Encore quelques livres et un bilan de PAL pas tout à fait rose

Il y a un an, j’évoquais le souhait de diminuer fortement ma PAL et d’acheter moins de livres. Le résultat escompté n’est pas tout à fait au rendez-vous: j’ai acheté (emprunté) 28 livres cette année et j’en ai lu 12 parmi ceux-ci, ainsi que 9 de la liste plus ancienne. Bref 21 livres en tout au lieu des 25 prévus. Je dois cependant ajouter que j’ai mis 3 mois à lire Les bienveillantes et que je me suis attaquée à Quicksilver de Neil Stephenson, en l’abandonnant quelques semaines après (mille pages en anglais, c’est un peu trop pour moi en une fois, mais je ne renonce pas tout à fait !). J’ai aussi commencé un Terry Pratchett que j’espère terminer un jour mais ce n’est vraiment pas mon style d’humour… (heureusement pour ma PAL, en fait, sinon, j’aurais dû rajouter au moins 25 livres d’un coup !).

Quant aux lectures des derniers mois, il s’agit de:

– Laura Kasischke, En un monde parfait: sachant que c’est une de mes auteures préférées, je ne pouvais passer à côté de ce roman et comme toujours, il fera partie des mes meilleures lectures de l’année. On pourrait le comparer à La route de Cormac McCarthy mais en moins sombre et tragique. Quoique, l’histoire n’est pas drôle, une histoire d’épidémie pour laquelle on ne nous donne jamais d’explications, juste quelques touches descriptives des coupures de courant successives, de maladies, de pillages de magasins… mais l’essentiel tourne autour de Jiselle, ancienne hôtesse de l’air qui a abandonné son métier pour épouser un pilote, et qui suite aux circonstances, doit s’occuper de ses enfants à lui qui sont loin d’être reconnaissants. Une nouvelle vie, qui se termine sur l’espoir de s’en sortir. Le genre de livre dont on ne veut pas lire les dernières pages, dont on veut savourer la poésie jusqu’au bout. Le genre de livre où je déprime après l’avoir terminé, sachant que je ne retrouverai pas si tôt quelque chose du même niveau.

– George R.R. Martin, Le trône de fer et Le donjon rouge: suite à l’article très positif du Golb et sachant que c’est une prochaine série HBO (reportée au printemps), je me suis lancée dans cette longue saga. Qu’en dire de plus qu’Armalite ? Est-ce que j’ai aimé ? Oui, même si ce n’est pas un amour aussi inconditionnel que pour Laura Kasischke ! Je suis curieuse de connaître la suite des rebondissements, de voir aussi si le fantastique va prendre un peu plus de place et comment les personnages vont évoluer. Le tome suivant (en trois volumes en français) m’attend sur ma PAL).

– Jonathan Franzen, Freedom: une belle brique mais si peu chère chez Cook and Book, bref je l’ai achetée, tout comme Armalite d’ailleurs. Autant j’ai adoré Les corrections, autant je suis déçue par celui-ci. C’était sans doute le but, mais c’est un ramassis de styles différents selon le personnage qui s’exprime et je n’ai trouvé aucun intérêt dans les péripéties écologico-politiques américaines. C’est une chronique familiale, mais je ne me suis reconnue dans aucun personnage, tous ayant des traits de caractère très énervants. Je dirais que jusqu’au premier tiers, c’est relativement agréable à lire mais la suite devient vite un boulet qu’on traîne avec soi (dans le métro dans mon cas !). J’aurais pu l’abandonner là, mais j’ai du mal à faire ça… j’espérais que ça s’améliorerait…

Là, j’ai quelques jours pour lire La fenêtre panoramique de Richard Yates, j’ai failli louper le rendez-vous de lecture commune avec Yspaddaden suite à une incompréhension de ma part. Aurai-je l’occasion de finir ce livre en 6 jours ?

