Melancholia

Depuis quelques dizaines de jours, je me traîne quelque peu dans une certaine mélancolie, un sentiment de tristesse plutôt vague. Certainement pas dans une dépression comme le veut la signification actuelle du mot. Plutôt un sentiment un peu passé, relativement doux, sporadiquement présent avec plus de force, de temps en temps complètement oublié. Cette mélancolie me hante à certains moments de la journée, parfois l’après-midi quand j’ai du mal à me concentrer sur mon travail ou le soir juste avant de sombrer dans le sommeil. J’ai l’impression de m’être retrouvée dans une situation que je ne souhaitais plus vivre, comme dans ma vingtaine. Un état de recherche du compagnon idéal mais qui n’a pas l’air d’exister. Je me sens bien par moments en solitaire mais cela me pèse à d’autres. Il y a tant de choses que j’aimerais pouvoir faire avec une âme sœur mais elle a l’air tellement inaccessible, inexistante. Ces derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi sur moi-même et j’ai appris beaucoup. Je me sens un peu différente, sans doute un peu trop intelligente, sans doute un peu trop sensible, sans doute un peu trop sérieuse et inaccessible. Je ne suis pas quelqu’un de facile à apprivoiser, je n’apprivoise pas facilement quelqu’un. Mes signaux d’alarme se mettent en route très vite et je me fais une image très rapide des personnes que je rencontre. D’après des tests psychologiques, je fais partie d’une minorité; suite à des conversations, je fais partie du groupe qualifié comme HP. Pas tant au niveau du QI en tant que tel mais bien au niveau de l’intelligence émotionnelle. Et donc mon compagnon idéal devrait idéalement se trouver quelque part dans ce même groupe fort limité, ce qui n’est pas pour me rassurer quant à l’issue heureuse de l’entreprise. Groupe d’autant plus limité parce que la plupart des hommes d’environ 45 ans sont en couple ou ont de jeunes enfants (m’occuper de jeunes enfants n’est pas vraiment un but dans ma vie). Parce qu’en plus je demande une certaine stabilité émotionnelle, je n’ai pas envie de revivre des histoires similaires à celles du passé. A vrai dire, toutes ces réflexions me laissent assez perdue, je ne sais plus trop où commencer, où chercher, et pourtant cela ne doit pas être impossible. En tous cas pas dans un rêve que j’ai eu, un rêve qui m’a laissée complètement chamboulée parce qu’il semblait tellement réel et puissant dans les sentiments.

Une mélancolie qui a quelque chose de celle qu’exprime si bien Einstürzende Neubaten dans le morceau Die Befindlichkeit des Landes, avec ses moments très doux et ses côtés très abrupts et industriels.