Laramie (Anthony Mann, 1955) – un très beau western avec James Stewart, commencer un nouveau roman

Dimanche: tester le smoothie au petit déjeuner, faire quelques recherches pour écrire un billet cocktail, j’ai déjà faim, zumba, un peu de rangement de la cuisine transformée en champ de bataille les derniers jours, une incursion rapide au jardin pour mettre le reste de la taille des rosiers à la poubelle et réemballer quelques plantes, de la couture – une nouvelle robe d’après mon patron fétiche – ça avance bien !, chercher où je pourrais aller pour un second voyage au Japon, lire un peu mais l’après-midi touche déjà à sa fin, The X-Files, Babylon Berlin

My Darling Clementine dress

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Quand Gretchen Hirsch a sorti le patron de robe B6380 pour Butterick, je suis immédiatement tombée amoureuse de sa coupe très années 40. J’avais déjà tenté une robe similaire mais cela a été un fiasco total et je ne l’ai jamais reprise pour la mettre à ma taille. Je n’ai pas acheté le patron de suite mais j’ai eu des échos de Gasparde: il était fort compliqué à ajuster convenablement et elle l’avait abandonné. Elle me l’a donc prêté et j’ai tracé en novembre la taille 16 se rétrécissant en taille 14 à partir de la poitrine, modifiant déjà une moitié de dos pour faire un test. J’ai cousu une première toile qui ne m’allait pas du tout: la moitié de dos non adaptée était trop bouffante, surtout en coton; l’autre moitié où j’avais transformé les fronces en pinces était clairement une meilleure idée tout en étant toujours trop grande. Je flottais dans la partie supérieure du devant comme je m’en doutais. C’est souvent le cas, j’ai une petite poitrine en disproportion totale avec ma taille qui s’épaissit avec l’âge. J’ai donc mis plein d’épingles partout et j’ai tout abandonné pour coudre autre chose.

J’ai repris le projet en janvier et j’ai retracé le dos, diminuant sérieusement sa largeur, m’inspirant du patron de ma robe fétiche. Pour le devant, j’ai également diminué l’ampleur de la partie haute du buste en faisant deux plis dans mon patron en papier. Enfin, j’ai les épaules un peu tombantes et j’ai donc adapté la hauteur du patron du buste avant et arrière. J’ai cousu une seconde toile, changeant par la même occasion la marche à suivre pour coudre une belle pointe: au lieu de coudre ensemble les deux parties supérieures dans un premier temps, puis de les coudre à la partie inférieure, j’ai cousu chacune des parties supérieures au bas, les attachant ensemble par la suite. C’est bien plus aisé et cela permet de faire une jolie pointe.

J’ai eu de la chance: cette seconde toile résolvait tous les problèmes en une fois ! C’est là que ma paresse a frappé: le patron demande de coudre une doublure mais je me suis demandée si une parementure ne suffirait pas. J’ai fait une enquête sur le groupe FB de Gertie et même si les réponses étaient partagées, cela semblait possible. J’avais également lu que plusieurs couturières trouvaient les manches un peu trop froncées et bouffantes et j’ai réduit cela de moitié environ. Je me suis donc attaquée à la couture, choisissant un tissu de chez Timeless Treasures (“Puttin’ on the Ritz”) acheté chez Kawaii Fabrics à Hong Kong (les prix sont attractifs mais j’ai dû payer les frais de douane, ce qui fait que le tissu coûte autant qu’en Europe).

Les deux toiles m’ont bien aidées pour la couture de la robe définitive et je n’ai rencontré aucun souci. Au final, je suis satisfaite de ma robe et je compte bien en coudre d’autres sur le même modèle, avec toutes les modifications. Je rallongerais juste un peu la jupe. Les photos d’intérieur sont un peu tristes (et parfois même un peu floues – je n’ai pas beaucoup de recul) mais bientôt, je pourrai retourner en prendre dans le jardin ! Quant au nom, c’est la couleur orange / corail qui m’a inspirée ainsi que mon amour pour les westerns. Il se peut d’ailleurs que j’aie créé un cocktail portant le même nom récemment.

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The roads to Sata. A 2000-mile walk through Japan

51rqiixtijl-_sx327_bo1204203200_Alan Booth, The roads to Sata. A 2000-mile walk through Japan: Alan Booth, un Anglais installé au Japon pour étudier le théâtre nô décide en 1986 de parcourir à pied toute la longueur du Japon, de Soya au nord au Cap Sata au sud, en suivant les petites routes de campagne sur une distance de plus de 3000 kilomètres. Il décrit le Japon rural des fermiers et des pêcheurs au fil de ses rencontres. Son écriture pleine d’humour porte le regard d’un étranger sur un pays qu’il connaît pourtant très bien et c’est ce mélange de distance et de proximité qui est intéressant. Il y a du comique de répétition aussi: il relate toutes les fois où on lui refuse une nuit dans un ryokan sous prétexte qu’il est un “gaijin” et qu’il ne mange pas de poisson cru, qu’il dormira mal sur un futon, qu’il ne saura pas comment utiliser les bains. Il répond chaque fois en japonais, mais le message ne passe pas toujours: un gaijin ne parle pas japonais ! A d’autres moments par contre, la communication est bien plus aisée et il passe des soirées à boire des bières avec des locaux pour repartir le lendemain sur la route. Un si long voyage pourrait être un peu lassant et ennuyeux à raconter mais je me suis laissée prendre par ce récit si proche des gens et je compte bien lire l’autre livre d’Alan Booth, Looking for the lost: journeys through a vanishing Japan.