De la confiance en soi

Je voudrais remettre en contexte ma phrase sur mon manque de confiance en moi dans le “short diary” de cette semaine, et en même temps répondre à vos commentaires (qui ont réussi à me soigner de ma crise somme toute passagère, merci !).

Parfois, de toutes petites choses peuvent dégénérer très vite. Dimanche soir, diane m’a demandé de lire un petit texte de fiction qu’il avait écrit. J’ai commencé mais après quelques lignes, j’ai fondu en larmes. Pas à cause du contenu du texte qui n’avait aucune raison de me toucher mais bien pour deux autres raisons. Un, c’était en anglais, dans un niveau d’anglais que je n’atteindrai jamais (et pourtant je lis souvent dans cette langue et j’ai de temps en temps l’occasion de la parler). Deux, il y a du style et du vocabulaire varié que même en français je suis incapable d’utiliser. J’ai suivi il y a un an un atelier d’écriture et malheureusement je n’ai reçu aucun conseil à ce niveau. Et je suis particulièrement sensible au niveau de l’écriture parce que la mienne a souvent été critiquée.

Bref, cette lecture m’a donné un mauvais coup à ma confiance à moi. Et si je résume, je me rends compte que ma vie est construite toujours sur le même schéma: j’apprends généralement les choses assez vite mais j’atteins rapidement un niveau maximum que je n’arrive jamais à dépasser. Et ce niveau maximum est du 15 ou 16/20, pas plus. Ou pour résumer, j’atteins la distinction mais pas la grande distinction. Je progresse dans ce que je fais mais ce résultat ne me convient pas. Et travailler plus pour l’atteindre me semble impossible, trop long, trop difficile. Quelques exemples: je cuisine bien mais je n’atteins pas le niveau d’un restaurant gastronomique; quand je vois des jardins d’architectes reconnus, je trouve le mien pas très bien agencé; je sais que j’arriverai à coudre de jolies choses (un jour) mais je n’ai pas la créativité pour en faire un métier, je parle bien le néerlandais mais pas assez bien pour des conversations compliquées ou pour écrire… Et comme je suis exigeante avec moi-même, cela attaque ma confiance en moi.

Comment la remonter ? En pensant à ce que diane m’a dit suite à mes larmes: je ne suis sans doute pas aussi créative que lui, mais je suis quelqu’un de stable, sur qui on peut compter. Je suis une pro de l’organisation et je suis réaliste. Je suis un roc dans la tempête, une forte femme, comme toutes celles de ma famille. Cela me rassure un peu.

Et en pensant à ce que vous m’avez écrit dans les commentaires: j’ai cette tendance à approfondir les choses et du coup, je m’y connais bien en musiques bizarres, en cocktails, en yodel, en architecture moderniste cambodgienne, en burlesque, et j’en passe…

Bref, comme je le disais au début, cela a été une crise passagère et une remise en question, deux choses qui font partie de la vie.

17 thoughts on “De la confiance en soi

  1. Premier commentaire que je laisse sur ton blog, pour te dire que d’une certaine manière, je t’envie:
    Tu n’es peut-être pas LA référence dans un domaine, mais tu touche ta bille sur plein de sujets (des plus pratiques au plus funs), et tu atteins visiblement sans trop d’efforts des “scores” plus que respectables!

    Je devrais actuellement finaliser ma thèse (j’en suis malheureusement loin, j’ai pris beaucoup de retard), et je me rends compte que la spécialisation à l’extrême n’est pas pour moi… A quoi ça sert de connaître parfaitement le fonctionnement de l’ongle du petit orteil gauche, quand la base des connaissances sur l’ensemble du corps humain fait défaut?

    De plus en plus j’adopte un comportement semblable au tien: j’essaye de nouvelles choses, je me diversifie dans des domaines variés et éloignés les un des autres. mais j’essaye de me contenter d’un niveau correcte.

    Et sije me sens faible, nulle et moins que rien face à quelqu’un qui réussi mieux que moi, je me force à trouver un domaine dans lequel je suis meilleur que lui… Comme je suis touche à tout, la probabilité que j’en trouve un est assez grande, que ce soit le fait de savoir tricoter des torsade, préparer un magret séché à se damner ou comprendre le mécanisme d’un moteur à combustion.

    Et mon conjoint me soutient en disant qu’en cas apocalypse (zombie ou pas!), mes chances de survie seront plus importantes que pour la moyenne de la population!😀

    1. ton conjoint a un côté pragmatique semblable au mien, oui mais en cas d’apocalypse de zombie ? C’est une attitude importante, savoir se diversifier, se spécialiser sans devenir spécieux.

