Cambodia in december

La vie est parfois bizarre, pleine de tournants imprévus. Je ne m’avouais pas encore tout à fait vaincue mais je pensais que je ne partirais pas en vacances cette année, bien contre mon gré. Et puis à Thessalonique, j’ai revu Katrien et au cours d’un repas, l’idée est née de partir ensemble. Avant de rentrer en Belgique, nous en avons reparlé mais je n’y croyais pas vraiment. Je n’avais pas envie de partir sans mon amoureux et j’avais un peu peur de partir avec quelqu’un que je ne connais que très peu. Quand je suis rentrée, j’en ai parlé à diane qui m’a de suite poussée à saisir l’occasion, en me disant d’en profiter. J’ai encore réfléchi, sentant l’envie monter, monter… à tel point que même quand la décision n’était pas encore prise, je savais déjà que je partirais. Mais comme j’ai l’habitude de me mettre des obstacles à tout, il m’a fallu encore un peu de temps pour les détruire tous. Katrien et moi avons été manger ensemble pour nous mettre d’accord sur ce que nous voulions, et cela correspond en grande partie. La dernière embûche était la crainte de décevoir mon père parce que je ne serais pas rentrée pour fêter Noël (enfin, techniquement, oui, mais en plein décalage horaire). Son enthousiasme inattendu a fini par me convaincre. J’ai acheté deux tickets d’avion pour Phnom Penh ce matin.

Short diary of the week (IV)

Lundi: se réveiller tôt, mal de gorge, se rendormir, mal au pied qui est tout gonflé, dilemme, projet ?, c’est encore l’été, ranger la valise, faire des lessives, passer du temps sur internet, passer la journée et la soirée seule, couture de pinces, fatigue, finalement ne pas passer la soirée seule, curry indien, rêver que diane me pousse hors du lit pendant que je dors

Mardi: dormir 12 heures, pas encore tout à fait en forme, mal de gorge, traîner sur internet, cours de couture, bien avancer dans la jupe, visualiser comment la terminer (ou presque), réfléchir au projet suivant, chaleur, dentiste, plombage cassé et non la dent, Cambodge ou pas Cambodge, saucisse et poêlée de champignons, être plus intéressée par la keynote que diane, rêver du mini iPad, avoir trop chaud et quasi pas de place dans le lit

Mercredi: mal dormi, mal de tête, raconter le voyage aux collègues, ne pas avoir envie de reprendre le travail, se dire qu’une pause ça fait du bien, mal de tête, aspirine, mal de tête, aspirine, ne pas avancer dans le travail, se poser des questions et poser des questions, fatigue, rhume – sors de ce corps !, où est l’exorciste ?, dormir tôt

Jeudi: nez bouché, fatigue, s’ennuyer un peu avec Alexia, mais elle porte de jolies robes, réunion, ne pas avancer dans le travail, radoucir un mail trop direct, froid, aspirine, jolie voix finlandaise (Suvi Oskala), mais que s’est-il passé avec le reste de la journée ?

Vendredi: malade, hésiter à aller travailler, y aller quand même, les oiseaux gazouillent dans le bambou, être ailleurs, toujours se poser des questions, oui ?, non ?, il n’y a personne ici, 7° seulement, être comme dans une boule de coton, froid, chaud, avoir de la fièvre ?, se traîner, rêver de nouveaux tissus alors que cinq sont encore en attente, se dire que se serait bien de les attribuer à un projet défini, documentaire sur le Cambodge

Samedi: dormir longtemps, mais pas assez, toujours malade, toujours un peu ailleurs, pas d’appétit, délicieux grog thym-jus de citron-sucre-rhum, entretien d’automne au jardin, couper les plantes mortes, ramasser les feuilles, les mettre sur les plantes fragiles, déterrer les cannas, les bananiers, rentrer les citronniers, c’est la jungle à l’intérieur, sentir l’agressivité monter pour cause de fatigue, faire la sieste, ne pas réussir à dormir pour cause de froid, me dire que je fais de la fièvre inversée quand je suis malade, ma moyenne cette semaine doit tourner autour des 36,4°, quasi s’endormir devant deux épisodes de TBBT

Dimanche: se réveiller tôt, encore plus tôt en fait vu le changement d’heure, le jardin est tout blanc, tousser – beaucoup mais se sentir beaucoup mieux quand même, trainailler en pyjama, plier le linge, fichu potimarron – et pauvre doigt, où je me rends compte qu’un ongle, c’est bien utile pour arrêter la course du couteau, sparadrap qui s’emmêle, soupe de potimarron, jupe qui prend forme, gaufre à la crème fraîche, jouer, gin tonic, canard sauvage au porto, s’endormir

