Postcards of Santiago (III)

La cathédrale domine la ville. Des restes d’art roman mais surtout l’exubérance baroque impressionnent, tout comme les sons de cloche qui sont sombres et menaçants. Ici, Dieu est maître, pas question de pécher. Une foule de pèlerins est arrivée à bon port et se recueille une dernière fois; dans une des chapelles, un prêtre japonais dit la messe à une vingtaine de touristes. Les femmes ont revêtu des voilettes en dentelle blanche. Je regrette les cierges et leur odeur; ils ont été remplacés par de fausses bougies électriques, créant une ambiance proche du lunapark. Pour un euro, toute une rangée s’allume…

Encore des églises. Chaque ruelle en cache une nouvelle. Certaines sont plus imposantes que d’autres, certaines sont bien entretenues, certaines voient des arbustes pousser sur leur façade. Certaines sont populaires auprès des pèlerins: ils peuvent y faire signer leur diplôme de marcheur.

Et puis, surprise: un bâtiment sans étage, qui a l’air ancien mais qui ne l’est pas, et beaucoup d’animation. Les habitants se pressent autour des étals du marché couvert. Les paysannes viennent vendre leurs surplus à l’extérieur, écossant des haricots tout en commérant avec leurs voisines. De beaux poissons, des viandes et des charcuteries diverses, des fromages en forme de tétons, des légumes, des fruits… Tout donne envie. Les poulpes cuisent dans la marmite tandis que le patron de la gargote range ses bouteilles de vin. Mais il est trop tôt pour manger, les rythmes espagnols ne sont pas les mêmes que ceux de l’Europe du Nord…