      1. Merci pour ton commentaire, Zéphine ! Je pense que j’ai toujours eu envie de faire une thèse, mais comme je disais dans mon article, je n’ai pas les points suffisants pour me proposer. Sans doute que si le sujet de mon mémoire avait été plus original, j’aurais eu plus de chances, mais je n’ai pas osé (pour cause de timidité et de confiance en moi justement) me lancer sur les thèmes qui me passionnaient.

        Après, comme tu le dis, chacun a des domaines dans lesquels il est meilleur et cela fait du bien !

      2. (Pas trouvé le moyen de répondre à Miss Sunalee directement, je passe par le commentaire de Diane)
        Ta réponse m’interpelle, parce que tu dis ne pas avoir les points suffisants pour une thèse…
        J’ai toujours été dans la moyenne: j’ai bissé ma première année de biologie (oui, je suis biologiste au fait!), j’ai été abonnée aux secondes session (même pour l’année bissée, oui oui!), j’ai péniblement été diplômée de Bac (anciennement “candi”) avec satisfaction (67% de moyenne), et n’ai commencé à obtenir de “beaux” points que durant mon Master en Écologie (anciennement “licence”), dont je suis sortie avec une distinction (76%), sans plus…
        Mais à côté de ça, j’étais la seule fille de l’équipe universitaire de Water-Polo, j’ai activement participé à la valorisation du don de sang en cherchant de nouveaux donneurs, j’ai été déléguée de cours, …
        J’ai eu la chance (?) d’obtenir une bourse FRIA de l’état Belge malgré mon cursus plus que moyen, pourtant je ne me suis jamais sentie comme faisant partie de “l’élite” des biologistes, loin de là! Par contre, j’avais bien bossé mon dossier et j’y croyais vraiment…

        Je ne dis pas que c’est ton cas, mais j’ai parfois l’impression que pour la plupart des gens la thèse semble être un graal inaccessible. Non, on est pas meilleurs, plus méritant ou plus intelligent que les autres. Je dirais même que dans mon cas, ça a été une solution de facilité: l’opportunité de la thèse juste après mon diplôme m’a évité de réfléchir à mon avenir, m’a permis de rester dans ma petite routine d’étudiante (parce que oui, lors d’une bourse FRIA, le chercheur à toujours le statut d’étudiant), tout en m’apportant le confort d’un salaire et de savoir où j’allais pour les 4 années suivantes.
        En fait, je n’ai fais que reporter à plus tard les décisions “d’adultes” qu’on a à prendre à la fin de ses études.

        Mais j’accepte de n’être que dans la moyenne en biologie, parce que je sais que ça me permet d’être aussi dans la moyenne dans plein d’autres domaines!

        En conclusion, je terminerai par les paroles d’une chanson qu’y m’est reveneu à l’esprit en rédigeant cette réponse… d’une certaine manière, je proclame mon droit à ne pas être la meilleur, pour pouvoir faire/vivre plus de choses!

        “J’proclame mon droit à la paresse
        A pas bouger mes fesses
        Ce gros cul que j’voudrai planter
        Là où rien d’utile peut pousser
        Mais où germe la folie,
        Le bonheur et la fantaisie
        La beuverie et la maladresse
        J’proclame mon droit à la paresse”
        (Les petites bourettes “Sous les jupes à fleurs”)

        (cette chanson à le don de me mettre de bonne humeur lorsque je me sens nulle… volume à fond, en dansant n’importe comment et en hurlant les paroles, je me sens tout de suite mieux!)

  2. Waw, l’espace d’un instant, j’ai eu l’impression que c’était moi que tu décrivais. Comme si tu avais trouvé les mots pour exprimer ce que je ressens ces temps-ci. Je me suis reconnue dans ton texte, que c’en est choquant ! Comme face à un miroir …
    Savoir faire plein de choses, mais ne jamais atteindre la perfection que l’on voudrait, être meilleure que la base, mais pas assez pour être l’élite. Se sentir, du coup, inutile et incapable, alors que dans le fond, on a des capacités qu’on ne se reconnait pas. Et pour autant, être quelqu’un sur qui l’on peut compter pour tout et n’importe quoi, car on est solide, prévoyante, organisée…
    C’est une espèce d’angoisse latente, qui provoque des crises de panique sur un tout petit rien : “à quoi je sers si je ne sais pas le faire à la perfection ? “.
    Crise et remise en question perpétuelle, les deux mots clés de ma vie également.
    Merci pour ce billet, qui l’air de rien, m’a un peu chamboulé ^^

    1. Je n’ai pas la prétention d’être talentueuse, il y a juste des choses qui me viennent plus facilement, sans effort et là c’est ma faiblesse, ne pas faire d’efforts. Je suis une feignasse qui passera une semaine à développer un système de classement, ou de programmation ou de retouche photo ou que sais-je. Parce-que j’ai autre chose à foutre que de réinventer la roue en permanence et que je veus me la couler douce après sans réflèchir. Bref j’alterne des périodes, courtes, de créations/reflections extrêmes, avec de longues périodes de hop j’ai un truc …