Impressions of Thessaloniki

J’ai passé quelques jours à Thessalonique pour une foire professionnelle. Ce n’est jamais évident de se partager entre travail et tourisme et je n’ai jamais beaucoup de temps pour visiter la ville. En général, j’essaie de me promener en matinée, de découvrir divers quartiers. Mon hôtel (Tobacco Hotel – le genre d’endroit très beige et plein de marbre pour hommes d’affaires, sans aucun intérêt ni prise de risque – je n’avais pas choisi moi-même) était situé d’un côté de la ville, un peu en hauteur. Ma promenade matinale jusqu’à la foire qui était de l’autre côté me permettait d’emprunter divers chemins prenant entre une demi-heure et une heure à pied. Je n’étais pas vraiment dans l’esprit « tourisme » et je n’ai donc pas toujours cherché à reconnaître ou m’informer sur les monuments rencontrés. De même, je n’ai pris quasi aucune photo de la ville.

Thessalonique est une ville typique du sud, un peu délabrée, avec une circulation abominable, des bus éjectant des fumées bleues, des voitures garées en triple file, aucun respect pour le piéton ni pour l’écologie (un Napolitain rencontré par hasard m’a confirmé que sa ville y ressemblait fortement). Le front de mer pourrait être une promenade agréable s’il n’y avait pas un flot continu de voitures et les rues principales sont un genre d’autoroute de 4 à 6 bandes, encore plus défigurées par des trous béants du métro en construction.

Un portrait pas très rose me direz-vous. Et pourtant, il y a de nombreux choses agréables. Pour commencer, la température: passer cinq jours en sandales avec une température moyenne de 25° fin octobre, c’est l’idéal. (Il paraît cependant que c’était une année exceptionnelle et que normalement, il pleut à cette période). Les grands axes sont reliés par de nombreuses petites rues bordées d’arbres (et parfois bloquées par des voitures garées) et certaines places ou allées sont piétonnes, donnant cette atmosphère très méditerranéenne. Entre les constructions plus ou moins modernes (la ville a été détruite en 1917 par un incendie) apparaissent des ruines romaines (le forum, les catacombes) et de l’époque byzantine. De nombreuses églises orthodoxes ponctuent également le paysage. Le marché est paraît-il très intéressant mais j’ai réussi à le louper deux fois, passant à côté sans m’en rendre compte. Quand j’ai voulu y aller spécialement une troisième fois, un concert impromptu m’a arrêtée au début de ma route. Partout, il y a des terrasses et les températures clémentes poussent la population à vivre dehors. Et même sans m’informer sur les restaurants, j’ai toujours bien mangé. La cuisine grecque est relativement variée (quoique grasse) et permet de changer de menu tous les jours (en quatre jours, évidemment, je n’ai pas eu le temps de me lasser). J’aime aussi cette odeur de barbecue constante qui envahit la ville.

Je retournerais bien un jour pour visiter plus à mon aise. Malheureusement, il n’y a pas de vols directs de Bruxelles (sauf Ryanair que je boycotte, et peut-être des charters en été – c’est à vérifier) et le voyage prend donc facilement la journée.

4 years

Le grand événement de l’année 1975 est le début des 15 ans de scolarité obligatoire. Le jour de la rentrée, ne sachant pas encore qu’elle serait coincée pour les années à venir, la petite fille était toute excitée. Elle tournait sur elle-même dans le hall d’entrée et ce qui devait arriver arriva: elle tomba sur un meuble et s’ouvrit la lèvre. La cicatrice, quoique quasi invisible, est toujours là. Pour la consoler, elle reçut un grand ours en peluche, Oscar.

Le midi, sa gardienne Mimi venait la chercher à pied et elles mangeaient ensemble. A 16h, c’est toujours elle qui venait la chercher, sauf si ses parents étaient libres plus tôt. Sa maman ne travaillait pas tout près, elle prenait le tout nouveau ring tous les jours pour aller au Heysel. Son papa par contre n’était qu’à 10 minutes en voiture.

En ce mois de septembre, elle reprit une habitude prise l’année précédente: elle demanda à son père des voyages dans le panier à pommes.

L’année fut calme, si on exclut quelques moments où la petite fille montra son caractère. Un jour, à l’école, dans la classe de Madame Monique, elle s’ennuyait, n’arrivait pas à se décider pour une activité et quand l’institutrice lui en imposa une, elle fit une sacrée crise. Madame Monique dut l’attacher à sa chaise pour la calmer, ce qui fut très mal pris par la maman, surtout quand elle retrouva des touffes de cheveux arrachés par la même occasion.

