This was 2014

Je n’étais pas sûre de vouloir écrire un bilan de l’année 2014 mais cela s’est quelque part imposé à moi (sous forme de liste), pour me permettre de tourner une page (c’est déjà fait en grande partie) et pour préparer le futur.

3 événements difficiles et douloureux:

  • ma rupture après presque 10 ans et les mois qui ont suivi qui m’ont plongée dans un entre-deux sans issue
  • les douleurs physiques avant l’opération, de janvier (et même avant en fait) à fin mai, qui ont suscité de nombreuses crises de larmes et même une visite aux urgences
  • la dispute avec Armalite, que j’avais toujours considérée comme une amie proche, niant tous les indices qui montraient que ce n’était pas le cas, et les répercussions sur mes contacts et mes sorties

3 excellents achats avant mon départ:

  • le smartphone qui m’a permis d’avoir la 3G à Bangkok
  • un chemisier en voile de coton trouvé un jour avant le départ chez C&A où je ne vais jamais d’habitude
  • un nouvel épilateur avec lampe intégrée, indispensable dans les salles de bains trop sombres

1 excellent achat tout court:

  • la surjeteuse Babylock qui fait de belles finitions à mes vêtements home made

3 projets couture

3 capitales et 1 grande ville en 3 mois

  • Paris
  • Saint-Jacques de Compostelle
  • Yangon
  • Bangkok

2 hôtels

  • Shanghai Mansion à Bangkok
  • Mode Sathorn à Bangkok

des bars et des restaurants

  • le café des voyageurs Mosquito Coast à Gand
  • le bar de l’Hôtel Berger à Bruxelles (découvert déjà en 2012…)
  • Teppen à Bangkok
  • Soy Sauce Factory à Bangkok
  • Namsaah Bottling Trust à Bangkok (Cherchant des endroits pour manger ou boire à Bruxelles hier, j’ai été fort déçue, regrettant déjà Bangkok et ses milliers de lieux originaux. Bruxelles est très consensuel, tous les endroits se ressemblent.)

de bons moments avec des amis

  • vouloir épouser Nick Cave après avoir vu le film 20.000 days on earth avec Missev’ Pistols
  • faire du vélo avec Catherine à Prachuap Khiri Khan
  • rencontrer Mario à Paris
  • passer la journée à Paris avec Fabienne
  • les derniers moments à Saint-Jacques de Compostelle avec Etienne
  • recevoir de jolis colis d’Isa et de Zéphine, un swap cocooning, un swap thé et une ronde des poches
  • des restos et sorties à Gand avec Katrien
  • les discussions régulières avec mes collègues
  • l’après-midi du nouvel an avec Sakiko
  • les séances avec Coyote
  • les rencontres jardin avec Gasparde et Kiwikoo
  • les nombreux commentaires réconfortants sur ce blog
  • et j’en oublie sans doute….

3 séries

  • True Detective
  • Hell on Wheels
  • Top of the lake

3 livres

et puis encore

  • de nouvelles plantes pour le jardin, dont deux dicksonia antarctica dont je rêvais depuis longtemps
  • des gin tonic très variés
  • avoir perdu un peu de poids, environ 4-5 kilos
  • des changements pour du plus positif et une porte ouverte vers l’avenir

Goat Mountain

0794-cover-goat-53635e7a01eb5David Vann, Goat Mountain: un garçon de 11 ans part à la chasse aux cerfs avec son père, son grand-père et un ami. Pour la première fois, il est autorisé à en tuer un; c’est un rite de passage familial. L’irréparable se produit dès les premières pages. Les réactions des différents personnages sont diverses, entre une violence extrême et une ignorance totale. David Vann décrit avec minutie la nature, rythmant le récit par des phrases très courtes, très sèches, aussi inhospitalières que le terrain sur lequel évoluent les protagonistes. Au fil du récit, il allonge ses phrases, entre de plus en plus dans la tête de l’enfant, le narrateur principal, et il oscille entre réalité et mythe, influencé par les récits bibliques. Autant j’ai énormément apprécié les descriptions de la nature autant ces parties plus mystiques m’ont moins intéressées, mais ce roman est malgré tout grandiose et l’auteur, une de mes découvertes de l’année. Je me doutais bien que je ne serais pas déçue en choisissant un roman chez Gallmeister, spécialisé en « nature writing ». Un excellent roman, entre violence et sentiments exacerbés, se déroulant dans un décor qui prend vie.

