Chroniques du désencombrement – préambule

Une longue et difficile tâche m’attend dans les prochains mois: vider la maison paternelle. Depuis 1960, date de sa construction, mon papa s’est efforcé de remplir le moindre recoin, d’abord avec sa première épouse, puis avec ma maman. Les strates sont multiples et se mélangent gaiement, des objets anciens se retrouvant à côté de papiers importants récents. Mes parents n’ont jamais rien jeté, ou si peu, et les armoires et greniers débordent. 57 ans de vie s’y trouvent accumulés.

Avec ces “chroniques du désencombrement”, je souhaite décrire mon parcours dans cette maison, comment j’aborde les choses, les surprises, les émotions, les hésitations, les regrets, les questions… J’avoue que je ne suis pas sûre que je tiendrai jusqu’au bout, peut-être qu’à un moment tout devra aller trop vite pour écrire ou prendre des photos, mais je peux au moins tenter l’exercice.

Je profite de ce préambule pour vous poser des questions:

  • avez-vous déjà vidé une maison ?
  • des conseils ? des adresses ?
  • comment aborder les souvenirs ? comment ne pas tout garder ?
  • que faire avec les milliers de livres ?
  • et avec les cinq ou six services de table ?
  • avec les meubles ?
  • et avec tout le reste…
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15 thoughts on “Chroniques du désencombrement – préambule

  1. Pour les livres, quand il y en a un volume important comme là, certains bouquinistes se déplacent à domicile pour faire une évaluation et te proposer de te débarrasser du tout pour X euros. Ca doit pouvoir être réglé assez rapidement.
    Pour les souvenirs, je suis du genre à garder très peu, juste 2-3 objets significatifs et pas trop encombrants, plus éventuellement des photos du reste afin de conserver une trace – ce que tu vas faire à travers ces chroniques de toute façon.

    1. Je vais m’informer pour les livres.
      Quant à moi, j’ai du mal à me séparer des souvenirs, je risque d’en ramener pas mal, déjà rien que tous les albums photo…

  2. Oui, nous avons vidé la maison de mes grands-parents à Londres. Mon père et moi avons pris les quelques objets auxquels on tenait (photos, vases, tasses à thé, bibelots, un ou deux livres) et pour le reste, malheureusement ma tante a décidé qu’on ferait appel à une société, que nous avons payé pour vider la maison. C’était pour aller vite, car ma tante voulait vendre la maison rapidement, et avec elle en Allemagne et mon père en France, c’était la solution la plus simple. Mais je ne recommande pas! Beaucoup d’objets ont été “perdus”, on aurait pu revendre certains meubles, donner les autres… Bref, je te conseille plutôt de choisir avec soin les objets à garder, donner à des associations caritatives ce qui ne peut pas être vendu mais de vendre les objets de valeur. Et ton père en pense quoi?
    Bon courage!

    1. Je pense qu’au final, je vais aussi opter pour le vide-maison, mais je prendrai plus de temps que ta famille pour tout trier. Je vais sans doute travailler en plusieurs étapes: faire un tri, faire venir des gens pour les objets précieux et enfin pour le reste, passer au vide-maison.
      Mon papa n’a pas du tout envie de s’en occuper et me fait confiance…

  3. Ma mère avait aussi fait appel à une société pour vider la maison de ma grand-mère, après avoir pris soin de garder les choses qui avaient de la valeur sentimentale mais aussi de la valeur sur le plan pécunier ( ex. Verres en cristal…). Elle a récupéré un service pour ajouter au sien par exemple, parce que ce service lui rappelait sa mère. Au final ça tenait dans quelques caisses. Avec le recul oui elle a sans doute perdu des pièces qui auraient pu être vendues à bon prix etc. Mais sentimentalement ça lui demandait trop. C’était moins douloureux de faire appel à quelqu’un. Plein de courage. C’est une étape difficile bien que nécessaire.

    1. Comme je le disais à Madeleine, j’y vois plus clair maintenant et je vais travailler en plusieurs étapes, en essayant de ne pas trop ramener chez moi (mais il y aura quand même plusieurs caisses, je pense).
      Emotionnellement, les premières heures ont été un peu difficiles mais ça va maintenant, je m’y suis préparée et me mets en mode “tri sans trop de concessions”.

