Singapore Sling

Le 4 mars 2002, j’étais à Singapour, devant le Raffles Hotel

Populaires à la fin du 19e siècle, les « slings » sont en général un mélange d’alcool fort, de sucre et d’eau gazeuse. Bref, des cocktails très simples et assez primitifs. Ils ont évolué au cours du temps. Habituellement, l’histoire raconte que le Singapore Sling a été créé entre 1911 et 1915 par le barman du Raffles Hotel de Singapour, Ngiam Tong Boon. Mais il est déjà mentionné dans des journaux en 1897 et dès 1903, il est identifié comme étant de couleur rose. Dans les livres des années 1920 et 30 sont mentionnés le Singapore Sling mais aussi le Straits Sling, dont la recette est proche (par exemple celle citée en 1922 par Robert Vermeire). Les recettes qui suivent viennent de The joy of mixology de Gary Regan, la première y est nommée Singapore Sling mais est très proche du Straits Sling qui est détaillé dans Vintage spirits & forgotten cocktails de Ted Haigh.

  • 6cl de gin
  • 1,5cl de Bénédictine
  • 1,5cl de liqueur de cerise/kirsch
  • 2,2cl (difficile de traduire les oz en cl !) de jus de citron pressé
  • quelques gouttes de bitter orange
  • quelques gouttes d’Angostura bitters
  • eau pétillante pour compléter

Suite à l’occupation de Singapour par les Japonais en 1942, l’hôtel Raffles a été utilisé comme camp de transit pour les prisonniers de guerre et les notes du barman Boon ont disparu. Le manager de l’hôtel a relancé le Singapore Sling dans les années 70 mais en y incluant probablement de nouveaux ingrédients (du jus d’ananas et de la grenadine), peut-être influencé par la mode des cocktails tiki.

  • 6cl de gin Beefeater
  • 1,5cl de Cherry Heering
  • 0,7cl de Bénédictine
  • 1,5cl de triple sec
  • 6cl de jus d’ananas
  • 2,2cl jus de citron vert pressé
  • quelques gouttes d’Angostura bitters
  • eau pétillante pour compléter

Pour réaliser la première ou la seconde recette, mélangez tous les ingrédients dans un shaker avec des glaçons et ajouter l’eau pétillante dans un verre de type Collins (plus fins que celui sur la photo). Le Cherry Heering est une liqueur danoise à base de cerise, au goût un peu fumé. Je ne sais plus du tout où je l’ai achetée (je me souviens avoir dû la commander) et je pense qu’avec le temps, sa couleur est devenue moins rouge, plus passée. La première version propose d’utiliser du kirsch mais comme je n’en avais pas j’ai utilisé le Heering. Personnellement, j’ai une préférence pour la première version, la seconde étant trop sucrée/limonade.

Pour plus d’infos et de recettes, vous pouvez consulter l’article du Diffords Guide.

Vous aimez ce type de billets ? Proposez-moi les cocktails dont vous aimeriez connaître l’histoire et la recette !

