Le sillage de l’oubli

Bruce Machart, Le sillage de l’oubli: une histoire, trois temps: 1895, 1910, 1924. Trois temps dans la vie de Karel, éleveur/paysan du Texas profond. Sa vie est rude, tout comme le sont les relations avec son père, qui a tout d’une brute insensible. Ce dernier lui a toujours reproché le décès de sa femme bien aimée lors de sa naissance. Ses quatre fils ne sont que main-d’oeuvre malléable à souhait et il n’hésite pas à parier ses terres lors de courses de chevaux.  Bruce Machart a souvent été comparé à William Faulkner (que je n’ai jamais lu) et à Cormac McCarthy, ce qui m’a attiré vers ce roman. L’écriture est dense, poétique mais précise, toujours juste et traduit parfaitement bien les obsessions des personnages. Le sillage de l’oubli est un roman que je n’oublierai pas de sitôt et les nombreux éloges sont mérités. Lisez-le !

Deep sleep

J’ai une nouvelle forme d’insomnie depuis quelques mois: je n’arrive plus à m’endormir profondément, je me retourne toute la nuit dans un demi-sommeil et donc le matin, je suis crevée. Cela commence en général la nuit du dimanche au lundi et ne s’arrête qu’en fin de semaine, la nuit du vendredi au samedi. A ce point, je suis une loque, je me suis traînée toute la semaine, je n’ai plus envie de rien et je déprime. Ce week-end, j’ai dû annuler toutes les activités qui m’auraient fait plaisir: passer au Dr. Sketchy’s vendredi, dire bonjour à La Princesse et chiner à la foire vintage de la Tentation et aller à l’anniversaire d’un ami (ce qui aurait encore pu se faire si ça avait été plus proche de la maison et n’impliquait pas un long trajet en voiture). Je me suis disputée et réconciliée plusieurs fois avec diane, j’ai douté de notre relation et je ne me suis sentie mieux que dimanche après une bonne nuit de sommeil. Quand Armalite a parlé de son stage de méditation, j’ai regretté n’avoir même pas envisagé d’y aller alors que j’avais reçu la newsletter me le rappelant la semaine passée. Je dois prendre les choses en main mais je ne sais pas par quel bout. J’ai peur de retourner chez ma psy et de ce qui risque d’en résulter. J’ai peur de retourner chez Coyote parce que je n’ai rien fait de ce qu’il m’avait conseillé il y a trois mois. Est-ce le travail ou ma vie intime qui pose problème ? Un peu des deux sans doute. Ou est-ce mon cycle hormonal qui se venge sur moi ? Cette nuit-ci, j’ai à nouveau mal dormi. Résultat: fatigue, maux de tête et courbatures. Priez pour moi pour que je dorme convenablement cette nuit !

On the road

France 5 a diffusé pendant toute l’année la série des « Carnets de route » de François Busnel. J’en ai vu un au moment de sa diffusion, ne me rendant pas compte qu’il s’agissait d’une série. Heureusement, Taltan a eu la bonne idée de les enregistrer et les mettre sur youtube. Et c’est une série incontournable pour les amateurs de littérature américaines mais aussi pour les amoureux des Etats-Unis. François Busnel traverse le pays de long en large, rencontrant les auteurs qui marqué les dernières décennies. Très souvent, il est invité chez eux, dans leur jardin, leur maison et la discussion est enjouée, comme lors d’une rencontre entre amis. Les questions n’en sont pas moins intéressantes, elles touchent à la manière d’écrire ou au rapport à l’histoire des Etats-Unis (la question indienne est prédominante dans les derniers épisodes). J’ai eu le plaisir de mettre enfin un visage sur Laura Kassischke, Joyce Carol Oates, Jim Harrison (mon dieu, qu’il fait vieux pour ses 75 ans !), James Lee Burke (mon dieu, qu’il fait jeune pour ses 75 ans !), Anne Rice et surtout James Ellroy auquel un épisode entier, hypnotique par moments, est consacré, comme point d’orgue à la série. L’ombre des grands auteurs comme Faulkner ou Kerouac plane à chaque moment et les paysages nous transportent dans une Amérique rêvée, ou pas. Je n’ai pas noté les titres des romans qui me tentaient, heureusement quelque part pour ma PAL, qui aurait explosé ! A voir absolument !

Voici le premier épisode, consacré à Paul Auster:

Chérie, tu me donnes ton numéro ?

