Expensive people

Joyce Carol Oates, Expensive people: deuxième roman dans mon challenge et deuxième volume du Wonderland Quartet racontant la vie de différentes classes de la société américaine. Nous suivons ici Richard, 11 ans, un enfant précoce et obèse vivant dans la richesse, qui raconte sa vie à la première personne. La relation avec sa mère est assez trouble, elle ne s’intéresse que peu à lui, sauf quand lui aussi doit respecter les codes et se plier aux apparences. Tout un monde de superficialité donc. Son père est fort absent et a comme rôle essentiel de ramener de l’argent à dépenser. Dès le départ, Richard raconte à quoi cette vie l’a poussé et le reste du récit n’est que le déroulement logique pour arriver à cette fin. Comme toujours, Joyce Carol Oates écrit d’une main de maître, adaptant son style à celui du jeune garçon un peu dérangé, mais je dois bien avouer que cette histoire m’a moins passionnée que la précédente.

Book_RATING-35

March in the garden (and inside)

Mars est censé être le mois où je commence les travaux en extérieur. La semaine où j’ai été malade, la première semaine de mars donc, il a fait très bon et entre deux aspirines, j’ai profité du soleil et de la chaleur pour couper les tiges mortes des grandes herbes et en déplacer deux. Depuis, plus moyen de sortir, il a neigé deux fois et il fait un froid glacial. Je désespère pour mes plantes exotiques qui avaient bien passé l’hiver jusque là mais qui doivent être au bout de leurs capacités de résistance. Même les crocus restent fermés et les jonquilles se font attendre.

A l’intérieur, impatiente que j’étais, j’ai semé mes tomates (plusieurs variétés différentes, toutes achetées chez De nieuwe tuin). J’ai comme l’impression que j’aurais dû attendre. J’espère que j’aurais plus à raconter en avril…

Voici quelques photos d’intérieur, pour le jardin, c’est toujours sur Tropical Itch.

Un ricin à l’avant, ainsi que des aubergines, des tomates à l’arrière.

Les piments qui poussent relativement bien dans leur mini-serre chauffée

Histoires de couture ou le fiasco de Vogue 8280

Après avoir terminé la jolie blouse Airelle de Deer and Doe, je cherchais un nouveau défi. Les explications des patrons Vogue me semblaient bien compliqués et c’est donc vers la robe Vogue 8280 (la version en blanc) que je me suis tournée. J’ai choisi un tissu vert-gris pas cher qui ressemble à du lainage mais qui doit être en synthétique vu le non-rétrécissement et le non-feutrage en machine. Et je me suis lancée. Les explications m’ont posé quelques problèmes mais une bonne réflexion a en général été suffisante pour mettre les pièces en place. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser les manches et le corsage mais j’ai appris pas mal de choses. Mais c’est là que ça se corse: quand j’ai enfin pu essayer quelque chose d’essayable, je me suis rendue compte que c’était beaucoup trop grand: je devrais diminuer la largeur du corsage de 4cm minimum ! Et puis les manches sont trop imposantes, très eighties. Cela m’apprendra à ne pas faire de toile ! J’ai mis ce projet de côté pour le moment, j’y retournerai sans doute un jour, quand j’aurai le courage de découdre les manches. Je devrai sans doute redécouper le corsage mais il me reste plein de tissu. De toutes façons, c’est une robe d’hiver et là, le printemps s’annonce (hmmm).

Dans la foulée, j’ai acheté Lady Ernestine Lewenstein, un mannequin de couture qui m’aurait bien aidée pour la robe Vogue et qui m’est très utile depuis pour des essayages rapides sans devoir me déshabiller à chaque fois. Et puis elle n’a pas peur des épingles, je pense même qu’elle apprécie l’acuponcture.

Pour le projet suivant, j’ai suivi toutes les étapes dans le bon ordre et le résultat est bien meilleur, mais je laisse le suspense pour un prochain article, quand je pourrai montrer le résultat fini (j’ai la flemme de coudre les 8 boutons).

Là, on voit clairement que c’est trop grand

Avec des épingles sur le côté, c’est déjà mieux, mais les manches sont toujours trop éloignées du centre.

