Every anxious wave

814dpkfesol_zpstkofjmymMo Daviau, Every anxious wave: un roman dont le titre vient des paroles d’une chanson de Sebadoh ? qui parle de voyage dans le temps pour découvrir la scène indie américaine des nineties – celle que j’ai tant aimée à l’époque (et que j’aime toujours) ? Ce roman, découvert via le blog de lecture d’Armalite, avait tout pour me plaire. Mais l’histoire ne se limite pas qu’à la musique. Karl Bender, quarante ans et anciennement guitariste dans un groupe indie rock, tient un bar et vit une vie sans amour et sans but. Tout à fait par hasard, il découvre un “wormhole”, un “trou à vers” dans son placard et se trouve catapulté dans son passé. Avec son ami Wayne, il développe une petite entreprise de voyages dans le temps, proposant aux clients d’aller voir ou revoir des concerts rock du passé. Par erreur, il envoie Wayne en 980 au lieu de 1980, et comme il faut de une décharge électrique pour revenir dans le présent, Wayne est bloqué là. Il cherche l’aide de Lena, astrophysicienne pas trop bien dans son corps et pas très à l’aise dans la communication avec les autres. Ce qui commence comme une relation de travail va se changer en tout à fait autre chose – de l’amour mais aussi de nombreux voyages dans le temps très personnels. Ces allers-retours vont changer le présent et la conclusion sera bien différente de ce qu’attendaient les héros. Mo Daviau a très bien imaginé cette relation et intégré les modifications du présent – en lisant certains passages, le lecteur se demande vraiment ce qui va se passer et puis toutes les pièces du puzzle se remettent place. Pour le reste, les passages sur les concerts et les artistes indie m’ont évidemment parlé mais j’en attendais plus. Et l’histoire traîne parfois un peu longueur. Mais au final, j’ai apprécié ce roman très musical !

 

The yodelling cowgirl dress

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Je n’ai plus rien écrit à propos de mes projets couture depuis l’automne et ce n’est pas faute d’avoir cousu – une dizaine de vêtements ont rejoint ma garde-robe, y compris trois pièces pour mon voyage au Sri Lanka. Ce qui m’a empêché d’en parler ici, ce sont les photos. Difficile en effet de faire des selfies de soi en entier et mon grand miroir est placé à un endroit trop sombre, au décor peu intéressant – dans le hall d’entrée face à la cage d’escalier. A cela, il faut rajouter mon côté introverti qui n’a pas osé déranger ma voisine Carol et les faire au boulot, c’est toujours un peu compliqué. Et l’appareil photo fixé sur un pied alors ? Mon expérience m’avait déçue: je trouvais les photos floues. Pour résoudre ce problème, j’ai acheté une télécommande pour mon Nikon. Sauf que là, c’est la procrastination qui a frappé ! Et longtemps, plus d’un an. J’ai parfois une crainte exagérée de la technique et j’ai longtemps eu peur que ce soit très compliqué à installer. Il y a deux mois, j’ai ressorti l’appareil photo; il y a un mois, j’ai rechargé sa batterie; dimanche, je me suis enfin lancée. Evidemment, il n’y avait rien de spécial à installer, juste trouver le bouton sur lequel appuyer. Tout ça pour ça donc.

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Je me suis donc lancée dans une séance photo au jardin, tentant de sourire (ou pas) et regardant souvent sur le côté ou en l’air tout en essayant de cacher la télécommande. Le résultat, ce sont quelques photos plus ou moins réussies mais je trouve que certaines sont toujours un peu floues. La faute de l’appareil photo qui se fait vieux ou juste un problème de mise au point ? (Des idées pour résoudre ce problème ? J’ai pensé que je pourrais mettre une chaise à l’endroit où je compte me placer et faire la mise au point sur celle-ci, pour ensuite l’enlever et me mettre à sa place.) J’ai par la suite passé toutes les photos dans Polarr (j’adore cette app) pour améliorer le contraste et la luminosité.

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Oui, mais la robe ?

Elle est la combinaison du haut Burda (robe 121 de novembre 2012) que j’utilise tout le temps et que j’ai beaucoup modifié – dans ce cas, j’ai à nouveau changé l’encolure – et d’une jupe du Ultimate Dress Book de Gretchen Hirsch, la “side pleated skirt”. Mon tissu de 110 cm n’était pas assez large pour faire entrer le patron mais comme il ne manquait que quelques centimètres, j’ai juste réduit l’angle de la ligne de la couture côté en repliant le patron jusqu’à ce qu’il rentre dans mon tissu.

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Elle est cousue en tissu de coton d’Alexander Henry, From the hip que j’ai acheté lors des soldes d’hiver chez Het Machien, un webshop belge au service très efficace. Je ne suis pas sûre que les cowgirls font vraiment du yodel mais ça pourrait, et comme j’aime ça… Pour la première fois, j’ai compté le temps que je mettais pour terminer une robe et je peux donc dire qu’il me faut environ 6 heures de travail, une fois le patron déjà approuvé et à ma taille. Sachant que je n’arrive à me concentrer que deux heures de suite, il me faut donc trois jours.

