Impressions of Paris (III)

Paris

Un dernier jour à Paris. Le réveil est encore plus difficile que celui du samedi. J’ai du mal à marcher à cause des courbatures aux mollets mais ça se détend vite. Pas de but précis aujourd’hui, la météo n’a pas l’air très clémente. Malena me propose d’aller à la place des Vosges.

Chargée de tous mes sacs (en plus des bitters, j’ai également deux bouteilles de liqueurs de chez Giffard, achetées par la maman de Malena à l’usine d’Angers – Banane du Brésil et Ginger of the Indies), nous prenons le train puis le métro. Arrivée dans ce quartier touristique que je ne connais que de nom. Pas mal de monde déjà et quelques gouttes de pluie. Je ne sortirai pas mon iPad pour faire des photos. Promenade tout autour de la place des Vosges, protégée par l’arcade. Les galeries d’art ne m’inspirent pas trop, j’y vois un certain étalage de richesse qui m’incommode. Par contre, le magasin de thés De Damman nous attire et nous achetons des thés parfumés, Bali pour Malena, Earl Grey de printemps au thé vert pour moi. Le sachet parfumera tout mon retour dans le train.

Une brasserie pour un dernier repas ensemble, une dernière occasion de se raconter plein de choses. Et puis un départ vers la gare. Un seul Thalys sur le quai, cela ne peut être que celui pour Bruxelles et donc je m’y dirige avant l’annonce officielle. J’aurai finalement deux sièges pour moi, ce qui rend le voyage bien plus confortable.

La pluie se met à tomber à verse (comme en septembre) et je regarde le paysage défiler. Les champs couverts de fleurs jaunes fluorescentes sont magnifiques mais je n’arrive pas à capter l’effet en photo. Ce w-e a été passionnant et m’a nourri d’une nouvelle énergie, comparable au jaune des fleurs. Merci à Kleo, Shermane et Malena et à bientôt ! A Bruxelles ou Paris !

Paris

Impressions of Paris (II)

Un matin paresseux et puis se dépêcher pour traverser tout Paris avec Malena. Rendez-vous dans le 13e avec Shermane. Un quartier à grandes tours, sans doute un peu glauque la nuit. Un quartier asiatique surtout, aux odeurs fortes de fruits et légumes exotiques. Quelques achats dans les supermarchés, notamment des bougies en forme de lotus roses. Et un petit chat pour Malena.

Paris

Au Mondol Kiri, nous mangeons un excellent repas cambodgien dans un joli décor entre tradition et modernité. Je choisis du boeuf au curry khmer et au bouillon acidulé. Une recette que je tenterais bien à la maison. J’aurais bien ramené des petites casseroles de ce genre.

Nous repartons traverser Paris via une ligne de métro qui passe en partie par dessus les avenues, enjambant la Seine. Je souhaitais visiter le Palais de Tokyo depuis longtemps mais lors de ma visite de septembre, il n’y avait pas d’expositions. Cette fois-ci, nous avons été gâtées, et prises par les oeuvres d’art, nous n’avons pas vu le temps passer. Installations électromagnétiques de Takis, Le bord des mondes invitant à un voyage aux confins de la création et posant la question: “qu’est-ce que l’art ?” et enfin Archipel secret présentant la création contemporaine d’Asie du Sud-Est. Sans doute la partie qui m’a le plus parlé, alors que je ne m’étais même pas rendue compte du thème de l’exposition ! Une promenade entre des oeuvres changeantes, certaines me parlant plus que d’autres mais toutes me rappelant le plaisir que j’ai toujours éprouvé dans ce genre d’endroits, que ce soit le Whitney’s Museum à New York, le Ludwig à Cologne ou Aix-la-Chapelle ou la Documenta de Kassel. Un pan de la création contemporaine si peu visible à Bruxelles et en Belgique. (J’ai mis mes nombreuses photos à la fin du billet, pour ne pas trop interrompre la lecture – j’ai beaucoup joué avec le mode aléatoire d’Hipstamatic).

Quelques gouttes de pluie, deux métros vers Anvers (avec “s” muet), un joli tissu quelque peu exotique aux Coupons de Saint-Pierre, un détour pour un jeu, une fatigue grandissante pour nous trois. Une hésitation. Où aller maintenant ? Où manger ? Où revoir Kléo ?

Paris

Métro vers la rue Sainte-Anne. Une promenade en attendant l’ouverture du restaurant. Une réponse enfin du Prescription Cocktail Club qui a bien retrouvé mon sac oublié hier. Un joli passage qui me renvoie à Walter Benjamin (mon cours de sociologie de la culture m’a marquée à l’époque). Des épices Roellinger: de la poudre Grande Caravane au goût de cumin, sésame, macis, piment…

Des sashimis dans un minuscule restaurant, Chez Michi. Délicieux, coupés par un maître japonais, avec bien plus de choix que l’habituel duo thon-saumon.