Sur la photo, prise en juillet 1976, on voit en arrière-plan les sapins de Noël plantés. Ils deviendront immenses… On y voit aussi que la petite fille porte des sandales Teko (achetées chez Dujardin bien sûr), une constante pour les 5 années à venir.

About statistics

Chers lecteurs et lectrices, je suis inquiète. Depuis trois mois maintenant, les statistiques de ce blog sont en chute constante. Je sais que mes lecteurs fidèles sont toujours là, mais est-ce que je vous intéresse encore ? Et pourquoi est-ce que je n’arrive plus à attirer de nouveaux lecteurs ? Mes sujets sont-ils trop disparates ? Faut-il organiser des concours ? Dois-je m’inscrire sur Hellocoton ou autres sites du genre ? Je ne compte pas arrêter d’écrire mais le propre du blog est aussi de partager des expériences, de discuter avec d’autres personnes et j’ai de plus en plus l’impression de parler dans le vide…

Short diary of the week (III)

Lundi: début d’une longue semaine, mais variée, je supporte de moins en moins le small talk des autres, surtout de ceux qui ont la voix forte, journée entre deux, sans but défini, faire des listes, ne rien oublier, mais que font tous ces oiseaux qui gazouillent dans le bambou ?, un petit pincement au coeur à l’idée de passer deux soirées seule puis de partir pour le reste de la semaine, ne pas oublier la crème solaire (et le maillot ?), maux de ventre, sommeil agité

Mardi: grasse matinée, valise, couture, shopping: veste-peignoir rouge en tissu de peluche, craquage sur une ombre à paupières MAC – Showgirl, valise suite, ne rien oublier, oh – Sybil, des zombies, nuit trop courte

Mercredi: réveil trop matinal, pluie, attendre, le temps s’emmêle, se raccourcit dans ma tête, course entre deux avions à Francfort, ne pas trouver le vol sur le tableau d’affichage, se rendre compte, hors d’haleine, que j’ai encore vingt minutes devant moi, avion en retard, pâtes immangeables, assise à côté d’un Grec qui fait son signe de croix au décollage et à l’atterrissage, Thessalonique, l’été à nouveau, taxi partagé avec une Irlandaise, hôtel Tobacco, quatre étoiles mais plus moche que le trois étoiles de l’année passée, bus aux sièges en bois comme à l’école, un Napolitain et un Russo-Américain, revoir tout le monde, Tour Blanche, terrasse, vin blanc, ballade sur le front de mer, trop de voitures, terrasse jusque minuit

Jeudi: promenade, circulation chaotique, parking en triple file, pollution, nuage bleu de fumée, pas de taxis, grève, manifestations, pétasse en bottes de caoutchouc et veste en peluche par 25°, concert passionnant puis ennuyeux, concert avec trop de percussions expérimentales, rencontres, pisco sour, drink, se perdre pour manger, trouver un resto bien caché, terrasse, duo piano guitare un peu facile, soupe jazz, let’s dance the cumbia, pop new wave sans intérêt, mal aux pieds, mal aux jambes, pas de taxi ni de bus, trente minutes à pied, en montant, code internet expiré, pas envie de redescendre

Vendredi: promenade via divers monuments, rater le marché, rue commerçante, Marks&Spencer, mal aux pieds, mal aux jambes, oud et percussions, la guitare en Guinée Conakry, rencontre informelle entre joik lapon et Sibérie, musique du Pérou – ou juste du commerce, bateau ou pas bateau ?, trop de monde, dîner en duo, fanfare funk bhangra, diva afro-péruvienne, trop de percussions, ennui, folklore, Bédouins, guitares

Samedi: fatigue, mollets raides, promenade par le haut de la ville, sans intérêt, églises, monuments romains, Touva filmé en qualité iPhone, danses polonaises, chant azéri, qawwali improvisé dans l’herbe, profiter du soleil, démontage sauvage de stand, énorme tas de papier, récupérer le cubi de vin, terrasse, promener le cubi aux concerts, énergie africaine, polyphonies ukrainiennes modernes, polyphonies albanaises traditionnelles, vider le cubi, discuter d’un projet futur

Dimanche: réveillée trop tôt, attendre, réveiller le compagnon de voyage qui a mélangé les heures belges et grecques, stresser un peu, arriver à temps, avion, les hôtesses de Aegean ont toutes une tresse haute et des cils englués de paquets de mascara, Athènes, se retrouver parquée dans le gate, rire des expériences tokyoïtes d’une collègue, avion, 20° à Bruxelles, pied qui a doublé de volume à cause des piqûres de moustique, gin tonic, parler – beaucoup, s’endormir dans le fauteuil

Children of Cambodia’s Killing Fields

Children of Cambodia’s Killing Fields. Memoirs by survivors: cette trentaine de courts récits a été compilée par Dith Pran, le journaliste dont le portrait a été réalisé dans le film The Killing Fields. Son but était qu’on n’oublie pas le génocide cambodgien par les Khmers Rouges mais aussi de donner une voix aux survivants, de leur permettre de parler de l’innommable. L’ensemble est un peu répétitif dans l’horreur et j’aurais préféré des récits plus longs mais l’essentiel est dit. Et c’est cela qui compte.