American Girl in Italy de Ruth Orkin, Florence – 1951

« – Pssssssst, pssssssst »

« – Chérie, tu me donnes ton numéro ? »

« – Tu suces ? »

« – Sale pute ! »

Toutes des remarques que chaque femme entend régulièrement quand elle se promène en rue, juste parce qu’elle est une femme. Depuis peu, Hollaback ! Brussels répertorie sur son blog des témoignages de femmes qui se sont fait siffler, insulter, attoucher en rue pour montrer que ça arrive à tout le monde, mais surtout pour montrer que ce n’est pas normal, que nous ne devons pas accepter ça. Hollaback est un mouvement international et il existe déjà des pages pour de nombreuses villes du monde. Féministe oui, mais surtout pour le respect de toute personne, peu importe son sexe, sa religion ou sa race.

Le site ne poste pas que les mésaventures (beaucoup sont en néerlandais suite à un reportage sur la VRT, mais il y en a en français et anglais) mais donne aussi des conseils sur la meilleure manière de se défendre. J’aime beaucoup le questionnaire sur les motivations de l’emmerdeur, mais je ne suis pas sûre que j’oserais le donner.

trouvé sur le site de Hollaback, via the riot mag (et il existe une traduction en français)

Moi-même je me surprends souvent à marcher en regardant mes pieds (et ce n’est pas que à cause des trottoirs plein de trous), ou en évitant le regard des autres passants. Je mets encore des jupes ou des robes contrairement à d’autres filles mais les premiers jours chauds sont toujours pénibles. Je vois en gros trois catégories d’emmerdeurs: les jeunes alpha-mâles en groupe (souvent d’origine nord-africaine), les ouvriers (toutes nationalités confondues) et des hommes seuls, plus âgés souvent et certainement très frustrés.

Quelques histoires qui me sont arrivées, heureusement rien de très grave mais assez significatives quand même:

– Je devais avoir 12 ans, voire moins. J’étais à Cologne avec mes parents et nous nous promenions au marché de Noël, rempli de monde évidemment. A un moment, je sens une main sur mes fesses, une main qui reste. J’étais très mal à l’aise mais je n’ai rien osé dire à ma mère, j’ai juste dit que j’en avait marre et que je voulais partir au plus vite. J’étais honteuse…

– L’été, rue Neuve, je devais avoir 14 ans et j’étais avec ma meilleure amie. Un mec commence à nous faire des remarques du genre: « vous êtes mignonnes » « on va boire un verre ? ». La mère de mon amie qui nous suivait lui a répondu « à moi, on ne demande jamais ça ». Le mec est parti la queue entre les jambes…

– Plus récent: je sors du travail avec deux collègues masculins, c’est l’été et je porte une robe. Un mec passe et soulève ma robe devant tout le monde. Le temps que je réagisse, abasourdie, il était déjà parti.

– Dans le métro, un homme me demande le chemin. Je ne me méfie pas et lui réponds gentiment. Pour lui, c’était le prétexte pour faire la conversation, me demander mon n° de téléphone, me dire des bêtises du genre: « ah tu portes des lunettes, tu es secrétaire alors ». Quand j’ai arrêté de répondre, il a commencé à râler et me traiter de tous les noms.

– Station Rogier, je descends l’escalator et sent tout d’un coup un crachat sur moi. Je lève la tête et voit le mec. Je comprends que mon t-shirt rose l’a excité et mais que je n’ai pas répondu à ses avances. D’où la punition. J’étais tellement choquée que j’ai accosté le premier flic en bas qui m’a calmée et a de suite envoyé son collègue discuter avec le type.

– Toujours dans le centre ville, je marche tranquillement. Mes chaussures de filles font du bruit. Un mec me harangue et m’engueule de loin, me disant de faire moins de bruit. Je lui dit que je fais ce que je veux et que ce n’est pas à lui de me faire des remarques. Résultat « sale pute, etc. »

– Il fait noir, 22h environ, je rentre chez moi par le plus court chemin et je prends donc une petite rue parallèle à l’avenue Louise. Un homme m’interpelle et fait signe de se masturber. Je ne suis jamais rentrée aussi vite à la maison.

– Saint-Gilles, premier beau jour de l’été. Je sors de chez moi pour acheter un truc à l’épicerie d’à côté. Je porte une jupe et oh malheur, une débardeur à fines bretelles. J’ai bien cru que tous les mâles alpha du quartier allaient me sauter dessus. Plus tard, quand je suis ressortie, j’ai mis un gilet et j’ai eu trop chaud.

– Il y a quelques semaines, lors de la soirée Follie Follies. Jolie robe sexy mais avec imperméable noir dessus, fleurs dans les cheveux, rouge à lèvres mais heureusement accompagnée. Au retour, en attendant le métro Porte de Namur, il y a un drôle de type sur le quai. Je ne le regarde pas. diane m’a raconté après qu’à chaque fois qu’il est passé près de nous, il a fait des clins d’œil salaces à diane.