March 12

Il y a de ces jours qu’on redoute, qui font peur à l’avance, qui font pleurer même si on n’y est pas encore. Le 12 mars, ça fera 10 que ma maman est décédée. Je ne suis même pas sûre que c’était le 12 mars. Elle a été enterrée un 17, de ça je suis certaine. C’était le début du printemps et il y avait beaucoup de soleil après un hiver sombre et humide. Je n’ose pas demander la date à mon papa, je ne sais pas où est le faire-part de son décès, je ne sais même pas si j’en ai gardé. Je n’ai jamais été voir sa tombe. J’ai le vague souvenir qu’elle est quelque part vers la droite dans le cimetière. Je n’ai jamais pu me résoudre d’y retourner. Je sais qu’elle est bien entretenue et fleurie, mon papa y va de temps en temps. Je m’en veux quelque part de ne pas y être allée, j’aimerais pourtant mais je n’y arrive pas. Dix ans sont passés, je ne suis plus la même, je ne suis plus en couple, et je crois que ça aussi fait mal. J’aurais tellement aimé parler avec ma maman, lui dire tout ce qui n’allait pas, lui demander conseil… Elle m’aurait aidée, accompagnée, sans doute brusquée aussi mais surtout consolée en fin de compte. Elle me manque. Les amis, on peut pleurer sur leur épaule une fois, deux fois… mais ils se lassent et veulent qu’on passe à autre chose. C’est normal quelque part, il n’y a pas cette intimité. Une maman, la mienne en tous cas, n’aurait jamais abandonné. Et mon papa dans tout ça ? Ce n’est pas la même chose. Je sais qu’il est là mais nous ne parlons que très peu de nos sentiments. Il me comprend mais il y a une grande gêne de parler de choses intimes. Je n’ai pas de frères ni soeurs, je me suis sans doute trop appuyée sur mon ex-compagnon. Mais je sais que dans l’attente de ce jour anniversaire, je me sens fort seule avec des sentiments de tristesse dont je ne sais que faire, à pleurer toute seule devant mon ordinateur en écrivant ces lignes alors que j’aimerais me blottir dans les bras de quelqu’un.

La vie est faite de plein d’embuscades et d’étapes. Celle-ci en est une. Je vais passer au-delà…

Indian Summers (Random remarks about…)

Indian Summers est une série britannique diffusée sur Channel 4 depuis la mi-février. Elle se déroule en Inde, dans la station climatique de Simla dans les contreforts de l’Himalaya, où se réfugiaient les coloniaux pendant l’été torride pour trouver un peu de fraîcheur, pendant les années 1930. Les premiers troubles menant vers l’indépendance commencent tandis que la société coloniale est encore bien ancrée et présente. Il n’y a pas que l’aspect politique qui est présenté mais aussi la vie quotidienne avec tous les ragots et cancans, ainsi que le point de vue des Indiens. J’en suis pour le moment au troisième épisode mais je compte regarder la suite. Evidemment, dès qu’on parle de colonies en Asie, j’aime ça.

  • Seuls quelques plans d’ensemble montrent effectivement Simla (ou Shimla), probablement avec plein d’effets spéciaux vu que le ville s’est fort agrandie et modernisée. La série a été tournée à Penang Hill, en Malaisie. Simla est situé à 2205 m tandis que Penang Hill à 735 m d’altitude. Ce qui explique certaines de mes remarques sur la végétation ci-dessous.
  • Le club des coloniaux est en fait le même bâtiment que celui utilisé dans le film Indochine. A l’abandon depuis lors, il a dû être nettoyé et le terrain autour défriché et transformé en jardin.
  • La maison du pasteur et sa femme est aujourd’hui un hôtel.
  • Pour la maison de Ralph Whelan, je me demande toujours s’il s’agit de vraies glycines ou si elles ont été photoshopées. Dans l’épisode 3, on les voit de plus près et ça pourrait être une plante tropicale qui ressemble fort à une glycine mais je ne suis sûre de rien.
  • Les hortensias dans le jardin du pasteur et de sa femme ont l’air véritables, même si probablement pas adaptés au climat de Malaisie.
  • L’étalonnage met en avant des tons très chauds, dorés et cuivrés, qui donnent une atmosphère aux images. Un parti pris sans doute utile pour pouvoir tourner aussi les jours nuageux.
  • L’introduction de la vie quotidienne indienne permet d’ajouter encore plus de couleurs vives.
  • Les robes ne sont pas spécialement flamboyantes mais elles m’intéressent: que mettaient les femmes dans un climat tropical à cette époque ?
  • Il y a un petit côté Downton Abbey mais l’univers est bien plus large, pas limité à une famille.
  • Le racisme britannique est montré sans honte mais peut choquer aujourd’hui.
  • Quelques-uns des personnages sont déjà horripilants après trois épisodes et je suis curieuse de connaître la suite de l’histoire pour d’autres, notamment pour le patron de la plantation de thé et son neveu.
  • J’ai lu quelque part que Cynthia Coffin, interprétée par Julia Walters, était bien plus intéressante que Lady Violet de Downton Abbey. Franchement, non. Mais ça peut encore venir.
  • La musique de Stephan Warbeck me laisse de marbre. Oui, il a utilisé des tablas, mais le côté électronique par moments me dérange.
  • Une deuxième saison est prévue.