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Si vous voyez des plis sur les photos, c’est parce que je me tiens mal; quant au col qui rebique un peu, c’est ma faute, j’ai pensé très fort à stabiliser l’encolure avec une couture mais je l’ai oublié. A part ça, je l’aime beaucoup et je sens que je vais souvent la porter en toutes saisons.

S’il ne pleut pas le weekend prochain et s’il ne fait pas trop frais, je fais une nouvelle séance photos. En attendant, cadeau:

 

Short diary of the week (191)

Lundi: une sortie sur les routes du Brabant Flamand, yeah j’ai trouvé des bulbes de gloriosa, et un nénuphar, difficile de pousser un chariot dehors quand il fait si froid qu’on veut garder les mains dans les poches, le ciel est gris mais les nuages sont beaux au-dessus des paysages vert printemps, ajouter de la terre aux pousses de tomates et sortir pour planter tout ce que j’ai acheté alors que le soleil pointe son nez, du Baume du Jardinier pour mes mains toutes abîmées, de la lecture, la fin de Chaussée d’Amour – pas mal mais sans plus – l’histoire s’essouffle très vite

Mardi: remettre la veste d’hiver mais persister avec les vêtements de mi-saison, le métro est à nouveau envahi, yeah chacun a reçu un mini oeuf de Pâques, rajouter deux livres à ma longue liste “à acheter”, écrire ce mail compliqué en l’argumentant convenablement, hâtivement recouvrir les plantes exotiques déjà sorties, Broadchurch – fin de la saison 3, Doctor Who – début de la saison 10

Mercredi: la voiture est gelée – j’espère que les plantes n’ont pas souffert, heureusement le mail a été bien reçu – décision dans une semaine, faire une mini-bataille de clips kitsch-horribles, un cocktail au LIB puis un bo bun chez Yi Chan, le plaisir toujours renouvelé de la conversation avec une amie

Jeudi: mes plantes font triste mine après le gel de cette nuit et cela me déprime, retrouver après de nombreuses recherches le nom de cette série (Jamestown, donc), ah si seulement la technique n’avait pas buggé toute la journée j’aurais sans doute bien mieux avancé dans mon boulot, réfléchir au plat du soir tout en rentrant, ce sera pâtes avec sauce tomate crème roquette, constater avec dépit que les feuilles du kiwi et du figuier ont gelé et que d’autres plantes ne se portent pas beaucoup mieux, deux épisodes de Masterchef

Vendredi: oh mais il commence à y avoir des liens entre l’histoire des personnages dans le roman fleuve que je lis, c’est parti pour Bali, et puis pour le Cambodge avec une sortie resto entre amis au Cambodiana, attendre le bus sur la chaussée presque vide, encore un peu de lecture avant de dormir

Samedi: chaque sortie au resto se voit sur la balance, du vélo avec TBBT S02E06, des courses, de la couture: me décider pour une jupe à plis d’après Gertie, de la lecture, tester l’humidité du gazon et me décider à tondre la pelouse, manger léger, Masterchef, The Americans, Longmire – fin de la saison 3

Dimanche: TBBT S02E07, du pliage de linge, de la couture: terminer une nouvelle robe, enfin couper l’élan à cette procrastination vieille d’un an au moins, de la lecture, avoir du mal à lire plus longtemps pour cause de fatigue oculaire qui pourrait bien être due à un début d’allergie au pollens, Doctor Who – mais qu’est-ce que c’est gentillet !, 13 Reasons Why – je sens que ça pourrait bien me plaire, une constatation: cette semaine était bien plus sereine que les précédentes – heureusement parce j’ai vraiment tenté d’inverser le courant des choses grâce à la diplomatie (et au dalaï lama – j’expliquerai ça plus tard)

Let’s cook our books #23: Curry de poulet nonya au citron vert

Curry de poulet nonya au citron vert

Je triche un peu pour cette 23e édition: j’avais déjà réalisé cette recette de curry au poulet il y a très longtemps mais elle était ratée. D’origine sino-malaise, présente dans le livre La cuisine asiatique pour tous, cette recette combine curcuma, galanga (je n’avais pas de frais sous la main mais le Delhaize en vend en petits pots au rayon asiatique), lemongrass, piments, feuilles de kafir et citron vert. Or ces citrons sont normalement mijotés avec le reste et rendent le plat très amer. Je les ai donc omis cette fois, les gardant pour la décoration et c’était parfait. Enfin presque: le grand défaut de ce livre est de simplifier la cuisine asiatique et il manque parfois certaines nuances et saveurs mais je n’ai pas (encore) trouvé de recette similaire. Quoi qu’il en soit, j’ai très bien mangé.