Je ne veux pas me laisser intimider mais certains mâles sont vraiment pénibles, n’ont vraiment aucun respect et prennent toutes les femmes pour un objet sexuel (sauf leur mère évidemment). Une question d’éducation ? Oui, sans doute. En tous cas, je n’irai jamais jusqu’à m’habiller en sacs à patates à cause de ça. C’est un sujet qui me tient à cœur et donc je soutiens des actions comme Hollaback !

Et vous ? Avez-vous des mésaventures du genre à raconter ? Et les hommes qui me lisent, qu’en pensent-ils ? Êtes-vous conscients de ce problème ?

Le maître du Haut-Château

Philip K. Dick, Le maître du Haut-Château: je n’avais j’amais lu de Philip K. Dick et ce livre traînait sur ma PAL depuis des lustres. Quand Ingannmic m’a proposé une lecture commune, j’ai donc tout de suite accepté. Je l’avais acheté à l’époque lors de mon intérêt naissant pour les uchronies. Le roman se situe en effet dans une réalité alternative: les Alliés ont perdu la seconde guerre mondiale et les Allemands et Japonais, vainqueurs, se sont partagés les Etats-Unis, dans lesquels existe encore une zone libre. Nous sommes dans les années 50 et suivons quelques personnages à San Francisco: un commercial suédois et le Japonais qui l’accueille, un antiquaire, un ouvrier et sa femme, dont il est séparé. Deux livres interviennent constamment dans le récit: le Yi King qui sert d’oracle et un roman qui raconte comment serait le monde si les Alliés avaient gagné. C’est ce livre qui sème le trouble dans le récit, trouble auprès des personnages qui le lisent mais aussi auprès de moi, lectrice. Les dernières pages tout particulièrement sont confuses et ma première réaction a été d’aller lire des critiques sur le net, qui ne font que confirmer ma confusion ! Pour le reste, c’est un roman agréable à lire, pas compliqué pour un sou mais dont la psychologie des personnage reste assez superficielle.

Où je travaille à réduire la rondeur de mes fesses

Fin mars, je vous disais que je haïssais le sport mais que ma condition physique était désastreuse. J’ai donc pris les choses en main mais à petite dose. Pas de plan fitness carabiné pour moi, j’abandonnerais après quelques jours ! Je me suis acheté un vélo d’appartement qui est encombrant mais pratique pour faire du sport à la maison, en pyjama, quand il pleut… J’ai du mal à me motiver à en faire plusieurs fois par semaine mais le w-e, je pédale toujours ma demi-heure à un bon rythme en lisant un bouquin. Et s’il y a un jour férié, j’en profite pour faire une deuxième séance. Je n’ai pas encore débarrassé la table à côté pour y poser mon ordi, ce qui me permettrait de regarder des séries ou des films. Parce que parfois le temps est long, même avec un livre. En tous cas, une fois que j’ai terminé ma séance, je me sens bien, je sens que tout mon corps a bougé et que tout a circulé. Mon endurance s’améliore et je suis déjà moins vite essoufflée. Pour le moment, j’ai toujours utilisé le même programme spécial brûleur de calories mais il y en a encore plein d’autres à tester. Le vrai test sera la ballade à vélo mais j’attends le soleil (hmm).

Parallèlement, je tente de faire un peu plus attention à ce que je mange et surtout à arrêter de manger dès que je n’ai plus faim. Ce qui est très très compliqué pour moi ! J’ai été éduquée par des parents qui ont vécu la guerre et qui avaient comme devise « finis ton assiette ». Et ils avaient une peur bleue que je ne devienne anorexique.

Et au niveau poids, ça donne quoi ? J’étais en bonne voie, et puis l’arrêt de la pilule a mis son grain de sel. Rétention d’eau etc. ont fait que j’ai grossi, même au-delà du poids que je m’étais promis de ne jamais atteindre ! Mais entretemps, je maîtrise à nouveau. Je ne veux pas une perte de poids rapide mais quelque chose de constant, jusqu’à un poids bien défini. Et le tout sans vraiment me priver mais en bougeant plus et en mangeant (un peu) moins.

Wines and palm trees

J’ai déjà raconté ma soirée de vendredi passé, je me dépêche vite de raconter le reste du week-end avant de commencer le suivant. Samedi, j’avais envie d’une virée shopping en ville, et diane m’a accompagnée. Je cherchais un bikini vu chez H&M mais celui de la chaussée d’Ixelles ne l’avait pas (il y en avait rue Neuve, mais il était moche, finalement). A la Fnac, je me rends compte que j’ai oublié mon carnet avec mes desiderata en lecture, je ne retrouve pas les livres que je cherche uniquement par la couverture mais j’ai plus de chance chez Libris ! (et encore plus ce mercredi chez Tropismes). Et j’ai l’impression que tout ce que j’écris est si passionnant que je vais le barrer et recommencer à zéro !

