I love you too much

Armalite écrivait cette semaine un article intitulé “je ne t’aime plus“, article qui m’a beaucoup touchée, à tel point que je ne voulais pas faire de commentaire. Je voulais écrire mon propre billet que j’ai nommé “je t’aime trop”. Je t’aime trop mais ça me déchire le cœur en lambeaux. Depuis trop longtemps… et je ne sais plus quoi penser, que faire. Les bons moments me rassurent, les mauvais me font douter. Or les mauvais sont trop souvent là.

Retour en arrière.

Octobre 2010, le w-e avant de partir au Womex, je ne t’ai pas vu. Tu as dormi tout le temps, ou presque. J’ai à peine réussi à te réveiller pour manger. Cela fait quelques mois que tu t’endors comme ça sans crier gare, comme si tu souffrais de narcolepsie. La première fois, je pense, c’était pendant l’été 2009, j’ai mangé le barbecue toute seule… tu avais tout préparé mais tu t’étais endormi dans ton assiette dès la première bouchée.

Décembre 2010, soirée burlesque. Cela fait toute la semaine que tu dors dès que tu rentres. Je ne veux pas rater la soirée, je sais que j’y retrouverai des amis. J’affronte la neige, qui tombera dru toute la soirée. Le retour est assez irréel, les voitures ne roulent plus, je suis la première à marcher dans 15cm de neige. A Noël, heureusement, tu restes éveillé pour la soirée avec mon papa. Je suis sur les nerfs à cause de la neige et des taxis qui ne roulent pas ou presque. Au Nouvel An, nous mangeons ensemble mais je vois bien vite que tu ne tiendras pas la soirée. Et en effet, à 21h30, tu dors, sans que je n’arrive à te réveiller. J’ai pleuré toute la nuit, cela a été mon pire réveillon. J’entendais les feux d’artifice et m’imaginais les gens qui s’amusaient. Nous ne dormions déjà plus ensemble, ton sommeil était trop agité. Tu souffrais en effet de nombreuses apnées du sommeil et il fallait t’opérer.

Janvier 2011, un matin, tu te lèves sans avoir dormi de la nuit. Tu trembles de partout, tu as des nausées, tu es incapable d’aller travailler. Le médecin te déclare dépressif et en burn out. Il te prescrit des antidépresseurs, de l’Effexor. Après quelques jours, tu es dans un état tel que je te dis d’arrêter ces crasses et d’appeler Coyote. Il te remet sur pied, plus ou moins. Vous commencez un travail ensemble. Un moment de répit: la journée à Gand et la finale des Schoon Madammen. Une très belle soirée comme nous n’en aurons plus beaucoup ensemble.

Mars 2011, tu tousses à en rendre l’âme, tu as plus de 39 de fièvre. Un médecin venu en urgence te diagnostique une pneumonie. Tu es out pour plus d’un mois. Je vais à des soirées burlesque seule, cela me met un peu de baume au cœur. Tu continues malgré à tout à voir le neuropsychiatre que Coyote t’a conseillé mais très vite, tu te rends compte qu’il ne fait rien. Il te prescrit juste quelques médicaments et te donne des congés de maladie.

Avril-mai 2011, tu dors toujours autant, avec ces crises de narcolepsie qui peuvent intervenir à tout moment. Je les vois venir, plus d’une heure à l’avance: ta voix devient pâteuse et si tu manges, tu manges comme un goinfre. Une soirée entre amis au restaurant est gâchée, il n’est que 21h mais je dois te ramener à la maison. Je ne sais même pas si j’arriverai à te réveiller une fois arrivés au terminus du métro. Je reprends contact avec ma psy et tu vas la voir. Elle te conseille un psychiatre à l’UCL. Là, ils te conseillent une hospitalisation. Je reprends un peu espoir.

Juin 2011, tu te fais opérer du palais, tu dors enfin mieux la nuit. Et puis tu passes ta première semaine à l’UCL. J’apprends au cours de la semaine qu’il s’agit d’un sevrage alcoolique et non d’une attaque plus ciblée de tes problèmes de dépression et de burn out. Je sens que tu t’éteins, tu deviens apathique.

Juillet 2011, tu es une semaine à la maison. Tu es hyperactif, tu es sous divers médicaments qui transforment ta personnalité, tu m’empêches de dormir. Une nuit, je me réveille en sursaut. Tu es tombé, je veux te relever mais tu refuses. Je remonte. Je t’entends tomber à nouveau, je redescends et te découvre dans une mare de sang. Tu t’es ouvert le nez contre le bord du plan de travail de la cuisine. Je nettoie tant bien que mal, te pose des questions, me demande si je dois te conduire aux urgences. Mais ça a l’air d’aller.