  3. Je suis d’accord avec mes camarades. C’est un excellent billet qui m’a beaucoup touchée. Je suis en pleine remise en question moi aussi. Je ne vais pas changer le monde. Je ne vais pas écrire de best-seller ni vivre de l’un de mes talents. Mais j’ai une belle et bonne vie, et c’est déjà beaucoup. J’apprends à apprécier ce que j’ai et ce que je suis. Mais ce n’est pas toujours facile de changer sa vision de la vie, ça demande du temps, je crois !

    1. Merci aussi, Isa ! Je pense que tout le monde passe par des moments de remise en question. Ecrire cet article suite au short diary où j’avais évoqué juste un moment précis m’a permis de remettre les choses en contexte, et tant mieux si ça t’a aidé !

  4. Chère Miss, si cela peut t’apporter un brin de réconfort – je suis tombée des nues en lisant tes propos car pour moi, tu es LA personne qui, justement, quand elle touche à quelque chose, elle y arrive à un niveau super élevé! Et même si surement, il est difficile à espérer de cuisiner comme un grand chef si on a pas son niveau d’éducation ni d’expérience, mais je peux te dire que ce que j’ai pu goûter de toi a été exceptionnel! (et je ne sais pas qui te fais des commentaires sur ton écriture mais tu peux l’envoyer XXXX! :-))

  5. Oui je sais, je suis parfaite et polyvalente dans tous les domaines, mais fallait pas en faire un plat!😉

    Trêve de plaisanterie… Il faut aussi remettre l’église au milieu du village non? Moi aussi j’aimerais cuisiner comme un chef ou pouvoir créer des fringues dignes d’un couturier… Mais le souci c’est qu’on n’a qu’une vie. On a déjà le boulot qui nous prend beaucoup de temps, certains sont en couple et ça, l’air de rien, si on veut que ça marche, il faut y consacrer du temps (puis ça fait du bien), on ne peut pas être autiste donc il faut un peu se sociabiliser… Bref, il ne nous reste plus beaucoup de temps pour se spécialiser à moins que ça ne soit quelque chose sur lequel on est depuis des années. Ceux que tu décris là sont des gens dont c’est le métier. Ils passent donc 24/24h dessus. Nous pas!
    Il faut un peu relativiser aussi et se dire que savoir faire ce qu’on sait faire en plus d’un taf, c’est déjà bien! Il y en a qui préfèrent végéter (et en Belgique, on en a beaucoup…).

    Et sinon, je suis totalement d’accord avec les autres commentaires ci-dessus. Beaucoup d’aspects importants ne doivent pas être négligés quand on commence à penser ainsi. Bref: relativiser🙂

    Et puis oui, je t’admire aussi pour savoir maintenir tant d’intérêts avec cette fidélité qui t’est honorable. Ca m’impressionne. Pour ma part, j’ai l’impression que je n’aurai jamais assez d’une vie pour m’intéresser aux miens comme tu y arrives!

    1. Ce que tu dis est vrai aussi: chaque chose demande du temps, et il est malheureusement souvent limité. Tu ne peux pas savoir combien de fois je me sens coincée au travail alors que j’aimerais faire autre chose !

      Mes intérêts évoluent aussi: il y a quelques années, j’étais incollable sur la scène indie-pop, maintenant je n’y connais plus rien…

      En tous cas, merci pour les encouragements !

  6. Zéphine, je te réponds ici, plus moyen de faire un reply à plusieurs reply !

    Je pense que pour faire une thèse, cela dépend des facultés. En histoire, il fallait absolument faire partie des meilleurs pour obtenir une bourse. Et les places étaient chères…

  7. Je vais répondre sur le point qui m’est le plus familier (je crois d’ailleurs l’avoir déjà écrit en son temps, quand j’ai découvert votre blogue – en lisant le compte rendu de la visite de l’expo des robes de Marie-José de Belgique) – je la trouve très bien. Toujours élégante, et il y avait des rubriques que j’aimais beaucoup (comme un récit de vie année par année). Et puis, l’écriture, le style évoluent avec le temps. Vous avez plein d’atouts, un métier, apparemment, des loisirs passionnants et créatifs, un jardin… Des voyages… Profitez, profitez à fond, mais je le sais aussi, on ne peut s’empêcher, souvent, de manquer de confiance en soi… Peut-être faut-il s’accepter comme on est (en se disant qu’on n’est pas au top comme on le voudrait…) – et puis passer à autre chose, pour ne pas tomber dans l’auto-dévalorisation…

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