Le charme discret de l’intestin

Giulia Enders, Le charme discret de l’intestin: parfois, certains livres restent longtemps sur ma liste d’envies et puis, d’un coup, je les achète et les lis dans la foulée. Le sujet m’intriguait: qu’allait m’apporter la lecture de ce livre ? Giulia Enders raconte le système digestif de manière simple et très imagée, avec de nombreuses touches d’humour qui allègent un sujet qui peut facilement rester sur l’estomac (pardon, c’est venu tout seul). J’ai repensé à mes cours de biologie si ennuyeux, et dont je n’ai gardé aucune trace dans ma mémoire. L’auteur parle surtout de l’importance des millions de bactéries qu’abrite notre intestin et de leur rôle sur des choses aussi diverses que les intolérances et la dépression. Ces recherches sont encore très récentes mais dévoilent des liens que personne n’aurait imaginé entre les fonctions corporelles, et il serait temps que les médecins attachent un peu plus d’importance à notre intestin. Certaines maladies sont liées au fait qu’on possède ou pas certaines bactéries, notamment la maladie de Parkinson. Ce qui m’a évidemment interpellée, ma maman en ayant souffert. Un autre groupe a plus de chances d’avoir des problèmes cardiovasculaires, ce qui me renvoie vers mon papa. Et ce ne sont que deux exemples cités dans ce livre passionnant.

Je me posais donc plusieurs questions: si vous l’avez lu, en avez-vous parlé à un médecin. Était-il réceptif à ces informations ? Est-ce que cela vous a permis de mieux apprivoiser votre alimentation et votre transit ?

Let’s cook our books #26: Tangy Andhra lamb with fat green chillies & tangy herb chutney

Tangy Andhra lamb &a tangy herb chutney

Je prépare beaucoup de plats indiens. La raison est assez simple: malgré le fait qu’ils nécessitent souvent de nombreux ingrédients, il s’agit essentiellement d’épices sèches que je peux facilement stocker dans un tiroir. La cuisine thaïe – que j’aime beaucoup aussi – est plus compliquée à ce niveau et je n’ai pas de magasin spécialisé près de chez moi. Bref, j’ai continué à explorer mon dernier achat, I love India d’Anjum Anand, et mon choix s’est porté sur une recette d’agneau: “Tangy Andhra lamb with fat green chillies”, que j’ai accompagné d’un “Tangy herb chutney” et d’une simple salade de tomates et concombres. A vrai dire, j’ai un peu triché: il fallait du tamarin – je l’ai remplacé par de la mélasse de grenade et les “fat green chillies” de l’Andhra Pradesh m’ont permis de sortir du surgélateur des pimientos espagnols très piquants. La préparation du plat est un peu longue parce qu’il y a plusieurs étapes dans la cuisson et il faut souvent venir voir la casserole et surveiller que cela n’accroche pas. Ce qui est un peu ennuyeux quand on a envie de lire un livre au jardin ! La touche spéciale, c’est l’ajout à la fin de la cuisson, quand le mélange est quasi sec, de noix de coco déshydratée, de graines de sésame et de cacahuètes concassées. Quant au chutney, rien de plus simple: c’est un mélange de menthe, coriandre et pistaches.

Mais est-ce que c’était bon ? oui ! peut-être pas mon préféré – j’aurais pu rajouter plus d’épices au début de la cuisson – mais le mélange sésame/coco/cacahuète est vraiment original. Et les piments ? Ajum Anand propose elle-même de ne pas les manger si on ne supporte pas les plats trop piquants mais ils donnent quand même une certaine saveur. J’en ai mangé un demi et je me suis dit que cela suffisait !

Chronique japonaise

Nicolas Bouvier, Chronique japonaise: sans les activités organisées par Lire le monde, je n’aurais sans doute pas continué ma lecture des Œuvres de Nicolas Bouvier. J’avais acheté ce gros volume il y a une dizaine d’années suite à la sortie du disque Poussières et musiques du monde qui reprenait ses enregistrements de terrain. A vrai dire, à l’époque, seul L’usage du monde m’avait intéressée (et passionnée) et je n’avais pas envisagé de lire les autres récits rassemblés dans ce lourd pavé peu pratique à emporter. Entre temps, j’ai voyagé au Japon et au Sri Lanka; j’ai donc choisi de lire Chronique japonaise (j’aurais aussi pu lire Le Poisson Scorpion).

