Instantané

Instantané d’un moment hier soir:

Il y a des jours comme ça où je lis qu’une amie a échangé des bisous à Amsterdam, qu’une autre fête ses dix ans de relation et que moi j’ai parlé en message privé avec une amie de ce qui me frustre le plus, le fait de ne trouver personne pour passer une partie du reste de ma vie, ou tout le reste de ma vie. Il y a des jours comme ça où je fonds en larmes parce que ça devient difficile à vivre, parce que je ne suis plus sûre d’y croire encore, parce que cela semble si lointain et impossible. Parce que je n’arrive même pas à rencontrer de nouvelles personnes. Parce que les personnes que je connais sont en couple, avec leurs hauts et bas, certes, mais en couple. Parce que j’ai envie moi aussi de pouvoir être à l’aise avec quelqu’un, de pouvoir parler de nos expériences passées. Parce que construire quelque chose me semble tellement compliqué. Parce que j’aimerais tellement avoir déjà passé cette phase peut-être excitante mais pleine de doutes. Parce que je ne veux plus trop me poser de questions. Parce que je ne veux plus souffrir comme j’ai souffert. Parce que j’ai peur de tomber sur une personne qui va changer du tout au tout et me quitter après neuf ans. Parce que je veux avoir confiance en quelqu’un et ne pas devoir supporter sa bipolarité, sa paranoïa, sa schizophrénie et son alcoolisme. Parce que je ne veux plus jamais vivre ça. Parce peu de personnes comprennent l’étendue du désastre, du cataclysme que cela a provoqué en moi. Parce que moi aussi je veux vivre dans le bonheur avec quelqu’un. Parce qu’il y a des moments où je ne sais plus quoi faire de ma solitude. Parce que j’ai envie d’être aimée. Parce que j’ai envie d’aimer. Mais aussi parce que j’ai peur d’aimer et peur de ne pas être acceptée telle que je suis, avec mes défauts, avec mes problèmes, avec mes peurs. Parce que j’ai peur qu’on me reproche de ne pas être assez bien, assez active sexuellement, assez jeune, assez vieille, assez belle, assez intelligente, trop intelligente. Parce qu’il y a des jours où je suis fatiguée et que le bonheur des autres me fait mal, même si je suis contente pour eux.

Ecrire ce texte m’a permis d’évacuer certaines choses. Je n’ai plus les larmes qui coulent en le publiant aujourd’hui. Mes frustrations sont toujours présentes, juste moins à fleur de peau.