J’ai reçu ce livre gratuitement dans le cadres des Matchs de la Rentrée Littéraire de Price Minister. 

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This week (31)

Lundi, j’étais encore à Bangkok, je raconterai ça plus tard. Mardi matin tôt, j’ai débarqué de l’avion, il faisait froid. Le retour à la réalité était quelque peu compliqué, et ce fut accentué par les courses dans un supermarché bondé. Contrairement à la majorité des clients préparant les fêtes, je devais juste veiller à remplir mon frigo vide, je n’ai même pas pu attendre une heure de moindre affluence – il ne restait vraiment plus rien. J’en ai profité pour acheter plein de bonnes choses cependant. Mes derniers jours à Bangkok étaient solitaires, cette semaine à la maison l’a tout autant été. J’ai vu diane une demi-heure pour lui remettre quelques objets traînant encore chez moi, je suis sortie vendredi faire quelques courses: du vin, du thé, du parfum. J’ai tenté de passer Noël sans considérer ces journées comme des fêtes, cela a assez bien fonctionné, si ce n’est les remarques de mon papa qui a insisté sur la difficulté de la solitude. Il ne le fait pas exprès mais cela me fait toujours du mal. Et aussi ce regret que c’est la première année où je n’ai pas reçu de cadeau. En famille, c’était toujours une avalanche, et même plus tard, il y a toujours eu quelques échanges. La neige et les routes verglacées ont annulé un dîner de famille. Je ne me suis pas sentie mal pour autant: j’ai beaucoup écrit, mon récit de voyage essentiellement, j’ai lu emmitouflée dans une couverture, j’ai cousu un petit peu, j’ai vu les épisodes de Noël de Doctor Who et Call the Midwife, Top Gear in Burma et Gone Girl (j’ai préféré le livre). Je me suis levée très tôt à cause du décalage horaire et je me suis régulièrement endormie devant la tv. J’aurais sans doute aimé voir quelques amis mais je ne les ai pas contactés, sachant que beaucoup sont très occupés à cette période. Et j’ai profité de ces moments au chaud pour m’occuper de moi, repenser à l’année écoulée et surtout faire des plans pour que l’année qui vient soit bien meilleure !

Travelling alone

Il y a quelques années, je n’aurais pour rien au monde voyagé seule, je ne me sentais pas assez sûre de moi, j’étais angoissée par tout. Il y a deux ans environ, j’ai eu une discussion avec une amie, Catherine, qui venait de partir pour un long périple en Asie. Elle m’expliquait qu’elle était hésitante au départ mais qu’elle s’était lancée et qu’en fin de compte, elle adorait voyager seule. Même si cela n’a pas changé ma vision des choses immédiatement, quelque chose a germé en moi suite à cette conversation. Nous avons eu l’occasion d’en reparler lors de ce voyage et je lui envoie toute ma reconnaissance.

Il y a un an, j’ai décidé de passer deux jours à Londres toute seule. C’était quelque part un test. Au moment même, je n’ai pas entièrement apprécié cette solitude, je me sentais en dehors de mon corps, observant mes actions de loin, mais en rentrant, je me suis rendue compte que l’expérience n’était pas entièrement négative. Choisir où aller et que faire en toute liberté ! Les repas par contre ne m’ont pas enchantée. Heureusement, j’avais réservé un mini studio, ce qui m’a permis de manger des plats préparés le soir en regardant la tv.

Je suis partie à Paris en septembre, j’y ai passé une grande partie de la journée du vendredi en solitaire, et là, je pense qu’il y a eu un déclic. J’ai adoré ça ! Même le repas à la terrasse du musée ! J’avais à ce moment-là déjà réservé mon voyage et je savais que je passerais des journées sans compagnie à Bangkok. Cela ne m’a pas angoissé un instant.

