Automne

Je n’aime pas l’automne. En fait ce n’est pas tout à fait ça. Je n’aime pas le solstice d’été. Autant le 21 décembre amène de l’espoir, autant le 21 juin me désespère. Les effets de ce solstice d’été ne sont heureusement pas immédiats: les températures clémentes y sont pour quelque chose. Mais ces jours qui se raccourcissent et qui, même s’il fait encore bon, se remarquent dès la fin du mois de juillet, je n’aime pas. J’ai besoin de lumière, je fais quelque part ce parallèle entre lumière et joie; la diminution de cette lumière signifie une diminution d’énergie. Et comme les températures vont en même temps en pente descendante, c’est encore plus difficile. Une météo sombre me déprime, mais une météo sombre en automne me déprimera plus qu’au printemps. Tout comme le froid me décourage… Et je ne parle même pas du gel où je me sens que mon corps se replie sur lui-même, se crispe de plus en plus.

Et puis, fini les sandales (mon armoire est composée pour deux-tiers de sandales contre un tiers de chaussures de mi-saison et d’hiver), fini les robes d’été en coton aux jolis imprimés, fini les jambes nues. Voici de retour les bas qui serrent (ou qui tombent), les vêtements gris et noirs, la chair de poule et l’impression de froid constante. Ces derniers jours, je n’ai pas ouvert les fenêtres chez moi pour conserver le plus longtemps possible les 25-26° de ce w-e, mais ce matin le thermostat de mon salon annonçait déjà un maigre 22°.

Je sais que c’est un cycle, que la nature doit s’endormir pour mieux se réveiller au printemps prochain. Mais cela ne me plaît pas. Les animaux qui hibernent ont tout compris ! Je me sentirais sans doute mieux dans un pays aux saisons moins marquées mais je regretterais les longues soirées d’été aux couchers de soleil tardifs. On ne peut pas tout avoir…

(Un corollaire de ce billet paraîtra peut-être dans quelques jours: que coudre pour égayer ma garde-robe d’hiver ?)