Mon cerveau est fort embrouillé pour le moment. J’ai du mal à y mettre de l’ordre, à aller de l’avant, à savoir ce que je veux vraiment (voilà trois semaines que Coyote a demandé que j’écrive ça sur papier), je n’arrive pas à être positive malgré quelques efforts. Toute initiative doit toujours être critiquée avant de pouvoir être prise, en mal de préférence. Coyote m’avait aussi demandé d’écrire dans un carnet une chose par jour qui m’a fait plaisir. Le carnet est là, vide. Mais même si je n’ai encore rien écrit, je tente depuis les derniers jours d’aller dormir avec des idées positives, quitte à penser à des Bisounours. Cela fonctionne parfois. Mettre les mots par écrit est une étape. Le changement de mois, une autre. J’espère arriver à me sentir mieux, à prendre des décisions qui me font du bien.
(premier d’une série de trois billets écrits l’un après l’autre, suivant l’évolution de mon état d’esprit – la suite demain et après-demain)
Georges Sokoloff, Nos ancêtres les nomades. L’épopée indo-européenne: avec un titre pareil, j’aurais dû me méfier. Parce que ça fait très “nos ancêtres les Gaulois” qu’on ânonnait à l’école primaire. Mais la deuxième partie du titre a éveillé mon attention, c’est le genre de sujet qui me passionne. Et la quatrième de couverture expliquait que l’auteur avait fait le point sur les connaissances actuelles de la question. Après quelques pages, je m’offusque: Sokoloff précise en toutes lettres que s’il y a un “-” devant une date, cela veut dire que c’est “avant Jésus-Christ”. Euh oui, ça a toujours été comme ça dans tous les livres. Je continue cependant, me disant que ce n’est pas très grave. Et puis, plus loin, j’ai failli jeter le livre à travers la pièce, illico presto dans le feu ouvert: comment s’intéresser aux connaissances scientifiques d’un auteur quand celui-ci vulgarise son texte au point de parler de “notre bon roi Charlemagne” ! C’est comme écrire son blog en comic sans (je sais, je me répète). C’est une question d’adéquation entre le sujet et la manière dont on en parle. Je n’ai rien contre des livres de vulgarisation, ils sont souvent nécessaires pour entrer dans des sujets difficiles ou inconnus. Mais dans ce cas-ci, j’avais déjà lu L’énigme indo-européenne de Colin Renfrew ainsi qu’un blog qui tente d’expliquer la dissémination des premiers hommes sur la planète via les constantes dans les musiques traditionnelles mais aussi via la génétique. Ce dont Mr Sokoloff ne parle même pas. Et vous pouvez me traiter d’intello si vous le voulez.
Mes parents n’en écoutaient pas. Ils avaient bien acheté toute la collection de magazines avec cd mais ceux-ci n’ont jamais atteint le lecteur. Ils prennent la poussière depuis.
J’ai fait une tentative en suivant un cycle de conférences organisés par un magasin de disques de Leuven mais je n’ai jamais acheté aucun disque. C’était passionnant pourtant !
Bref, je n’étais pas vraiment opposée au style mais je manquais de portes d’entrée pour y accéder. Et puis j’ai commencé à travailler. Et un collègue a réussi à me dégoûter profondément avec sa manie d’imposer à tous pendant des heures son jazz de restaurant (du jazz un peu soft, sans aspérités, très “lounge”), son Philippe Catherine et autres jazzeux belges de seconde zone. Je détestais tout particulièrement un album de reprises version jazz de chansons de Sting, album que je déteste déjà en version originale. Et il le passait et repassait et à chaque fois, j’étais au bord de la crise de nerfs.
Un autre collègue a tenté de m’initier à Thelonius Monk. Cela n’a pas fonctionné. Un ami m’a fait découvrir John Zorn et son projet Massada. J’ai même été voir un concert mais c’est finalement assez proche des musiques juives.