Comme prévu, tu retournes pour une semaine à l’hôpital, mais dès le soir, tu rentres. Tu ne peux plus rester là. Et les pires semaines commencent pour moi. J’ai besoin de sommeil mais tu ne me laisse pas dormir. Tu fais du bruit toute la nuit. A nouveau tu tombes. Je monte et marche dans quelque chose de mouillé. Je te remets au lit et nettoie. Le matin, je n’en peux plus, je n’ai pas eu une nuit complète en plus de 10 jours. Je panique. J’appelle une ambulance. Tu m’en veux à mort. Et je sais que je n’aurais pas dû. Mais je voulais qu’on te prenne en charge, au moins une nuit, pour que je puisse me reposer. La psychiatre de l’UCL ne m’écoute pas et ne t’écoute pas. Quand je lui dis que c’est moi qu’il faudra amener aux urgences, elle s’en fout. Tu rentres avec moi. A nouveau, ce sont des amis qui viennent nous soutenir. MTLM et Armalite viennent parler avec toi et avec moi. Cela nous fait plus de bien que n’importe quel psy.

Mais tu es dans un sale état. Je n’ai plus de contact avec toi. Tu es toujours hyperactif. Tu redécores tout le grenier, faisant des trous partout pour mettre des cadres, tu mets de la musique toute le nuit, tu bouges tout le temps. Même avec des bouchons dans les oreilles, je me réveille plusieurs fois par nuit. Je ne veux plus de toi avec moi mais nous n’avons pas de solutions. Tu n’as nulle part où aller. Pas de famille et pas d’amis qui t’accepteraient dans cet état-là. Tu fais deux accidents de voiture, tu n’es pas en état de conduire mais tu ne veux pas l’admettre.

Je vais à Lille pour une journée avec Ingrid, ça me fait beaucoup de bien. Le lendemain, le jour de mon anniversaire, rien. Tu as essayé le matin en allant me chercher une couque au chocolat et un petit gateau mais je sens de suite à ta voix pâteuse que ça ne va pas. Le soir, nous mangeons ensemble mais le coeur n’y est pas. C’est la première année où je fête mon anniversaire sans champagne et sans restaurant. Je me sens super malheureuse. Je t’en veux mais je sais que tu n’y peux rien. J’en veux à la maladie. Tu revois la psy, elle te conseille un nouveau psychiatre. Nous y allons ensemble aussi et elle veut me revoir seule. Elle essaie de m’ouvrir les yeux sur ta maladie.

Août 2011, tu vois enfin le psychiatre à Ottignies. Les premières visites se passent bien. Il dit que tu n’es pas dépressif et que tu n’as pas besoin d’antidépresseurs. Le diagnostic est bien plus lourd: schizophrénie. Cela ne se guérit pas, ça se contient. Tu as un QI trop élevé et ton cerveau ne peut s’arrêter, ne te donne aucun répit. Il te prescrit des antipsychotiques qui agissent sur la dopamine. Cela t’aide mais te rend malade en même temps. Difficile de trouver un équilibre. Tu pars à Lyon une semaine. Je suis inquiète mais je peux enfin me reposer – un peu. En même temps, je travaille sur un gros projet au travail qui ne me laisse pas beaucoup de temps libre ni des moments pour souffler. Le jour où tu reviens, je sens que ça va mieux. Nous allons au restaurant. Le lendemain par contre, tu n’est pas bien. Je vais chercher la nouvelle voiture seule. Et depuis, ça va un  jour sur deux ou trois.

Septembre 2011, ce w-e, ce samedi, tu t’es levé vers 16h. Ta semaine avait été éprouvante pour cause de papiers divers à régler. Je sais qu’aller d’une administration à l’autre n’est jamais agréable mais cela ne devrait pas te rendre malade. La soirée a été bonne, nous avons profité du beau temps. Dimanche, tu es levé tôt, tu vas me chercher une couque au chocolat et des gâteaux. Je voulais acheter des livres chez Cook’n’Book, tu insistes pour que  nous y allions pour manger. A table, je vois déjà que tu n’es plus très en forme. Tu me dis que tu es calme, serein mais aussi inquiet. Ta voix devient de moins en moins claire. Tu réagis moins vite. Nous rentrons, tu va te coucher et me voilà seule à nouveau pour l’après-midi et probablement la soirée… Tu te réveilleras sans doute quand j’irai dormir. Ce n’est pas ce que j’appelle une vie de couple…

Je pleure souvent. Je n’arrive pas à arrêter de t’aimer mais je voudrais que ça change, je voudrais avoir à nouveau une vie normale. Ne pas devoir attendre que tu soies bien, que tu ne dormes plus, ne pas être sur le qui-vive parce que je sens les signes avant-coureurs d’un endormissement précoce. J’ai peur pour l’avenir, pouvons-nous vivre comme ça ? J’ai de gros doutes. Si nous nous séparons, ce sera la faute de la maladie, pas la tienne, je t’aime trop pour ça. Et cela me déchire le cœur. Mais j’ai aussi droit à un peu de bonheur, non ? Tu me demandes de te laisser du temps, mais cela fait trop longtemps déjà, plus de 10 mois… Ma vie est un peu entre parenthèses… Vivre seule me fait peur, j’ai trop donné avant de te rencontrer mais est-ce que je ne vis pas déjà un peu seule ? Mais sans que je ne puisse vivre vraiment ma vie parce que je veux tenir compte de toi ? C’est difficile et je n’ai pas de solution. Oui, tu vas mieux, mais moi je perds patience…

