Travelling alone

Il y a quelques années, je n’aurais pour rien au monde voyagé seule, je ne me sentais pas assez sûre de moi, j’étais angoissée par tout. Il y a deux ans environ, j’ai eu une discussion avec une amie, Catherine, qui venait de partir pour un long périple en Asie. Elle m’expliquait qu’elle était hésitante au départ mais qu’elle s’était lancée et qu’en fin de compte, elle adorait voyager seule. Même si cela n’a pas changé ma vision des choses immédiatement, quelque chose a germé en moi suite à cette conversation. Nous avons eu l’occasion d’en reparler lors de ce voyage et je lui envoie toute ma reconnaissance.

Il y a un an, j’ai décidé de passer deux jours à Londres toute seule. C’était quelque part un test. Au moment même, je n’ai pas entièrement apprécié cette solitude, je me sentais en dehors de mon corps, observant mes actions de loin, mais en rentrant, je me suis rendue compte que l’expérience n’était pas entièrement négative. Choisir où aller et que faire en toute liberté ! Les repas par contre ne m’ont pas enchantée. Heureusement, j’avais réservé un mini studio, ce qui m’a permis de manger des plats préparés le soir en regardant la tv.

Je suis partie à Paris en septembre, j’y ai passé une grande partie de la journée du vendredi en solitaire, et là, je pense qu’il y a eu un déclic. J’ai adoré ça ! Même le repas à la terrasse du musée ! J’avais à ce moment-là déjà réservé mon voyage et je savais que je passerais des journées sans compagnie à Bangkok. Cela ne m’a pas angoissé un instant.

Et en effet, je me suis promenée cinq jours et demi, décidant où aller et où manger, aux heures qui me tentaient. J’étais en général bien préparée, avec un plan précis mais en cours de journée, il était souvent chamboulé par les hasards de mes pérégrinations et mon degré de fatigue. (Je remercie la 3G thaïe illimitée et les googles maps qui ont empêché que je ne me perde). Parfois je suis rentrée tôt à l’hôtel juste pour faire une sieste, parfois je suis ressortie le soir pour un concert. J’ai mangé et bu des cocktails dans des restaurants vides et animés. J’ai parfois parlé aux serveurs, parfois pas. Tous étaient aux petits soins même si leur première question était en général « a table for two ? ». Bref, je me suis sentie bien. Je n’ai pas eu beaucoup d’angoisses; elles se sont limitées à quelques situations particulières: « ma valise était-elle bien dans l’avion ? » et « j’espère que ce chauffeur de taxi est fiable et qu’il m’emmènera à la bonne destination » (c’est surtout parce que je ne parle pas Thaï que ça m’a posé problème et qu’ils aiment bien rouler les touristes en ne mettant pas leur compteur – j’en dirai un peu plus dans les billets correspondants sur suasaday).

Dans le futur, je partirai sans doute encore en solitaire, même si j’aime aussi voyager ou dîner en compagnie, je préfère même ça, mais je n’ai plus peur de me retrouver seule quelque part et je ne me priverai plus de certaines occasions pour bien manger ou boire un verre parce que personne n’est disponible pour m’accompagner. Je ne suis par contre pas encore prête pour partir six mois en solo sans plan précis mais on ne sait jamais que ça arrive !

En 2014, à 42 ans, j’ai fait un grand pas dans ma vie.