Là, on voit bien la quantité de tissu en trop.

En bonus, l’encombrement de ma pièce de couture, qui en plus de la machine à coudre, de la planche à repasser et d’Ernestine contient aussi le vélo d’appartement, l’aspirateur, une caisse jamais déballée depuis notre déménagement et une vieille tv à donner (qu’on ne voit pas).

Short diary of the week (22)

Lundi: bien dormi malgré mes craintes du soir, plein de bons disques (peut-être dois-je illustrer de short diary par des clips youtube ? – ah mais je suis en formation en fin de semaine, loin de disques donc), bref: Antti Paalanen ou l’accordéon contemporain ou un des tous bons artistes vus à un Womex passé, n’oublions pas Bomba Estéreo ou de la cumbia digital ou un autre très bon concert du Womex (avec la plage qui m’a le plus marqué mais qui n’est pas sur « Elegancia tropical »), mais aussi les Black Twig Pickers vus dans de très mauvaises conditions en concert dans un café enfumé plein de bobos pseudo artistes (encore un clip avec de la neige), et puis parfois on rencontre de drôles de choses comme Oratnitza ou un genre de musique traditionnelle bulgare avec du didgeridoo et des rythmes proches de la drum ‘n’ bass mais sans électronique, restes de pâtes, The Walking Dead et pas un film avec des tentacules, me rendre compte que j’ai déjà lu le bouquin que je viens de commencer mais je ne le savais plus parce que je l’ai sans doute prêté à mon père, m’endormir, me réveiller en sursaut à cause du téléphone, avoir le cœur qui bat, avoir beaucoup de mal à me rendormir, me cogner le gros orteil contre le lit après avoir été aux toilettes

Mardi: se réveiller en sursaut au milieu d’un rêve à cause du réveil, constater que l’ongle de mon gros orteil est tout cassé, soupirer – beaucoup, ma commande amazon est arrivée, soupirer encore – peu de bons disques ce matin, chercher une recette sur Foodgawker, pas de cours de couture, boulettes de dinde au sésame, The perks of being a wallflower, quelques larmes à cause du film

Mercredi: très mauvaise nuit, mal au cœur, trop de questions à nouveau, journée pas très productive

Jeudi: formation – avant-dernier jour, faire des courses au centre ville, revenir avec plein de choses non prévues (une tasse Kimidoll et quatre livres)

Vendredi: formation – dernier jour – enfin, long quand même, faire les courses, le ménage, être crevée, faire la cuisine pour les invités, passer une bonne soirée mais être crevée et ne pas en profiter entièrement

Samedi: mais quand cette neige va-t-elle s’arrêter ?, shopping au Shopping de Woluwe, M.A.C. et Macline, mais aussi Inno pour un nouveau soutien-gorge et Vandenborre pour un câble pas cher caché derrière un comptoir alors que ceux en libre service coûtent le quadruple – c’est vraiment malhonnête, ranger le reste de la maison, continuer le tri pour le troc, sushis

Dimanche: nous n’apportons pas le même soin aux choses, quelques larmes et un gros vidage de cœur (il y a beaucoup de cœurs dans ce billet), préparation de petits gâteaux légers au chocolat, une jolie photo, plein de rires et de conversations, plein d’échanges de produits de beauté et de vêtements, crevée après toute cette animation, un repas rapide, un peu de lecture, s’endormir

Osso bucco à ma manière

Voici donc ma recette d’osso bucco. Elle ne vient pas d’un livre et part à la base d’une recette d’un ami mais que j’ai en grande partie oubliée (il y avait du citron dans la sienne). Elle est très facile à réaliser et hormis le temps de cuisson, très rapide à préparer. Pour deux personnes, il faut donc:

  • deux belles tranches de jarret de veau (ou de bœuf)
  • une cuillère à café environ de graines de fenouil
  • de l’huile d’olive et un peu de margarine/beurre
  • une boîte ou bocal de tomates concassées
  • un petit fenouil émincé en fines tranches
  • une petite bouteille de vin blanc

Dans une cocote en fonte (ou toute autre casserole à fond épais), faire chauffer un peu de margarine et d’huile d’olive, y faire rissoler la viande des deux côtés. Quand celle-ci a pris une jolie couleur dorée, ajouter un peu d’huile d’olive et une cuillère à café de graines de fenouil puis le fenouil émincé. Faire revenir le tout à feu moyen. Mouiller avec le vin blanc qui peut réduire quelques minutes, puis ajouter les tomates. Saler et poivrer. Baisser le feu, mettre le couvercle et faire mijoter entre une heure et une heure et demi. C’est tout !