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Au Prescription Cocktail Club, nous retrouvons Kleo et on nous installe à l’étage. C’est déjà assez bruyant et le volume sonore augmente encore. Ce qui gâchera un peu la soirée vu que nous étions là pour discuter. Mais les cocktails sont toujours aussi bons et je me laisse tenter par un Mai Tai, avec fruit de la passion enflammé.

Retour avec tous mes sacs cette fois-ci, les pieds en compote et les mollets courbaturés. Et heureuse d’avoir rencontré mes amies mais un peu triste parce que ce fut trop court.

Paris

Une oeuvre électromagnétique de Takis

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L’artiste Bridget Polk au milieu de son installation, elle vient de mettre un bloc en béton en équilibre sur une pierre, sans la moindre colle – cette photo me fait penser aux œuvres de Duane Hanson

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Le côté brut des sous-sols du musée

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La sape congolaise comme art

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Paris

Paris

Paris

Cette installation était assez angoissante et les filtres choisis par Hipstamatic rendent bien l’atmosphère. Un enfant est sorti de là en pleurant.

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Impressions of Paris (I)

Un train à grande vitesse, deux métros, un soleil radieux et des températures estivales.

Vais-je reconnaître mes amies Shermane et Kleo, juste vues sur quelques photos ? Pas besoin de me faire du souci, ce sont elles qui me repèrent de loin et me font de grands signes. Nous profitons un peu du soleil sur les marches du Grand Palais en attendant l’heure indiquée sur nos billets. Echange de chocolats et biscuits et début de conversation un peu timide.

Icônes américaines. Une exposition trop petite pour des oeuvres gigantesques venues de San Francisco. Pop Art et autres artistes contemporains. Revoir Andy Warhol et Sol LeWitt et découvrir Chuck Close en enlevant mes lunettes. Kleo raconte tout ça plus longuement.

Me débarrasser de plusieurs couches de vêtements et sortir mes sandales. Me laisser guider dans le métro et ne plus savoir où je suis. Sortir tout près de la Grande Epicerie du Bon Marché. Difficile de résister à tant de luxe et de variété mais je resterai très sage: un cadeau et une sauce aux piments et à la mangue. Les langues se sont déliées entretemps et je me sens bien, en compagnie de demoiselles qui ont plein d’intérêts communs et qui ont la très grande gentillesse de me faire découvrir Paris.

Paris

L’heure du thé chez George Cannon. Un fondant au chocolat et un thé oolong dont j’ai oublié le nom. Délicieux et fruité.

Paris

Kleo nous quitte et je continue ma route avec Shermane. Un peu perdues, je sors mon plan de Paris et tout de suite une dame veut nous aider en anglais… Sans doute que nous avions vraiment l’air de touristes ! Le bruit des voitures, l’ampleur des boulevards. A Odeon, je fais quelques achats à La Maison du Whisky: des bitters Scrappy et Regan’s. Le sac est joli et je le porte à la main plutôt que de le mettre dans mon sac en tissu.

Paris

Paris

A la recherche de Tendance Khmère qui n’existe plus. La fatigue commence à s’installer et il est trop tôt pour notre rendez-vous suivant. La Seine est proche et nous nous installons sur son bord, regardant les bateaux passer. La prochaine fois, je me dis que je prendrai un de ceux-ci, même si c’est très touristique. L’eau, une rivière, un fleuve, c’est ce qui manque à Bruxelles (le canal ne compte pas, le quartier n’est pas très propice à la flânerie). Je me sens bien, la conversation est intéressante, je voudrais que le temps s’arrête…

Paris

Retour à Odéon où nous rejoignons Malena. 18h30 mais les restaurants ne sont pas encore ouverts. Virgins mojitos à la fraise ou au concombre en attendant, avec des serveuses désagréables qui traitent leurs clients comme du bétail. Mais le mojito était super frais et le concombre très rafraîchissant.

Paris

Paris

Yoom, ou un très joli restaurant de dim sum modernes, certains plus réussis que d’autres. Un dim sum au curry thaï, moyen… un dim sum classique aux crevettes, délicieux.

Paris

Une fin de soirée au Prescription Cocktail Club. Repaire de hipsters, barman à barbes et moustaches soignées. Une ambiance feutrée au début, plus bruyante plus tard. Très sombre mais j’ai pu admirer un superbe papier peint japonisant. La carte est courte mais intéressante, avec des créations et des classiques. Mon choix s’est porté sur la “Mazarinette”, un délicieux mélange de gin Broker’s et gin Sloe, fraise fraîche, champagne, citron, sirop de rhubarbe (merci à Kleo d’avoir noté les ingrédients sur son blog !).

