Arrêt sur image

Je ne suis pas en très grande forme pour le moment. Enfin, c’est plus compliqué que ça. Une partie de moi va très bien: j’ai envie de plein de choses, de voir des gens, de sortir… mais mon corps m’a dit « niet ». Depuis lundi, j’ai l’impression que mon coeur bat trop vite (ce n’est pas le cas – le médecin a vérifié) et que ma poitrine est oppressée. D’habitude, ça dure une heure ou deux, là ça ne s’arrête plus vraiment. Le w-e, tout va bien, c’est en semaine que ça coince. Je fais des insomnies, j’ai peur d’aller dormir parce que je sens que je dormirai mal (et c’est le cas). J’en conclus que c’est à cause du travail, une fois de plus. Je suis dans une autre dynamique qu’avant, avec des projets qui me plaisent. Sauf qu’il n’y a plus de budget pour ceux-ci. Ou si peu. Et que « de toutes façons, les musiques du monde, ça n’intéresse pas grand monde ». Je suis en partie d’accord, mais est-ce que ce n’est pas par méconnaissance ? Et que donc justement, il faudrait en parler plus ? Je demande de l’aide pour mettre en avant mon projet. Je sais par expérience que j’aime travailler seule et j’ai déjà beaucoup fait seule dans mon coin mais pour aller au niveau suivant, il me faudra un coup de pouce, une équipe d’une ou deux personnes autour de moi, de temps en temps mais même cela m’est refusé. Le noeud du problème est sans doute là: je ne me sens pas écoutée et quand je discute avec mes chefs, ils se mettent en bloc à deux contre moi, ne me laissant plus placer un mot et me diminuant par la même occasion, relevant toutes mes contradictions. A mon retour d’arrêt maladie, il faudra que j’aie une discussion avec eux, mais pas ensemble. Entretemps, il faut que j’arrive à soulager l’oppression qui me mine et qui cause plein d’effets secondaires.

Et donc, oui, j’ai besoin de parler (pas spécialement de ça), de voir des gens, de sortir. J’ai toujours autant de mal à appeler à l’aide, j’ai finalement réussi mardi après-midi de manière très détournée (il fallait que quelqu’un me pousse à aller chez le médecin, je n’arrivais pas à prendre la décision seule – et j’ai malgré tout mis plus d’une heure pour téléphoner pour avoir un rdv). Je ne veux pas déranger les gens, je ne veux pas les embêter avec mes soucis. Mais je ne veux pas m’enfermer non plus avec ces soucis, je veux trouver des solutions, que ce soit avec un psy, avec Coyote que je vais voir très vite, ou tout simplement en discutant avec des amis. Je n’ai donc pas annulé mon resto d’hier soir ni une sortie qui m’intéresse beaucoup ce soir. Je veux aller de l’avant et en sortir plus forte. Mais là, j’ai besoin de vous, d’un petit mot, d’un « comment ça va ? », d’une proposition ou l’autre, d’un coup de pied dans le cul, d’une présence…