De temps en temps, notre caviste préféré, Mig’s World Wines, situé au début de la Chaussée de Charleroi, invite ses fournisseurs principaux et propose une grande journée de dégustation. C’était donc le cas samedi, dans le cadre du w-e spécial vin de Brusselicious. diane et moi sommes friands de ces dégustations parce que c’est toujours l’occasion de faire des découvertes. Nous nous sommes donc dirigés essentiellement vers les stands qui proposaient des vins que nous ne connaissions pas. Bref, de belles découvertes au Brésil, au Portugal (avec des vins « madeleine de Proust » pour diane) et surtout en Roumanie. L’importateur y proposait des vins de cépages locaux et un genre de Porto, tous délicieux. Nous avons de suite acheté le vin blanc pour le soir même et notre prochaine commande chez Mig’s sera inspirée des vins goûtés ce jour-là.

Dimanche, météo misérable. Pluie et bruine persistante. Mais ma liste de courses en plantes pour le jardin s’allongeait et une virée chez Groendekor s’imposait. Résultat des courses: un nouveau palmier, plus grand que les précédents, en espérant qu’il ne gèle pas mais aussi des framboisiers, des angéliques, des plantes couvre-sol et un kiwai femelle (mini-kiwi) pour lequel il faut que je trouve un mâle (j’espère qu’il y en aura aux pépinières de Boitsfort tout à l’heure).

Une fois rentrée, je suis retournée à des activités hivernales: casser de la goule vorace et manger une gaufre à la crème fraîche.

La répétition

Eleanor Catton, La répétition: les lectures communes sont parfois bien utiles ! Sans cet encouragement mais aussi sans les commentaires sur différents blogs, j’aurais abandonné ce livre après 50 pages. J’ai donc persévéré, dépassé le cap des 100 pages annoncées comme un passage à franchir et finalement terminé ce livre. La quatrième de couverture parle d’un roman sur l’adolescence : dans un lycée de jeunes filles, le scandale éclate: un professeur avait une relation avec une élève, Victoria. Mais que s’est-il passé vraiment ? Victoria n’était-elle pas consentante ? Eleanor Catton construit et déconstruit son récit à partir de cet événement de base, l’entremêlant à une autre histoire, celle de Stanley, un étudiant en théâtre. A priori, une histoire qui avait tout pour me plaire. Mais le style utilisé m’a dérangée: trop théâtral, transformant souvent la narration en scénario, introduisant par moments de longues tirades sur les techniques dramatiques, notamment celles d’Antonin Artaud et le théâtre de la cruauté. Et on ne sait jamais si la situation est réelle ou rejouée, même les dernières pages laissent perplexe. Une grosse déception…

Un avis très positif pour contrebalancer le mien, celui de Miss Léo sur Me, Darcy and I et l’avis d’Yspaddaden avec qui j’ai lu ce livre.

Art deco, a little bit of burlesque and some songs

Vendredi, j’ai mis une jolie robe tiki, mes chaussures rouges et des fleurs dans les cheveux; diane a choisi sa chemise blanche cowboy vintage et nous sommes partis pour l’Hotel Le Berger, cet ancien hôtel de passe complètement rénové depuis peu. Nous n’avons pas profité des chambres mais bien d’un repas (que j’avais gagné) et d’une soirée Follie Follies avec chansons rétro et burlesque.

Le restaurant, tout comme l’hôtel, a gardé son look art déco, avec de nombreux objets que j’aurais emporté de suite (La Princesse, si tu me lis, tu seras aussi tentée que moi !). Des céramiques d’oiseaux ou autres bestioles, des dessins de femmes dénudées, des luminaires en forme de palmiers en laiton (je veux), une chaise en rotin pas très art déco mais plutôt « Emmanuelle », et j’en passe.

Une coupe de bulles, une entrée de tartare de bœuf au wasabi, du poisson sauce citron ou un navarin de veau en plat et une assiette de fraises pour terminer, bref, une cuisine qui ne se pose pas trop de questions mais tout à fait goûtue ! Le dimanche, il y a un brunch dont j’ai lu de bons échos. C’est donc une adresse à retenir pour les ballades du côté de la Porte de Namur.

Mais revenons aux paillettes ! Miss Dee était l’hôtesse de la soirée. Revêtue d’une fabuleuse (et sexy) robe grise à volants en tulle noire, elle a interprété de nombreux classiques du jazz et du blues. Sa voix nous a transportés, tantôt émouvante, tantôt pleine de gouaille. Une demoiselle que je reverrai avec plaisir !

Fidèle au cadre, Sayuri nous a fait sa bunny girl dans un premier numéro pour ensuite nous emmener en Orient, en avant-goût de la prochaine soirée Dr. Sketchy’s sur le thème des geishas…