Dans ce récit, Nicolas Bouvier parle de deux voyages au Japon, un premier en 1955-56, juste après son séjour désastreux à Ceylan et un second en 1964-65, avec son épouse Eliane et son fils. Il retrace d’abord l’histoire du pays puis raconte quelques épisodes de son voyage, des épisodes très épars, aux ambiances très différentes. D’abord son séjour à Araki-Cho, un quartier de Tokyo, et son immersion dans la vie du quartier, puis un périple dans le nord, sur l’île d’Hokkaido, à la rencontre des Aïnous. L’ensemble est fort décousu, mais peu importe, c’est l’écriture qui compte, une écriture poétique qui emporte le lecteur à la découverte intime d’un peuple. Une écriture qui m’a convaincue que je ne dois plus abandonner ce gros pavé aussi longtemps et que je dois continuer mes lectures de Nicolas Bouvier. Une écriture qui m’a également donné envie de relire L’usage du monde qui parle de ces périples sur la route de l’Asie que les anglophones ont surnommé “Hippie trail” – un sujet qui me passionne.

J’en ai profité pour regarder deux documentaires (l’avantage de travailler dans une médiathèque). 22 Hospital Street se base essentiellement sur le séjour de Nicolas Bouvier à Ceylan (après sa traversée du Moyen-Orient et de l’Inde) et sur ses neufs mois de réclusion à Galle, luttant contre diverses maladies. Il a relaté ce séjour dans Le poisson-scorpion, un récit qu’il n’a pas eu la force d’écrire de suite mais qui a attendu les années 1970. Un documentaire passionnant (si on oublie les images d’horribles bestioles en gros plan), avec des témoignages de personnes qui l’ont connu. Le hibou et la baleine m’a moins intéressée mais il donne l’occasion d’entendre parler l’auteur et montre des documents d’archive.

Lu dans le cadre de l’activité Lire le monde organisée par le blog Tête de Lecture – pour la Suisse.

Short diary of the week (200)

Lundi: wow – 200 !, comme prévu les démangeaisons me gênent très fort, arriver dans un bureau surchauffé et avoir du mal à le rafraîchir, enlever mes sandales et mettre mes tongs de bureau, avoir du mal à remettre mes sandales au moment de partir, la maison est restée relativement fraîche, m’installer au jardin et terminer le roman commencé le soir précédent

Mardi: l’idée de demander à collègue d’ouvrir la porte de mon bureau quand il arrive une heure plus tôt que moi était géniale, rien de spécial à raconter, regarder le dernier épisode de la troisième saison de Better Call Saul – une série un peu lente mais qui a sa personnalité propre par rapport à Breaking Bad, lire au jardin, regarder passer les avions au crépuscule, tenter de faire retomber la température dans ma chambre sans vraiment y arriver et devoir fermer les fenêtres à cause des mêmes avions

Mercredi: dormir profondément pendant seulement cinq heures c’est trop peu pour moi, un petit-déjeuner réunion, le bruit des jardiniers, traîner le matin (corriger les fautes des autres prend plus de temps que prévu) mais bien avancer l’après-midi, un temps record pour remplir la déclaration d’impôts en ligne (30 secondes de remplissage – 4 minutes pour vérifier que j’ai bien tout rempli), 27° chez moi à l’intérieur contre 32° dehors, si je cuisine aujourd’hui je pourrai éviter de devoir cuire des choses demain, au jardin avec un gin tonic et quelques livres pour profiter du solstice, 22h15: 21° dehors mais toujours 26° à l’intérieur

Jeudi: dormir profondément toute la nuit, le retour du gamelan javanais, un bureau aussi chaud que l’extérieur, fondre, finir par rentrer une demi heure plus tôt, trois gouttes de pluie, en fait ça se rafraîchit assez vite, Twin Peaks, The Good Fight

Vendredi: choisir des vêtements puis changer d’avis pour quelque chose de plus joli, les trucs du vendredi, parler avec les seuls collègues encore présents vers 17h, Doctor Who, Jamestown

Samedi: mais où est le soleil ? (les prévisions météo me dépriment déjà – je n’aime que le beau temps et la chaleur !), de la couture, un téléphone de mon papa pour me dire que je ne dois pas venir aujourd’hui (je sens qu’il y a eu une dispute avec sa compagne), moi non plus ce n’est pas la grande forme aujourd’hui, me rendre compte que la batterie de la voiture est à nouveau déchargée, avoir du mal à me calmer, de la couture à la main, faire mes courses, terminer la couture de la robe, terminer un roman, The man from the Alamo (Budd Boetticher, 1953), m’endormir tôt