Et en effet, je me suis promenée cinq jours et demi, décidant où aller et où manger, aux heures qui me tentaient. J’étais en général bien préparée, avec un plan précis mais en cours de journée, il était souvent chamboulé par les hasards de mes pérégrinations et mon degré de fatigue. (Je remercie la 3G thaïe illimitée et les googles maps qui ont empêché que je ne me perde). Parfois je suis rentrée tôt à l’hôtel juste pour faire une sieste, parfois je suis ressortie le soir pour un concert. J’ai mangé et bu des cocktails dans des restaurants vides et animés. J’ai parfois parlé aux serveurs, parfois pas. Tous étaient aux petits soins même si leur première question était en général « a table for two ? ». Bref, je me suis sentie bien. Je n’ai pas eu beaucoup d’angoisses; elles se sont limitées à quelques situations particulières: « ma valise était-elle bien dans l’avion ? » et « j’espère que ce chauffeur de taxi est fiable et qu’il m’emmènera à la bonne destination » (c’est surtout parce que je ne parle pas Thaï que ça m’a posé problème et qu’ils aiment bien rouler les touristes en ne mettant pas leur compteur – j’en dirai un peu plus dans les billets correspondants sur suasaday).

Dans le futur, je partirai sans doute encore en solitaire, même si j’aime aussi voyager ou dîner en compagnie, je préfère même ça, mais je n’ai plus peur de me retrouver seule quelque part et je ne me priverai plus de certaines occasions pour bien manger ou boire un verre parce que personne n’est disponible pour m’accompagner. Je ne suis par contre pas encore prête pour partir six mois en solo sans plan précis mais on ne sait jamais que ça arrive !

En 2014, à 42 ans, j’ai fait un grand pas dans ma vie.

 

Constellation

Adrien-BoscAdrien Bosc, Constellation: j’avais choisi ce récit comme second choix dans les Matchs de la Rentrée Littéraire de Price Minister, mon premier choix étant quelque peu problématique (il est finalement arrivé quelques jours avant mon départ). L’auteur part d’un événement réel, le crash d’un avion d’Air France en 1947 aux Açores, crash dans lequel est décédé Marcel Cerdan, entre autres. Il tente de retracer la vie et les motivations de voyage des divers passagers, alternant avec des chapitres décrivant l’accident. J’ai trouvé l’ensemble assez peu intéressant, trop distancié, avec quelques ajouts de figures de style qui ne m’ont pas convaincues. Heureusement qu’il était très court, je me serais sérieusement ennuyée autrement.

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Récit de voyage

J’ai publié hier le premier billet racontant mon voyage. La rédaction est longue – j’ai plein de choses à dire – et le choix des photos compliqué, mais j’espère publier régulièrement (sans doute pas tous les jours mais je vais essayer). C’est un récit assez linéaire et factuel, fort différent des cartes postales que je publie parfois ici. Il est possible que j’écrive quelques-unes de ces impressions plus tard dans l’année, en fonction de mes souvenirs de moments précis.

C’est ici: suasaday

Bonne lecture et n’hésitez pas à commenter !

Pour en finir avec Eddy Bellegueule

9782021117707Edouard Louis, Pour en finir avec Eddy Bellegueule: j’étais prévenue par les diverses critiques lues sur le net: ce récit est dur et cru. Il raconte l’adolescence d’Eddy, un garçon habitant dans le nord de la France dans un petit village, dans une famille de « prols » comme on dirait en Belgique. Dès son plus jeune âge, il se rend compte qu’il n’est pas comme les autres: il est attiré par des choses plus féminines et n’en a rien à faire du machisme ambiant des hommes qui l’entourent. Tous les jours, il se fait tabasser à l’école. Il cherche à être normal, se trouve une petite amie mais ça ne lui réussit pas vraiment. C’est un récit qui dévoile la difficulté d’être homosexuel aujourd’hui, pas loin de l’endroit où je vis, dans un milieu très renfermé sur lui-même. Je recommande la lecture de ce livre !