  4. Ma famille – moi comprise – est du genre à garder tout. C’est quelque chose qui depuis quelque temps me tracasse énormément d’ailleurs : il va se passer quoi » après »? Mes parents ne sont pas propriétaires, alors à chaque déménagement ça a été épique, et l’occasion de trier un peu. Le dernier a eu lieu alors que j’allais avoir 25 an (j’ai fete mon anniversaire la veille du premier jour du déménagement). J’ai passé mon été à survoler ce quart de siècle, à tenter de faire le tri, à plonger dans tous les souvenirs – et histoires, liés aux différents objets.
    Cela dépend aussi du temps que tu as: il y a des choses qui nous paraissent remplies de souvenirs et qui au final finissent vite par s’en débarraser. Dans tous les cas c’est un voyage, un voyage intime et souvent douloureux, mais un voyage. Je pense que c’est comme cela qu’il faut aborder les souvenirs. Courage!
    Ps: L’historienne qu’il y a en moi est fascinée par tes photos de famille publiées sur insta.

    1. L’historienne qui est en moi est fascinée par plein d’objets et de souvenirs que je trouve cachés dans la maison 😉 (je posterai encore quelques photos).
      C’est sans doute une bonne manière de l’aborder comme un voyage…

  5. J’ai participé à vider la maison de la grand-mère dans de très mauvaises conditions. Je voulais éviter mon père et mettre au plus vite fin à la relation nocive et je n’étais pas « moi-même » (deuil, trois premiers mois de grossesse, remise de thèse). Je me suis donc dépêchée pour éviter certains accrochages, je n’ai pas pris ce que j’aurais voulu garder sans réfléchir aux conséquences à long terme (ça me fait encore mal au cœur).
    Alors déjà, ce journal que tu tiendras est magnifique, une clé pour éviter ça 🙂
    Ensuite, concernant « comment ne pas garder tout ce à quoi on est attaché quand on est attaché à beaucoup de choses », j’ai deux réflexions à partager :
    – j’étais dans l’idee de « je garde ou pas », de façon stricte pour éviter l’encombrement chez moi d’objets que j’aime mais dont je ne saurais que faire. je ne referais plus pareil. J’emporterais avec moi ce qui me touche et me laisserais le temps de décanter avant un nouveau tri. Garder un objet ne veut pas dire que tu t’encombreras à vie avec. On peut dissocier la phase emotionnelle de la phase rationnelle. Et entre les deux, on peut trouver des idées de transformation de l’usage des objets (ça m’est arrivé pour l’un d’entre eux. Trop tard).
    – donner à des gens que tu connais (et qui le souhaitent) des objets que tu aimes mais que tu ne te vois pas garder est une façon de ne pas trancher dans le vif le lien affectif. Une amie a vidé la maison de ses grands parents et nous a offert les verres à vin (on en avait pas). Elle prend plaisir à les retrouver à chaque fois qu’elle vient manger chez nous ( et n’a aucun problème avec le fait qu’on en casse un de temps en temps – ce qui arrive avec la vaisselle. Ça vit et ça lui plait).
    Je te souhaite courage et douceur pour cette étape. Et puis une belle année, que je n’ai pas encore eu l’occasion de te souhaiter 😘

    1. J’aime beaucoup tes deux conseils. Je comptais déjà appliquer le second, c’est d’ailleurs le seul auquel mon papa participe. Pour le reste, il se distancie complètement de l’affaire. Et moi aussi, ça me fait plaisir de faire plaisir, comme ce manteau de fourrure donné à ma cousine.
      Quant au premier, c’est une excellente idée: j’ai regardé chez moi et je peux en effet consacrer un peu de place à du “peut-être”, notamment du côté des livres.
      Meilleurs vœux également, et une douce année !