La fatigue s’empare de nous et nous nous quittons là. Je remarque bien trop tard et bien trop loin que j’ai oublié mon sac de La Maison du Whisky.

Short diary of the week (94)

Lundi: déjà des courbatures de tension au cou dès le matin, profiter de quelques rayons de soleil en attendant le tram, penser à faire les mises à jour longtemps avant de commencer à regarder quelque chose, une émission radio intéressante, un cocktail maison pour finir le jus de mangue (rhum agricole ambré, spiced rum, jus de mangue, jus de citron vert, liqueur de yuzu et eau pétillante – pas mal !), Mad Men, sentir la nuit d’insomnies qui se prépare et penser positif, terminer un très joli livre

Mardi: la pensée positive a eu des effets positifs – ce n’était pas parfait mais c’est en bonne voie, zut mes bas sont troués mais ça ne se voit pas, arrosage, un bananier de plus dehors – j’y arriverai !, Masterchef, Indian Summers

Mercredi: voiture – et donc manque de lecture, des bugs bizarres qui ralentissent mon travail, quelques coutures pour commencer cette nouvelle robe, Masterchef – vive le barbecue en Suède !

Jeudi: lire dans le métro, des gorilles et des singes, rassembler mes affaires et tenter de faire tout rentrer dans le sac, Masterchef

Vendredi, samedi et dimanche méritent des billets à part entière (j’espère avoir le temps) tant ils étaient bien ! Le plus dur est de revenir….

The drunken botanist

drunken-botanist-cover-low-resAmy Stewart, The drunken botanist: the plants that create the world’s great drinks: comment ai-je pu passer à côté de ce livre ? Il combine jardinage et alcools ! Amy Stewart analyse les différentes plantes et explique comment elles sont utilisées pour fabriquer des alcools, du grain aux fruits, des herbes aromatiques aux épices, introduisant des notions de biologie et de chimie. Le livre fourmille d’anecdotes mais aussi d’informations très utiles sur la composition des alcools et sur la culture des plantes. Saviez-vous par exemple que le ver dans la bouteille de mezcal est juste un argument commercial et signe d’un mezcal de mauvaise qualité ? Ou que la fève tonka est interdite aux Etats-Unis parce qu’elle contient trop de coumarine, une substance qui à trop hautes doses peut entraîner des hémorragies ? Or la coumarine est également présente dans la cannelle de Chine (cassia) qui n’est pas interdite… (et c’est aussi un composant de l’aspérule odorante qui est à la base du Maitrank de la région d’Arlon). Amy Stewart cite des dizaines d’autres exemples du même genre. Quelques recettes de cocktails ou de liqueurs parsèment les pages. Un résultat immédiat de la lecture de ce livre: je veux un arbre à yuzu, le seul des agrumes qui supporte le gel. Un deuxième résultat: j’ai envie de partir à la recherche de divers alcools plus rares comme la liqueur de noyaux (l’avantage d’avoir la France à proximité !) ou l’aquavit Linie qui a fait le tour du monde pour améliorer son goût. Je le recommande chaudement à tout amateur de jardinage et d’alcools.

Book_RATING-45(un rare livre avec un score aussi haut !)

 

Short diary of the week (93)

Lundi: quelle horrible nuit qui me laisse K.O. ce matin, gris et froid et une odeur bizarre – de solvants, évidemment le manque de sommeil s’est transformé en maux de tête et un état cotonneux qui s’est évidemment un peu arrangé dès que je suis rentrée, et pourtant j’ai pas mal avancé dans mon travail, mon régime légumes se limite depuis quelques mois à: tomates, concombres, poivrons, courgettes, aubergines – tout ça parce que tous ces légumes et les autres sont trop grands pour manger rapidement, je crois que je me répète, Mad Men

Mardi: pas beaucoup mieux dormi – j’espère que la malédiction s’arrêtera ce soir, ressortir de jolies chaussures vertes, un thé à la menthe pour me réveiller, c’est de la torture ces odeurs de barbecue qui s’immiscent dans mon bureau, et puis du coup cela me rend triste, ces chaussures vertes ne sont décidément pas confortables même avec des bas, une promenade avec un grand bavard, un joli vernissage de photos et des blanchettes de Gaume à la terrasse intérieure si agréable de l’Imagin’Air, un retour affamée avec un ciel rosissant et des températures encore très douces, Back in time for dinner à propos des années 90

Mercredi: mieux dormi mais pas encore reposée, ressortir les peep-toes rouges et blanches et des bas transparents avec une jolie fleur achetés à l’époque des spectacles burlesques, le bâtiment voisin du bureau se réduit de jour en jour – bientôt il n’en restera plus rien, Masterchef