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Stratégies pour les prochains jours

Pour oublier que je passe cette période de l’année toute seule, voici quelques stratégies que j’ai imaginées:

  • vivre ces jours le plus normalement possible
  • mais bien manger quand même en cuisinant de bons petits plats
  • écrire mon récit de voyage
  • mais aussi les critiques des livres que j’ai lus
  • lire le roman pour les matchs de la rentrée littéraire de Price Minister (oui, c’est possible en 8 jours !)
  • continuer à lire l’histoire de l’Asie du Sud-Est
  • me commander quelques cadeaux que je souhaite depuis longtemps (je ne recevrai rien cette année, sauf l’habituel bon Fnac de mon papa)
  • trouver des solutions pour créer une galerie photos (j’aurai sans doute plein de questions)
  • tenter de gribouiller quelques dessins avec mon nouveau livre
  • faire des lessives, donc y compris des tissus que j’ai achetés
  • reprendre la couture et réfléchir à de nouveaux projets
  • essayer de trouver un lampadaire pour la lecture (une fois que les magasins seront un peu vidés)
  • commencer de nouvelles séries tv
  • réfléchir à la couleur et l’aménagement du grenier
  • et peut-être transformer une pièce en boudoir chinois
  • et sortir de chez moi une fois que je me serai réhabituée aux températures hivernales !

The last 28 days

Ce derniers 28 jours

  • j’ai pris… 7 avions, deux Boeing 777, deux Airbus A320, 3 ATR72 à hélices
  • plusieurs bateaux, du plus petit au plus grand
  • un train thaï qui n’a eu qu’une heure de retard
  • un minivan public thaï
  • un camion transportant plus de 60 personnes serrées comme des sardines
  • des tuk tuk
  • un vélo khmer en Thaïlande, gracieusement prêté
  • le skytrain de Bangkok
  • j’ai dormi dans 8 hôtels différents et dans une maison privée
  • j’ai mangé plein de choses différentes, laissant parfois mon système digestif dans un piteux état
  • j’ai fait plusieurs chutes de tension
  • j’ai bu des cocktails et des bières
  • j’ai vu des temples dorés à n’en plus finir
  • j’ai grimpé 800 marches pour voir un temple
  • la consommation de lingettes humides distribuées par la guide était exponentielle
  • j’ai mis les pieds dans le Golfe du Bengale et dans le Golfe de Thaïlande
  • je n’ai pas été accessible au téléphone les 17 premiers jours
  • mais j’ai eu un numéro thaï les 10 jours suivants, avec 3G illimitée
  • j’ai donc beaucoup utilisé la localisation sur les google maps pour me retrouver
  • j’ai été pour la première fois de ma vie dans une exploitation viticole pour goûter du vin
  • j’ai eu froid, bien plus souvent que pendant d’autres voyages, et ce n’était pas dû qu’à l’airco
  • j’ai été piquée par plein de moustiques, surtout en Thaïlande, mais mes allergies ont diminué
  • j’ai vu 4 couchers de soleil 4 jours de suite
  • j’ai vu quelques levers du soleil aussi
  • après une promenade à Chinatown, mes cheveux sentaient le barbecue
  • j’ai marché, et encore marché
  • j’ai ramené plein de tissus et découvert le paradis des couturières
  • mes cheveux ont été coupés par une ladyboy
  • j’ai lu 4 romans
  • j’ai appris plein de nouveaux mots en anglais
  • j’ai traversé une rivière sur un pont en bambou plus que branlant
  • j’ai dîné dans trois endroits très cool à Bangkok
  • j’ai vu une armée de Snoopy
  • et j’ai profité !

Maintenant, il me reste à raconter tout ça plus en détail !

Hello from the other side of the world

Demain, j’entame déjà la dernière semaine de mes vacances ! Mais il s’est passé beaucoup de choses entretemps. J’ai voyagé 17 jours en Birmanie, en compagnie d’un groupe international anglophone, qui était très agréable (et j’ai rafraîchi mon anglais par la même occasion, apprenant quelques nouveaux mots et expressions). Le rythme était soutenu, du matin au coucher de soleil (4 de suite quand même) et l’Internet lent, très lent, d’où le peu de nouvelles. J’ai vu une quantité inimaginable de temples et de stupas, tous pleins d’or, mais aussi la vie quotidienne des Birmans.
Depuis deux jours, je suis à Bangkok. Ma solitude contraste fort avec le voyage en groupe et l’animation de Chinatown où se trouve mon hôtel mais dès demain, je retrouve de la compagnie plus au sud. Je me suis baladée dans les rues, découvrant l’autre côté du fleuve et le quartier autour de mon hôtel.
A bientôt pour un récit plus complet !

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