Dimanche: des brouillons de billets de blog, TBBT S02 E14&15, la mesure de mon tour de taille ne ment pas: + 10cm en 5 ans, de la couture: hésiter entre plusieurs modèles de jupes, 2h30 plus tard la jupe sélectionnée est terminée, plein de petits trucs divers touchant au ménage et au jardinage, de la lecture, une nouvelle tentative de photos de mes derniers vêtements cousus, Jamestown, The Good Fight

Sous les draps

Quelque réflexions supplémentaires autour de Très intime de Solange.

J’ai l’impression que les femmes qui parlent dans le livre ne sont pas représentatives des femmes en général. Est-ce à cause de ma propre sexualité ? Je ne suis pas sûre. La plupart parlent de relations très fréquentes, journalières, voire même d’un rythme de deux à trois fois par jour. Physiquement, cela doit quand même être assez irritant, non ? Et où trouvent-elles le temps ? parce qu’avec un boulot à plein temps et les tâches ménagères (et je n’ose pas imaginer avec des enfants à charge), ainsi que la fatigue qui s’y ajoute, cela ne laisse pas tant de possibilités que ça. A moins de ne pas avoir de boulot évidemment, ou de ne quasi pas dormir.

Et puis, qui sont toutes ces femmes qui ont des relations multiples ? Toutes ces relations à trois, voire plus ? Toutes ces relations entre femmes ? La plupart des personnes interrogées sont jeunes, très jeunes et sont sans doute encore dans une phase d’exploration, mais encore… est-ce si courant ? Ou est-ce moi qui suis si peu au courant / trop vieille ?

Où sont les femmes qui ont une relation stable, avec une même personne ? Où est l’amour romantique ? Où sont les femmes qui baisent peu ? Où sont les femmes qui n’ont plus envie ? Comment se passe leur vie de couple ? Ces thèmes sont très peu abordés dans le livre, parfois juste par le biais d’une baisse de libido. Qu’en est-il de ces relations que les femmes font un peu par nécessité, de peur de perdre leur amoureux, en se forçant souvent. Est-ce un type de viol à l’intérieur du couple ? Comment se passe la vie de celles qui ont tout simplement arrêté d’avoir du sexe avec une autre personne, parce qu’elles n’ont plus envie ? Parce qu’elles trouvent que c’est une perte de temps ? Parce que ce n’est pas/plus possible physiquement ? Comment se faire plaisir sans pénétration ?

La sexualité est un vaste sujet mais difficile à aborder, souvent tabou, dont on parle à voix basse, dont on ne parle pas avec des connaissances. Même avec les meilleures amies, le sujet est peu abordé, cela reste souvent de l’ordre du privé. Je me souviens d’une conversation en particulier mais pas de beaucoup d’autres. Quant à en parler avec des amis masculins… j’ai dit certaines choses à un ami, un peu pour voir sa réaction. Cela n’a pas été beaucoup plus loin qu’un peu de gêne et le passage à un autre sujet de conversation.

Ce billet pose beaucoup de questions – je m’en rends bien compte. Disons qu’il pose plutôt le cadre d’une discussion qui pourrait avoir lieu, en fonction des envies de chacun de se dévoiler – ou pas.

(à suivre, probablement, en fonction de vos réactions, publiques ou privées – vous pouvez m’envoyer un mail à misssunalee at gmail point com si vous préférez ou inventer un nouveau pseudo)

Très intime

tres intime.inddSolange, Très intime: ceci n’est pas un livre écrit pas Solange, la Québécoise à l’accent parisien connue de ses clips you tube parlant de sexe et d’autres choses (Solange te parle). Il rassemble en fait les interviews de femmes qui ont entre 18 et 46 ans et qui racontent leurs expériences sexuelles sans se voiler la face. A la base diffusées en radio, elles prennent ici la forme écrite (il y a d’ailleurs une polémique à ce sujet, mais peu importe). Le langage est souvent cru, très oral, très direct. Ces femmes répondent aux questions de Solange, questions qui n’ont pas peur d’aller plus loin dans le sujet. Elles parlent d’orgasme, de libido, du “pas envie”, des relations à plusieurs, des relations entre femmes, du cunnilingus, des détails et des endroits où cela provoque du plaisir, de l’obligation, du viol. Ce dernier point est très frappant: un tiers des femmes interrogées se dit victime de rapports non désirés, de rapports qu’un homme leur a imposé et qu’elle ont subi sans leur accord. Du viol donc. Ce livre propose une image de la sexualité féminine d’aujourd’hui et pourtant je ne m’y suis pas vraiment retrouvée. Même si j’ai apprécié la lecture. (Ce billet sera très certainement suivi d’un autre, plus général, sur le sujet).

