Noise uprising

Michael Denning, Noise uprising. The audiopolitics of a world musical revolution: dans le livre, Michael Denning analyse une période toute particulière de l’enregistrement de la musique, celle qui a commencé avec l’électrification en 1925 et qui s’est abruptement arrêtée avec la Grande Dépression au début des années 1930. On assiste en effet pendant ce laps de temps à une prolifération des 78 tours dans toutes les régions du monde: des centaines de musiciens inconnus ont immortalisé sur disque les chansons et musiques de l’époque, les mélodies et rythmes des rues. C’est l’époque où se créent et se diffusent différents styles dans le monde par l’intermédiaire des grands ports coloniaux, selon plusieurs arcs ou zones musicales. Le premier de ces arcs couvre les côtes de l’Atlantique et des Caraïbes où se mélangent les musiques africaines et européennes pour créer le son à La Havane, le jazz à la Nouvelle-Orléans, le calypso à Trinidad, la biguine à la Martinique, la samba à Rio de Janeiro et même le tango à Buenos Aires et Montevideo. De retour en Afrique, ces musiques sont à la base de la création du highlife et de la palm-wine music au Nigéria et au Ghana et du marabi en Afrique du Sud. Le second arc part d’Espagne, pour se dérouler en Méditerranée, puis via le Canal de Suez, jusque dans l’Océan Indien. S’y mélangent les musiques ibériques, arabes et tsiganes, créant le fado portugais, le flamenco andalou, le rebetiko grec, le chaabi nord-africain, le taarab de Zanzibar. Enfin, le troisième arc, moins connu en Occident est celui qui part du Pacifique, d’Honolulu pour rejoindre la mer de Chine, le détroit de Malacca, la baie du Bengale et à nouveau l’Océan Indien. Les ukulélés et guitares steel connaissent un succès incroyable de Jakarta à Calcutta, mais de nouvelles musiques se développent aussi sous cette influence: le kroncong de Batavia, les chansons populaires huangse yinyue de Shanghai, les musiques des théâtres populaires d’Inde. Ceci n’est qu’un court résumé de ce que Michael Denning décrit dans son livre, il parle beaucoup de géopolitique mais surtout de musique et propose une playlist à écouter pendant la lecture. C’est une analyse d’une courte période mais qui permet de faire de nombreux liens et parallélismes entre les différentes musiques du monde et se rendre compte que, par exemple, tango et rebetiko sont nés à la même époque. La diffusion de la musique par l’intermédiaire de disques a provoqué la création de nouveaux styles de musiques dans le villes où se rencontraient des marins mais aussi des immigrants originaires de diverses contrées. Ce livre m’a passionnée du début jusqu’à la fin mais je dois bien avouer que peu de noms d’artistes m’étaient inconnus et que j’avais de nombreux points d’attache avant de commencer ma lecture.

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