Ce weekend, j’ai fait une variante parce qu’on avait déjà mangé du fenouil récemment: j’ai donc omis le fenouil et les graines de fenouil mais mis du thym et des oignons à la place. Pas mal aussi ! Et pas de photo pour illustrer l’article, tout est mangé.

Short diary of the week (21)

(En prime cette semaine, une photo par jour, pour un peu changer)

Lundi: retourner au travail et avoir la nausée, tenter de rattraper le retard – mission impossible, passer l’après-midi à faire de commandes, je veux hiberner jusqu’à ce que tout ce blanc aie fondu, je voulais faire une photo par jour pour un peu changer ce short diary mais j’ai oublié mon iPad, j’en ai quand même fait quelques-unes en rentrant, diane malade et restes d’hier pour moi qui ne passent pas trop

(un avion atterrit, la neige est bientôt là)

Mardi: pas envie de sortir dans le blizzard, heureusement pas de soucis de transport, mes collègues arrivent au compte-goutte, huit ans déjà – par une journée très froide – le printemps est arrivé quelques jours plus tard – le jour de l’enterrement, couture – la robe avance, soirée toute seule

(huit ans déjà)

Mercredi: écouter des disques – encore, avoir enfin l’entrevue avec le directeur et avoir l’impression de se retrouver face à un mur – mais avoir quand même l’impression d’avoir pu dire ce que je pensais, diane va mieux et on mange ensemble, Masterchef a recommencé sur la BBC – rien à voir avec la version française que je déteste

(être éblouie par le sommeil au matin)

Jeudi: réunion, musiques de film, yodel en tant que moyen pour atteindre dieu, curry indien, reader déchargé au moment où je veux lire – tanpis, je m’endors tout de suite de toutes façons

(mon bureau est sérieusement encombré)

Vendredi: annonce du nouveau directeur avec une petite surprise, réunion-jury, revoir des connaissances, odeurs d’encens mélangées à de l’essence – nausées, saumon et fèves, Gardener’s World

(le lapin crétin a décidé de jouer avec le fil de mon écran, ses amis observent)

Samedi: traîner sur le net plutôt que de faire des lessives, courses du w-e, prendre son courage à deux mains pour aller en ville, avoir de moins en moins envie de faire les magasins, acheter du tissu, du thé et des produits Rituals, steak-frites, The Walking Dead

(frites !!!)

Dimanche: faire les lessives et plier le linge – parce qu’il le faut bien, coudre les boutonnières mais ne plus avoir le courage de coudre les boutons (j’ai horreur de ça), recopier un patron, jouer, osso buco et tagliatelle fraîches, rattrapage de Masterchef

(un avant-goût, avec de jolies boutonnières mais sans boutons)

Le saut du varan

François Bizot, Le saut du varan: François Bizot est un anthropologue français spécialisé dans le bouddhisme du sud-est asiatique. Il a longtemps travaillé au Cambodge, où il été retenu en captivité en 1971 par les Khmers Rouges et interrogé par Douch, futur bourreau de la prison de Tuol Sleng à Phnom Penh. Son récit Le portail raconte ce passage de sa vie. Avec Le saut du varan, il s’est lancé dans le roman. Cela se passe toujours au Cambodge, en 1970. Le pays est troublé après le coup d’état de Lon Nol et la région d’Angkor est le lieu d’une guérilla entre troupes gouvernementales, Vietnamiens et Khmers Rouges. Une jeune fille cambodgienne est trouvée morte, éviscérée, dans la région. Comme l’affaire pourrait prendre un tour politique, un inspecteur Français, Boni, mène l’enquête. A Siem Reap, il rencontre Rénot, l’ethnologue, qui lui servira de guide. Drôle de personnage, ce Rénot ! Un bon vivant, atteint du syndrome de Tourette, et à la recherche d’une civilisation cachée, originelle. Les deux hommes s’enfonceront dans la jungle pour chercher des réponses… Au départ, l’écriture assez recherchée, pleine de descriptions précises, mêlée d’échanges verbaux beaucoup plus simples m’a un peu déconcertée mais très vite, je me suis prise au récit que j’ai finalement trouvé trop court ! Les ambiances sont très bien décrites et donnent l’impression d’un pays en déliquescence. Un livre à lire si comme moi, vous êtes intéressés par le Cambodge ou si vous aimez ce genre de récit qui se passe au fond de la jungle.