First they killed my father

Loung Ung, First they killed my father. A daughter of Cambodia remembers: le Cambodge ne me lâche pas. Ce livre était dans ma PAL depuis mon voyage mais je n’avais jamais eu le courage de le lire. Il raconte l’histoire de Loung, petite fille de 5 ans quand les Khmers Rouges envahissent Phnom Penh en 1975 et la dure vie sous leur joug. Elle parle au présent, d’un point de vue d’enfant, des privations et de la peur, de la maladie et des meurtres. Le récit, poignant, s’arrête en 1980, avec son départ pour les États-Unis. Difficile à lire à cause de ce qu’il raconte, c’est aussi au livre qui parle de courage, d’amour et d’espoir. Si je n’essayais pas de limiter un peu mes achats, j’aurais déjà commandé les suites, celle où Loung raconte sa vie en Amérique et celle où elle revoit enfin sa sœur. J’ai cependant continué sur le même thème avec ma lecture suivante, qui se trouvait encore dans ma PAL depuis la même époque.

Short diary of the week (II)

Lundi: subir les conséquences des larmes, insomnie, maux de tête, fin d’un long travail, obsession du moment: avoir une taille plus fine, abdos en regardant un épisode de Vampire Diaries, discussion avec diane sur les soucis du moment

Mardi: le roman tire un peu en longueur, drink, mangé trop vite, défaire un bouton de la jupe, finir la pochette avec une magnifique (presque) boutonnière, conversation autour de beaux livres de vêtements historiques, les odeurs de feu ouvert ont remplacé celles des barbecues, l’histoire de Bates et Anna tire en longueur, celle d’Ethel ne m’intéresse pas, d’ailleurs diane s’est endormi

Mercredi: éviter la conversation avec un collègue précis, pas envie de lui dire comment je vais, fermer dorénavant ma porte le matin pour l’éviter, écouter Nick Cave parler Khmer, envie de repartir au Cambodge, 825 euros le ticket d’avion, journée qui semble longue, râler parce que toutes les activités intéressantes se passent la semaine prochaine pendant mon absence, repas complètement raté pour cause de mauvaise huile, enfin le bisou dans Hell on wheels

Jeudi: faut-il écrire uniquement quand on se sent bien ?, réunionite aigüe, vivement le soir avec câlins feel good, angoisses qui montent: je n’aime pas partir seule, tenter de diriger un peu la réunion, recevoir des remarques quand on signale qu’il est l’heure d’arrêter, ne plus avoir envie de rien et avoir mal de tête, dispute, vider son sac et devenir sereine à nouveau, soirée toute douce

Vendredi: un documentaire sur le cinéma khmer, la journée « après », maki et sashimi maison, sourire avec TBBT

Samedi: trouver le moment sans pluie pour aller acheter des enveloppes, prendre un livre et le remettre en place, prendre un autre livre, un Joyce Carol Oates, pour un futur challenge, et le remettre en place, faire les courses, attendre le paternel qui « allait faire vite », se faire mouiller, profiter du cocon chaud de la maison, se perdre dans le jeu, finir la partie, épisode 2 de The Bletchley Circle, définitivement une bonne série

Dimanche: rêves bizarres, filmés et montés comme au cinéma, écrire des articles sur les livres lus sans réussir à rattraper le retard, faire la feignasse pour faire ce qui devait être fait en ce jour, tenter un « brouillon » de jupe et se rendre qu’une taille haute ce n’est pas pour moi, gibier – mmmmmmh, 3,50 euros pour juste la partie du Lonely Planet Grèce qui m’intéressait – direct en PDF sur mon reader, reconnaître Fleur de Guerre comme Julie Oakwood, même si ce n’est pas confirmé, profiter de la dernière soiré en couple avant une semaine (c’est long !)

Le « short diary » devient long. Je me demande si ça vous intéresse, en fait…

Alone in a restaurant

Je pars pour quelques jours en voyage, pour le travail et je sais que j’aurai le choix entre manger avec plein de gens, ce que je n’aime pas parce que ça traîne toujours ou manger seule. Mais je n’aime pas trop ça parce que je me sens toujours un peu mal à l’aise. Avez-vous des conseils, des tactiques ? Et je n’ai pas de smartphone pour m’occuper…