Le curry

9782228904230_zpswzprf3jvLizzie Collingham, Le curry. Une histoire gastronomique de l’Inde: à travers ce livre, c’est une grande partie de l’histoire de l’Inde qui est racontée: le rôle des Moghols et de la cuisine persane, celui de la médecine ayurvédique dans l’association des épices, celui des colonisateurs – les Portugais ont amené des ingrédients d’Amérique comme le piment, les Britanniques ont introduit leurs propres habitudes et inversement. Certains currys ont des origines lointaines, d’autres sont typiquement anglo-indiens. Lizzie Collingham s’attache à décrire toutes ces évolutions et rencontres, s’intéressant dans chaque chapitre à un plat en particulier. Elle passe en revue le biryani, le vindaloo, le korma, le curry de Madras ainsi que la diffusion de cette cuisine dans le monde entier. C’est un livre intéressant mais qui a comporte parfois certaines longueurs, ce qui n’empêche pas que j’ai appris pas mal de nouvelles choses.

Short diary of the week (190)

Lundi: des maux de tête, pas très concentrée, terminer l’Egypte – enfin !, commencer un texte sur Sumatra et me rendre compte qu’il sera bien trop long, trouver une idée pour l’adapter, Berlin 1956, Chaussée d’Amour

Mardi: des discussions intéressantes, un mail que j’hésite à envoyer, une réponse argumentée, une réponse vexante et complètement déplacée très certainement envoyée par erreur à “tous”, tenter d’oublier tout ça au resto grec, une soirée remplie de conversations qui changent mes idées

Mercredi: une nuit bien trop courte, une envie de tout abandonner là, et pourtant je suis poussée par une certaine motivation, bref oublions cette journée, Broadchurch, Masterchef

Jeudi: enfin bien dormi mais pas encore assez, un rendez-vous à la radio, un compliment qui me fait plaisir, quelques courses – des vêtements de sport chez C&A (il y a tellement peu de magasins qui vendent ça – à part Décathlon qui est loin de mon circuit habituel et le magasin super déprimant près de la maison), The Americans, Masterchef

Vendredi: me sentir soutenue par rapport à l’incident de mardi malgré des soucis antérieurs, Bornéo ou Kalimantan, quelques perles de reprises, une playlist musiques de film, le plaisir anticipé d’un long weekend, Berlin 1956, la moitié de Garderner’s World, Masterchef, m’endormir comme une masse

Samedi: une humeur à l’image de la météo, sauf que cette pluie était vraiment attendue pour le jardin, j’ai l’impression que mon père a essayé de me dire qu’il voulait mourir – je sens bien qu’il ne va pas très bien mais sans trop savoir comment réagir, commencer une nouvelle robe, de la lecture, des sashimis et makis, Berlin 1956 sans retrouver la V.O. dont j’avais pu profiter hier – une agréable série un peu trop courte à mon goût

Dimanche: 10 km de vélo d’appartement en regardant un épisode de la saison 2 de The Big Bang Theory, de la couture – mon projet initial de terminer une robe en trois jours me semble déjà bien loin, une virée plantes (des clématites, des plantes aquatiques, un framboisier, une azalée…), un curry malais, Vengeance Valley (Richard Thorpe, 1951) ou un film en Technicolor passé par la VHS – bref l’image est toute pourrie et l’histoire un peu confuse, Longmire

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe

71aqxscp5klChimamanda Ngozi Adichie, Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe: offert par Margot lors de la Ronde des poches organisée par Armalite, ce court livre m’a complètement sortie de ma zone de confort. Je n’ai quasi jamais lu d’auteurs africains, sans doute par manque d’intérêt mais aussi sans doute parce qu’il y a tant d’autres livres à lire originaires de parties du monde qui me tentent plus (en gros les Etats-Unis et l’Asie – l’Afrique n’est pas le seul continent oublié dans mes lectures). L’auteur nigériane a écrit cette longue lettre à une amie – jeune maman – qui lui demandait comment élever sa fille selon les règles de l’art du féminisme. Elle propose différentes pistes, examinant les situations concrète qui se présenteront au cours de la vie d’un enfant et explique comment déjouer les pièges du sexisme. Je n’ai pas d’enfants mais le texte sonne très juste – sans être révolutionnaire -, certaines propositions sont souvent oubliées mais gagneraient à être défendues plus régulièrement. Je me suis retrouvée dans une partie du livre, moins dans une autre: le choix de la couleur des vêtements d’un enfant ne me concerne pas trop; par contre, aider à améliorer la confiance en soi est un combat de tous les jours, même pour moi, à l’âge adulte. L’écriture de ce manifeste est agréable et l’auteur n’hésite pas à lancer quelques piques pleines d’humour ni à critiquer certains travers de la société nigériane, ce qui rend la lecture encore plus plaisante. Et comme l’écrivait Margot dans la carte accompagnant le livre, il se lit le temps de boire deux grandes tasses de thé, ou dans mon cas, un grand verre de limonade, assise au jardin et profitant des premiers rayons de soleil du printemps.