Book_RATING-35

Short diary of the week (20)

Lundi: 37,3°, toujours malade, sans voix, quelle galère pour trouver un médecin: le premier ne prend plus de nouveaux patients, le second est en vacances et recommande un troisième qui ne répond pas, la quatrième est ostéopathe et le cinquième ne répond pas, le sixième enfin me donne un rdv mais a l’air peu engageant au ton de sa voix, dormir, lire, le médecin est sympa finalement mais sans plus, une semaine de congé

Mardi: prendre les médicaments prescrits, passer la journée dans un état de somnolence extrême, sortir un peu quand même dans le jardin pour profiter du soleil, tenter de faire des siestes mais ne pas y arriver

Mercredi: toujours aussi fatiguée mais le rhume perd en virulence, profiter du soleil en faisant quelques travaux de jardin, semer les tomates et quelques fleurs, finir le roman en cours, aïoli: il me faudra la recette de la Princesse

Jeudi: mal dormi – tout événement un peu dérangeant trouble mon sommeil, toujours sur un nuage en coton, pas envie d’écrire sur le blog alors qu’il ne reste plus que quelques lecteurs, deux tiers se sont perdus dans la nature et ça m’attriste

Vendredi: découvrir de veilles photos chez mon papa, aller manger avec lui, tousser toujours – beaucoup

Samedi: pas grand chose en fait: un peu de couture, un peu de jeu, beaucoup de toux, sushi time

Dimanche: comme samedi…

Ma vie de grande malade n’est vraiment pas passionnante, et même quand je ne le suis pas, je n’ai pas grand chose à raconter… Je devrais peut-être trouver une autre formule pour parler de mes semaines…

Blackout/All clear

Connie Willis, Blackout / All clear: 1200 pages découpées en deux volumes, voilà ce que propose Connie Willis dans son dernier roman ! Une sacrée brique donc que j’aurais mieux fait d’entamer en période de congés, mais j’en suis venue à bout. L’auteur reprend le thème des voyages dans le temps comme dans ses précédents romans, intégrant quelques personnages déjà présentés auparavant. On est en 2060 et il y a une certaine effervescence dans les laboratoires d’Oxford. Personne ne sait ce qui se passe mais tous les voyages prévus sont reprogrammés. Merope alias Eileen doit prendre des cours de conduite pour pouvoir repartir en 1940 s’occuper d’enfants évacués à la campagne, dont deux sales gosses, Alf et Binnie. Polly est en route pour le Blitz à Londres à l’automne 40 et Michael Davies va assister à la bataille de Dunkerque au printemps 40. Et puis là les problèmes commencent: ils n’arrivent pas à la date prévue et leur portail pour le retour vers le futur reste fermé. Le roman alterne les chapitres sur l’un ou l’autre personnage, incluant également des histoires plus tardives situées en 1944 et 1995 qui sont autant d’éléments d’un grand puzzle qui se met en place au fur et à mesure jusqu’au dénouement final. J’ai trouvé que le roman était un peu long par moments: certains chapitres auraient pu être raccourcis, voire supprimés mais je n’ai jamais autant appris sur la vie quotidienne en Angleterre pendant la seconde guerre mondiale, et là mon côté historienne a adoré. Connie Willis a clairement fait de nombreuses recherches sur son sujet ! Je me pose toujours des questions quant aux paradoxes du voyage dans le temps, questions que je n’arrive pas à résoudre mais peu importe, au final, le roman m’a beaucoup plu.

Book_RATING-35