  6. Dur dur de devoir gérer ça, et je dois dire que j’appréhende le jour où je serai confronter à cette situation, que ce soit pour mes grands parents maternels ou mes propres parents (mama est du genre à ne rien jetter elle aussi!)
    Je n’étais pas en Belgique lorsqu’il a fallut vider la maison de mes grands parents paternels. On m’a bien demandé si je voulais emporter quelque chose, mais rien ne m’est venu à l’esprit lorsqu’on me l’a demandé, donc je n’en ai gardé que mes souvenirs. Au final, ce n’est pas plus mal, parce que si j’avais été sur place j’aurai surement emporté quelques trucs, hors j’ai un relation conflictuelle avec les objets affectifs: ils m’encombrent et me mettent mal à l’aise à cause de ça, mais d’un autre côté j’ai du mal à m’en défaire.
    Je me prépare psychologiquement à devoir dire au revoir à mes grands-parents maternels dans les prochaines années, et je sais déjà qu’il est très probable que je ne puisse pas être présente lorsqu’il faudra vider leur maison. Mes grands parents étant du genre prévoyant, ils ont déjà fait un partage de leurs objets et bien (meubles antiques, pièces d’art, etc…) entre leurs enfants et petits enfants. Je sais pour ma part qu’il y a quelques objects qu’il me tient à coeur de garder (en particulier un bracelet manchette en argent de style art-déco que Papy à spontanément offert a Mamy au tout début de leur relation, bien avant leur mariage, en remplacement d’un bracelet qu’elle avait perdu. Le bijou est vieux et cabossé, mais magnifique, et bien au delà de la valeur pécunière, c’est son histoire qui me touche). Il y a quelques meubles ou objects auxquels je tiens pour la valeur affective qu’ils ont pour moi, mais dont je ne sais que faire et ne souhaite pas garder. Je pense demander à maman de prendre quelques photos pour en avoir le souvenir sans l’encombrement.
    Comme je suis du genre à avoir du mal à gérer mes émotions, je pense que je préfèrerai faire appel à un vide-maison une fois que ce qui me tient à coeur est emporté (Je pense en particulier au moment où je devrais vider la maison parentale). Pas envie de devoir me replonger dans trop d’émotion, pas envie de devoir me torturer l’esprit et le coeur à me demander quoi faire de chaque chose, de trier ce qui est à jetter de ce qui est à garder/donner/vendre. C’est peut-être radicale et je le regretterai sans doute plus tard, mais je préfère vivre dans mes souvenirs que dans des object émotionnellement lourds et encombrants. Et la perte financière qui en découlera peut-être est le pris de ma tranquilité d’esprit…

    Je te souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve émotionellement et physiquement difficile. Tu as la chance d’avoir encore ton papa avec toi, et dnc de pouvoir en discutter avec lui…

    1. merci pour ton commentaire !
      Comme je disais à Ness plus haut, mon papa se distancie très fort de cette phase et quelque part, je le comprends très bien. C’est une fin de toute une époque, de toute une vie quasiment et ça doit être encore plus dur pour lui que pour moi. Ce sont ses choix, et ceux de ma maman, que je dois trier et beaucoup de ces meubles ou objets n’ont pas de grande valeur affective pour moi. Nous n’avons jamais eu les mêmes goûts, mes parents aimant les antiquités alors que j’ai des goûts plus modernes. Si les meubles avaient été en Art Déco, j’aurais été ravie mais c’est bien plus ancien et cela ne cadre pas du tout dans mon intérieur. Je publierai sans doute des photos d’ensemble, mais pas pour le moment (pour des raisons de sécurité notamment).

      Ma réflexion a déjà pas mal évolué depuis que j’ai écrit ce billet, et les étapes prennent tout doucement forme dans ma tête. J’ai surtout du mal pour le moment à gérer la répartition entre mon temps au travail et le temps à consacrer à la maison…

  7. J’ai participé au “tri” de la maison de mes grands-parents. En gros, chacun a décidé de garder les choses qui lui plaisaient (ça s’est fait avec mes parents, mon oncle et son fils). Ce qui ne plaisait pas et qui était en bon état a été déposé dans un dépôt-vente. On a apporté les vêtements chez Oxfam. Le truc c’est que je rachetais la maison et qu’on m’a bien gentiment laissé le contenu complet de l’atelier de mon grand-père (vieilles planches et broles divers)… ça n’a pas été la joie, j’avoue ! Cela a peut-être déjà été dit plus haut mais mon conseil serait de ne garder que ce que tu aimes vraiment. Pour avoir, par la suite, refait un vrai grand tri chez moi je me suis focalisée sur les objets et mon ressenti. Si quelque chose, provoquait une sensation négative, je m’en débarrassais. J’ai vendu énormément de choses (fringues, bijoux, jouets, ustensiles de cuisine… sur ebay et à des connaissances) et puis, j’ai beaucoup donné aussi à des amis, de la famille et des associations qui viennent en aide aux plus démunis. Ah oui, j’essaye aussi d’éviter les “doublons” (genre 10 pinces à sucre que personne n’utilisera jamais ^^)
    Bon courage en tout cas 🙂

    1. Je trie en effet en tenant compte de ce que j’aime, mais parfois c’est compliqué – et mon côté historienne – vient s’en mêler. La dernière question que je me suis posée, c’est: “faut-il garder toutes ces vieilles cartes postales envoyées notamment à ma maman dans sa jeunesse ?”. Je n’ai pas encore tranché.
      Ebay, oui, mais ça prend un temps fou, non ?

      Merci de ton commentaire !

      1. Oui, ça m’a pris beaucoup de temps… et puis, certains acheteurs sont vraiment très (très très) pénibles… j’avoue que je n’ai plus le courage pour l’instant.

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