Je pleure notre relation quasi tous les jours… Je ne savais pas qu’un corps pouvait contenir autant de larmes…

11 thoughts on “I love you too much

  1. Aie… Compliqué tout ça, en effet. Je peux concevoir la déchirure que tu dois gérer tous les jours et je ne sais pas quoi te dire parce que je pense que c’est toujours difficile de comprendre sans avoir vécu ça. Tout ce qui me vient à l’esprit, en te lisant, c’est qu’il me semble que Diane ne manque pas de volonté. Il essaie de te proposer de faire des choses avec toi, c’est “juste” le reste qui ne suit pas. Et là, il doit se laisser du temps et trouver une sorte d’équilibre en lui. En ça, toi, je pense qu’il ne faut pas te culpabiliser ni le lui reprocher. Ca ne dépend des fois pas de nous-mêmes, la vie doit suivre son cours… J’ai juste l’impression que pour être un peu plus en paix, il faut peut-être plus penser à toi. Arrêter d’organiser tes journées totalement en fonction de lui. Et s’il suit, tant mieux, s’il ne suit pas, tu as de quoi t’occuper. En espérant qu’un beau jour, il suivra une journée… Puis une autre… Tu aviseras au fur-et-à-mesure.
    Et perso, je te propose toujours de venir me voir sur Liège. Tu peux rester dormir chez moi et passer le w-e ici (Kazoo te fera littéralement fondre!) Et pourquoi pas une petite escapade pendant la Toussaint à la mer?
    En tous les cas, j’admire vraiment ton courage et l’ouverture de coeur que tu as pour lui. Et de même pour sa persévérance à lui parce qu’il est tout de même allé voir plusieurs personnes (dont certains incapables), chose qui en aurait découragé plus d’un…
    Toutes mes pensées…

    1. merci pour ton commentaire, ça m’aide beaucoup. Tu ne dis pas que notre relation est finie, tu essaies de trouver des solutions. Je m’étais dit aujourd’hui que je rentrerais et vivrais ma vie comme une célibataire mais avec quelqu’un à la maison, mais je n’ai pas vraiment réussi. Je vais essayer pourtant, et profiter au jour le jour.

      Merci pour tes invitations, j’y réfléchis ! La mer me tente bien mais pas à la Toussaint, je serai déjà à Copenhague !

  2. mes crises de narcolepsie et de vomissements sont de nouveaux là, j’en ai marre, marre et remarre d’être aussi malade à cause de médicaments foireux et addictifs (merci le valium, l’efffexor, le solyan, le prozac, le zyprexa et j’en passe) sans eux mon caractère est bordélique mais avec je suis malade comme un chien enfin moins avec le dernier mais quand même, ça me mine, mais le pire c’est que je n’arrive pas à trouver de psy pour m’aider, que je viens par nécessiter de couper tout les ponts avec ma famille pcq ça devenait inssuportable, que j’attends tjrs mes nouvellles cartes de banque depuis 3 semaines, que je dois payer 2000 euro de frais medicaux divers en etant à la mutuelle avec un penible 1400 euro, on a des envies de suicide pour ça mais je me laisserais pas faire, mais vous toutes celles qui nous lisez n’hésitez pas à sortir sunalee de l’enfer que je lui fait vivre, qu’elle s’aére l’esprit loin de mes problèmes, je l’aime mais je suis très malade

  3. On va faire un tour dans une autre ville quand tu veux… Changer d’air et de façades est toujours bénéfique, même si cela ne résout rien à vos soucis…

    1. merci ! je suis partante. J’ai déjà au programme Copenhague pour le travail, et très probablement Liège grâce à la demoiselle ci-dessus et Paris grâce à la demoiselle ci-dessous !
      Tu proposes une ville en particulier ?

      1. Une ville que l’on ne connait pas trop ? Je suis même prête à mettre mon boycot anversois de côté pour qu’on aille y passer une journée enter boutiques et musées. Il y a Amsterdam que j’adore (Sara viendrait avec nous je pense =D), il y a Gand qui est bien jolie, il y a les Ardennes, la côté d’Opale, bref on trouvera, t’inquiète =)

  4. Sunalee est la bienvenue à Paris quand elle le souhaite.
    Vous méritez d’être heureux et de vous en sortir, je ne sais quoi dire à part courage. Des bisous.

  5. Les amis, ce message me rend bien triste pour vous deux mais je sens dans vos messages et vos écrits qu’il vous reste quand même ce petit, tout petit truc d’énergie…celui qui est super important à maintenir et qui dit que tout n’est pas perdu. Des solutions miracles c’est sûr qu’il n’y en a pas mais sunalee, essaie de saisir toutes les occasions de t’évader un peu, tu es entourée, profties-en un max…c’est maintenant ou jamais non ? Et pour Diane, beaucoup de courage aussi et de patience pour parvenir à retrouver un certain équilibre malgré la maladie. Je suis de tout coeur avec vous…vraiment vraiment. Je me remanifesterai en privé (malgré la distance…) dans les jours et semaines à venir. Je…on pense à vous ! Plein de bises (à partager !)

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