Snowy Christmas

Jeudi: Cabaret Années Folles au Magic Mirrors. diane est malade, dort debout même après trois jours de sommeil juste interrompu par le travail. Je sors malgré tout, affrontant le froid et la neige. Pas grand monde encore quand j’arrive, juste Patrice qui me propose de s’installer avec lui. Un peu plus tard arrivent Maja, Baba, Hélène et Catherine pour qui c’est le premier spectacle burlesque. Belle soirée menée par Lady Flo qui nous séduit par ses chansons et son charleston endiablé. Effeuillages et chansons de Miss Lolly Wish et de Shana Brown, la Joséphine Baker d’aujourd’hui, entrecoupés par les crooner George Bangable et Patrick Ouchène. Vicky Butterfly quant à elle nous a emmené dans un monde féérique, empli d’étoiles et de paillettes. Le retour s’annonce difficile, je me décide finalement pour le métro, ce qui fut probablement la meilleure décision que je pouvais prendre malgré mon anxiété toute seule le soir tard. Quand j’arrive au terminus, une belle couche de neige recouvre déjà les trottoirs.

Vendredi: plus de 20cm de neige, le dîner de ce soir avec mon papa est compromis. Sa compagne, Francine, est restée à Gand et ne viendra pas. Courses à pied au Delhaize le plus proche (il est moins bien que l’habituel mais pas moyen de sortir la voiture) puis au marchand de vin. A 15h, diane appelle les sociétés de taxi pour voir ce qu’il en est, on nous répond de commander un taxi une heure à l’avance pour que mon père puisse nous rejoindre. 16h30, après une dizaine d’appels, j’arrive enfin à obtenir un taxi, mon père arrive une heure plus tard. Repas tout simple mais délicieux avec des verrines maison, huîtres Colchester, coquilles Saint-Jacques, fromage et chocolat Marcolini. Appel d’un taxi, on nous rappelle 10 minutes plus tard pour dire que le taxi ne viendra pas, la course est trop courte. Autre société, après plusieurs appels sans réponse: heureusement, ils ont une voiture dans le secteur. Cela promet pour le lendemain.

Samedi: 10h30, après plusieurs essais infructueux, un taxi est route pour chercher mon papa puis nous pour aller chez la maman de diane. Nous arrivons bien trop tôt. La grand-mère de diane appelle, désespérée: pas de réponse dans aucune société de taxi. Elles arriveront finalement par un autre moyen. Les cousin(e)s de diane viennent en métro. Et puis, le plus mauvais repas de Noël de toute ma vie. L’entrée passait encore: comment rater un saumon fumé avec un peu d’écrevisses et de salade ? Mais pour le plat principal… une dinde farcie industriellement, des légumes surgelés réchauffés et pire que tout, une espèce de chose que j’ai d’abord pris pour des saucisses, puis pour des crottes qui se sont révélées être des pommes de terre grenaille surgelées qu’il fallait rissoler avant de servir. Résultat: une espèce de pap (mousse en bruxellois) dans une peau caoutchouteuse. diane me regarde, mort gêné, incapable de manger son assiette. Mon père doit partir, une fuite dans sa maison l’appelle, heureusement, le taxi arrive en dix minutes. diane veut partir aussi mais la politesse nous en empêche. Plus tard, il entendra sa mère dire qu’elle n’a plus envie d’organiser la fête l’année prochaine. J’espère que ce sera le cas parce que ce fut une journée bien difficile, augmentée encore par le stress des transports incertains. Je m’inquiète aussi pour mon père s’il neige encore: il ne saura pas sortir de chez lui, il se fait vieux, n’a plus le pied stable et il habite un quartier sans commerces et difficilement accessible en cas d’intempéries. 18h30, enfin rentrés, je m’écroule, je n’en peux plus, je ne veux plus jamais ça.