Short diary of the week (86)

Lundi: me réveiller avec toujours des maux de tête, me recoucher, une visite chez le médecin plutôt expédiée et des médicaments contre les vertiges qui peuvent donner des maux de tête…, pas besoin de cuisiner – il y a des restes d’hier !, Broadchurch au suspense intenable dès le premier épisode de la saison 2

Mardi: encore ce sentiment d’être dans l’ouate, le rouge-gorge sur la terrasse mange en même temps que moi tous les jours, médecine traditionnelle 0 – médecine alternative 1, complètement chamallow mais plus de maux de tête, deux épisodes de Broadchurch

Mercredi: une nuit très agitée qui me laisse sans énergie pour retourner travailler – il faut vraiment que je trouve un médecin plus compréhensif, bien accueillie au bureau par mes collègues inquiets, trois épisodes de Broadchurch et devoir arrêter sur un suspense impossible

Jeudi: trop de monde dans le premier métro – prenons le second, la saison des réunions recommence – j’espère que les suivantes m’intéresseront plus, me faire offrir plein de livres anciens sur les cocktails, une jolie boîte de chocolats, deux nouveaux gilets en laine, revoir Katrien et passer une excellente soirée, le dernier épisode de Broadchurch

Vendredi: vivement le w-e pour pouvoir enfin récupérer, l’homme qui lisait Flaubert lit maintenant Kerouac, une femme lit Haruki Murakami, ne pas réussir à terminer ce qui doit l’être, j’aurais aimé écrire plus sur le blog cette semaine – les idées ne manquent pas – mais cela n’a pas été possible, The Great British Sewing Bee, Buffy

Samedi: enfin une longue nuit convenable !, un tri de garde-robe qui marque la fin d’une époque – celle où j’achetais plein de robes pour aller à des soirées burlesque – sauf que beaucoup ne m’allaient qu’à moitié, juste couper quelques trucs et finalement passer la moitié de l’après-midi au jardin, à part quelques détails minimes la toile pour la nouvelle robe tombe très bien, malgré tout encore bien fatiguée, Buffy

Dimanche: si seulement ma nuit avait été meilleure j’aurais enfin pu commencer la semaine suivante un peu reposée, zumba, revoir plein d’amies pour la troc party annuelle et échanger vêtements et cosmétiques dans la bonne humeur, oui je suis blonde (ne plus trouver l’interrupteur pour la lampe au plafond – sauf que celui que j’utilise en général s’est cassé et mon voisin qui est venu investiguer la chose me dit que ce n’était pas possible que cet interrupteur allume cette lampe là – mystère donc), repas minimaliste mais qui fait de la place au surgélateur, Call the Midwife

Retour à Little Wing

retour-little-wing_9782746734913Nickolas Butler, Retour à Little Wing: quatre amis, un village perdu du Wisconsin. Ils ont vécu beaucoup de choses ensemble mais la vie les a séparés. Certains sont restés, d’autre sont partis, sont devenus célèbres. Ils se revoient pour un mariage ou parce qu’ils ont décidé de revenir vivre à Little Wing. L’histoire est racontée par les quatre amis, ainsi que par la femme de l’un d’entre eux, et tour à tour, ils prennent la parole. Leur amitié est parfois mise à mal par les événements mais ils finissent toujours par se retrouver. L’écriture m’a semblé trop simple au début mais ce n’est qu’un prétexte pour raconter une vie de tous les jours qui est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tout comme les relations humaines sont souvent compliquées. Nickolas Butler a écrit ici un excellent premier roman dans la lignée des chroniques familiales américaines si réussies d’auteurs comme Jonathan Franzen ou Stewart O’Nan.Book_RATING-40

2015 Reading challenge: A book with a love triangle, A book by an author you’ve never read before