Short diary of the week (199)

Lundi: des sensations de brûlures à mes deux plantes de pieds qui me réveillent en sursaut – probablement des piqûres de moustique – sauf que je ne l’entends pas – bien réveillée du coup – bref une mauvaise nuit, la liste de choses à écrire devient de plus en plus longue avec une deadline de plus en plus rapprochée, tentée par un projet mais c’est un projet qui m’angoisse un peu – laissons faire le sort, écrire et encore écrire, croiser Apolina dans la métro et discuter voyages, une rencontre qui m’a mise de très bonne humeur, fouiller mon armoire pour retrouver des colliers divers, Doctor Who, Jamestown

Mardi: une nouvelle mauvaise nuit – même les techniques de respiration ne fonctionnent pas, écriture – suite (huit petits articles urgents et divers plus longs moyennement urgents), sortir du tram et me retrouver comme dans un film: dire bonjour à mon collègue en camionnette, me faire interpeller par un autre à vélo, sourire à une mini gamine en pleine crise de larmes, saluer une ancienne compagne de classe à la boulangerie… avant d’enfin arriver à mon boulot, huit textes à écrire et les éliminer un à un, saturer à un moment et regretter de ne pas être libre de mes horaires – si cela avait été le cas j’aurais fait une longue pause pour reprendre plus tard et terminer, avocat et scampis – le combo gagnant, Better Call Saul, Anthony Bourdain Parts Unknown à Oman – superbe mais où sont les femmes ? zut les piles de mon Dodow sont plates…

Mercredi: et hop une troisième nuit agitée, terminer plein de textes sauf un à relire plus tard, le projet de lundi a été annulé, attaquer à nouveau le gamelan, rentrée vidée et sans envie de cuisiner, m’y mettre quand même parce que mon ventre crie famine, me battre avec un site pour acheter quelque chose, Twin Peaks, The Good Fight, enfin réussir à faire le payement pour ma commande

Jeudi: et de quatre, ouvrir un peu la tirette de ma jupe pour qu’elle tombe plus bas sur ma taille (oui j’ai grossi en deux ans), mille et un problèmes informatiques qui ralentissent le travail, tenter une cure de magnésium pour mieux dormir, me désabonner d’un compte instagram sur les voyages à cause d’une photo du couple en question trop glamour vulgaire qui ne correspond absolument pas à mes standards (et le site web était rempli de fautes d’orthographe – alors que mademoiselle fait de la communication comme métier), un cocktail insolite mais intéressant, American Gods, The Good Fight

Vendredi: et de cinq, partir à mon aise pour mon rendez-vous à la galerie Ravenstein, une réunion productive et intéressante, une proposition, les trucs du vendredi, rentrer chez moi avec un grand sourire – cette journée était vraiment bien même si je suis en manque de sommeil certain, tenter de ne pas m’endormir devant Café Lumière de Hou Hsiao-Hsien puis me laisser happer par les trains de Tokyo

Samedi: j’aurais probablement pu dormir plus longtemps mais mon cerveau s’est réveillé avant mon corps, une heure de couture – le haut de la robe est presque fini, la traditionnelle visite chez mon papa, tondre la pelouse et tailler la haie, me faire manger par des insectes mais ne pas voir les traces, de la lecture au jardin, forcée de rentrer – incapable de supporter le concert d’un cover band quelques jardins plus loin (ma dose d’énervement est montée très fort), Fargo, m’endormir toutes fenêtres fermées pour ne pas entendre le bruit

Dimanche: plein de rêves bizarres dont un inspiré par American Gods, me réveiller avec des démangeaisons: je compte huit piqûres d’insectes qui commencent à former une allergie – les prochains jours vont être difficiles, TBBT S02E12&13, de la couture, une nouvelle tentative de couture après le repas mais il fait trop chaud à l’intérieur, continuer à étudier la photo, de la lecture, cuisiner un plat indien qui prend un certain temps – plus que prévu en fait, terminer mon livre au  jardin et m’apercevoir qu’à 22 heures passées il fait encore clair