Lundi: je déballe enfin la carafe à vin en cristal de Bohème offerte par la maman de diane. Elle nous avait dit qu’elle avait choisi la plus simple. J’ai failli m’évanouir devant autant de laideur… (ça ressemble à ça, sans le bouchon)

Almost Christmas

Bientôt la période des fêtes, période qui me remplit comme chaque année d’appréhension, en tous cas en ce qui concerne les fêtes de famille. Difficile aussi d’écrire un article qui ne soit pas blessant pour l’une ou l’autre personne mais voilà, le 24 en compagnie de mon papa et de sa compagne, j’ai toujours peur des débordements dus à un verre de trop, des larmes et des crises dépressives. J’essaie de mon mieux de créer une ambiance chaleureuse sans parler du passé mais cela me demande un grand effort et j’en sors toujours lessivée. Et le lendemain, on remet ça dans la famille de diane où je n’ai finalement pas grand chose à dire mais où il faut attendre le long déroulement du repas, de l’apéritif au pousse-café, sans vraiment profiter non plus de la nourriture pas très originale ni savoureuse (c’est la seule fois sur l’année que je mange des légumes surgelés par exemple – à part les petits pois). Une journée fatigante aussi à essayer de faire la conversation, à survivre aux feintes idiotes, à ne pas boire (malheureusement, c’est moi qui doit conduire tout le monde) et à faire semblant d’aimer son cadeau. Et à ne même pas faire un effort vestimentaire parce que ça ne sert à rien, ou pire à attirer plus de remarques. Et pour le 1er janvier, non, je n’ai pas envie d’aller à la fête entre adultes, sachant que les adultes en question ont une moyenne d’âge de 75 ans… Je n’ai pas envie de vexer ma famille, mais 4 heures de conversation en dialecte et un gros gâteau à la crème au beurre qui me donne des hauts-le-coeur, ce n’est pas mon idée de la fête.

Par contre, ce qui me rend heureuse, c’est de passer une semaine de congé en amoureux, à fêter juste à deux le passage à l’an neuf, avec de bons petits plats (aaah, ce homard cuit maison !), de jolis cadeaux et plein de bisous. Connaissant le nombre de réveillons que j’ai passé « seule » (même en compagnie de mes parents ou d’amis), c’est mon plus beau cadeau !

When I grow up, I want to be a burlesque dancer

Est-ce que je veux devenir effeuilleuse burlesque ? Grande question n’est-ce pas ! Connaissant ma timidité maladive, oserais-je monter sur scène ? Et puis, ma date de péremption n’est-elle pas passée ? Et ma cellulite ? Et mes boutons sur le dos et les fesses ?

Bref, tout ça pour dire que j’ai passé un excellent moment dimanche passé à l’atelier burlesque mené par Lady Flo ! Je ne me suis jamais autant sentie à l’aise en bougeant mon corps (il faut savoir que je tiens tout sport en horreur totale et que j’ai été traumatisée par les cours d’éducation physique à l’école au point d’avoir toujours des envies de meurtre par rapport à certains professeurs). Lady Flo nous a donné une règle de base: toujours bien se tenir, sourire et même si on ne suit pas, ne pas baisser les bras, faire autre chose, d’autres mouvements… Elle nous a appris les chorégraphies de base de différents types de burlesque, que ce soit du cabaret années folles au bump and grind mais aussi comment enlever ses gants ou ses bas en émoustillant le public. Tout ça sans oublier quelques explications historiques passionnantes, des remises en contexte qui éclairent les styles. Deux heures, c’est un peu court pour apprendre beaucoup mais vu le rythme effréné, c’était plus que suffisant ! J’ai eu des courbatures dans les fesses et les mollets pendant toute la semaine. La Princesse qui m’avait accompagnée me disait ses préférences pour la danse années 20, moi, c’est le bump and grind qui m’a le plus intéressée – normal, je pense, quand on sait qu’à la maison souvent je remue mes fesses sur la musique. Et depuis quelque temps, dès que j’écoute de la musique, j’étudie le potentiel « effeuillage », peu importe le style, j’en trouve partout, même au concert des Einsturzende Neubauten !