Jeudi: insomnies – à nouveau, ne pas laisser tomber mes projets à cause de ça mais me sentir mal quand même, les causes me semblent tarabiscotées, partir en milieu d’après-midi, passer plusieurs heures à goûter rye, bourbon, whisky et rhums avec deux charmants collègues passionnés, rentrer chez moi un peu ivre, terminer enfin le livre boulet

Vendredi: fatiguée mais TGIF, plus d’énergie pour aller voir un concert pourtant tentant, organiser un w-e à Paris avec un tableau excell c’est cool ! – merci Shermane !, attendre 17h avec impatience en rattrapant le courrier en retard, tenter P’tit Quinquin et arrêter au milieu du premier épisode – c’est cruel de décrire des humains comme étant tous des dégénérés, Gardener’s World

Samedi: voilà que je me mets à parler à des inconnus au supermarché, jardinage: transplantations, peu d’énergie, sashimis et makis maison, Boyhood – un film fantastique !

Dimanche: zumba, dîner au resto avec mon père et sa compagne, le patron sait très bien que j’aime un sabayon en dessert, on va oublier la balance cette semaine, semis de basilics et autres plantes potagères, Masterchef, Masters of Sex – le dernier épisode de la saison 2, être triste en lisant ce livre qui me ressemble tant, m’endormir, me réveiller

Atypical ?

Récemment, un homme rencontré via un site de rencontres (ça n’a rien donné – je ne lui plaisais pas après moins d’une heure de conversation) m’a dit que j’avais un profil atypique et n’arrivait pas à me cerner. Je le savais déjà, il n’est pas très facile de me mettre dans une case précise mais n’est-ce pas le cas de beaucoup de gens ?

J’aime les musiques rock mais je ne vais plus trop à des concerts, parce qu’en fait, je ne suis plus autant la scène qu’avant. Surtout ne me parlez pas des artistes commerciaux ou hyper populaires, je n’aimerai pas. Cela pourrait être vu pour du snobisme mais c’est juste parce que je connais ce qui se passe derrière, les petits groupes, les découvertes, des musiques bien plus originales souvent, plus innovatrices (ou pas). Ne m’invitez surtout pas à des concerts de – au hasard – Muse ou Coldplay, dans des salles immenses mal sonorisées ou dans des stades. Mais si vous trouvez un petit groupe cool, je vous suivrai dans une salle minuscule – du moment qu’il y a un bar !

J’aime les musiques du monde mais ne parlez pas de djembé ou de groupes de chanteuses a cappella habillées en vêtements multicolores. J’ai horreur de ça. A force de matraquage d’artistes comme Cesaria Evora ou du Buena Vista Social Club, je ne peux plus les écouter (même si je reconnais leur qualité). J’ai aussi beaucoup de mal avec le côté “classique” de certaines musiques. Il est maintenant de bon ton d’assister à des concerts de musique persane ou indienne dans des salles renommées comme Bozar. C’est beau, vraiment, mais je m’ennuie. Donnez-moi plutôt de la pop cambodgienne, du gamelan indonésien ou du bluegrass américain – parmi tant d’autres.

Certains auraient tendance à me mettre dans la case rétro/rockabilly. Oui, j’aime les vêtements rétro mais je ne m’habille pas en vintage. J’aime les vieilles voitures mais je préfère conduire dans une Honda moderne. Et la musique ? à petites doses. Je ne trouve pas ça mauvais mais n’écouter que ça ? Ma maison et mon intérieur ne sont pas rétro du tout. J’ai quelques objets (pas beaucoup) mais j’aime ma cuisine moderne, ma table design et mon canapé en vague style art déco. Bref, je ne vis pas entièrement dans ce monde-là comme certains passionnés. J’aime trop d’autres choses pour me limiter. (Et puis une mauvaise langue m’a avoué que le milieu rockabilly est souvent bien beauf – ça fait peur).

En couture, je m’inspire de modèles rétro, des années 50 souvent, parce que j’aime ces formes et qu’elles me vont bien. Mais j’utilise des tissus actuels, avec des motifs qui souvent n’auraient même pas existé à l’époque. En fait ma plus grande inspiration du moment est Roisin, une blogueuse couturière anglaise dont j’ai déjà parlé.

Certains me mettent de suite dans la case “intello”. Oui un peu, je m’intéresse à des sujets peu connus, mais souvent c’est de la culture populaire comme le tiki ou la pop cambodgienne des années 60, pas les derniers bouquins de l’un ou l’autre philosophe ou sociologue dont je ne connais rien et qui me laissent sans mot si on en parle autour de moi. D’ailleurs, ces intellos me regardent de haut et me font bien sentir que je ne suis pas de leur monde.

Je suis sûre qu’il y a encore d’autres exemples mais ce sont ceux auxquels j’ai pensé. Et vous, dans quelle case vous met-on alors que ce n’est pas ça du tout ?