J’ai changé de lieu de travail, je n’ai plus dû écouter la musique imposée par les collègues (je suis également dégoûtée à vie de Portishead). J’ai rencontré diane. Ensemble nous avons écouté du rock, des musiques du monde entier, de l’exotica, des musiques de film mais pas de jazz.
Un jour, il a descendu sa platine au salon et a sorti ses vieux vinyles. Il a commencé à mettre Ascenseur pour l’échafaud de Miles Davis. Je me suis habituée aux sonorités. D’autres disques de Miles ont rejoint la pile, ainsi que du Chet Baker (que je connaissais déjà suite au très beau documentaire de Bruce Weber, Let’s get lost), du Duke Ellington, du Ornette Coleman. Ces dernières semaines, les achats se sont intensifiés et les écoutes aussi. Et voilà, j’aime le jazz après plus de 20 ans d’essais infructueux ! Même des disques plus “free” comme Bitches brew (que j’avais déjà écouté en accompagnement d’un spectacle d’Anne Teresa De Keersmaeker) ou le gagnant du CDB (Matana Roberts). Il suffisait de trouver la bonne manière de m’apprivoiser…
Cette semaine, j’ai perdu mon temps à une réunion, fait plusieurs chutes de tension, mal dormi, bien dormi, fêté la Saint-Valentin, offert des vinyles, reçu des vinyles et un lapin crétin en caleçon, commencé un grand projet au travail, commencé à écrire sur le grand projet, eu l’angoisse de la page blanche pour le blog, continué à écrire pour le grand projet, haussé le ton à une deuxième réunion inutile, lancé une polémique sans le vouloir, râlé sur la personne qui a lancé la polémique parce qu’elle n’a rien compris, été chercher ma nouvelle robe retouchée Mademoiselle Jean, mis l’autre nouvelle robe Mademoiselle Jean, beaucoup stressé pour rien, beaucoup hésité, rencontré Sara et Yal, discuté de plein de choses intéressantes, pris la voiture pour une sortie en célibataire au centre ville, trouvé une place de parking tout de suite, rejoint La Princesse et son Prince Consort, adoré le canard au miel du Cercle des Voyageurs, trop mangé, bu une délicieuse tisane digestive, marché sous la pluie, découvert Mr Wong, bu un verre, discuté malgré la musique un peu forte, apprécié la musique exotica, croisé Aurore et Alex, rentré chez moi sous la pluie mais dans le cocon bien chauffé de ma voiture, traîné sur internet, bu encore un bourbon, endormie, réveillée par diane qui a raconté sa sortie, dormi.
Fin décembre, je me suis inscrite à mon premier swap, “Mondes imaginaires”, initié par Armalite. Pleine d’enthousiasme au départ, mais aussi remplie d’appréhension quant à la constitution de mon colis, je me suis dépêchée et ai envoyé mon paquet à la mi-janvier. Deux semaines plus tard, il n’était toujours pas arrivé, et c’est en ronchonnant un peu sur la poste et son inefficacité que j’ai refait un colis qui devrait partir dans les prochaines heures, au pire dans les prochains jours. Bref, mon enthousiasme s’était estompé !
Et puis hier, j’ai reçu le colis qui m’était destiné. Dans sa lettre, Akroma s’excusait du retard dû à UPS (il n’y a pas que la poste qui pose problème !). Sous son petit mot, j’ai d’abord trouvé un marque-page bien original, ressemblant presque à un bijou, puis dans un deuxième sachet, un joli collier boussole qui me permettra de ne pas me perdre en Russie. Car c’est là que se passe le roman Twelve de Jasper Kent. Je ne connaissais pas l’auteur mais l’histoire combine plusieurs éléments que j’apprécie beaucoup: roman historique mais dont le déroulement est réécrit, vampires mais aussi la Russie (ce que je n’avais pas précisé dans mes goûts) ! Et pour accompagner ma lecture, il y avait aussi un sachet de thé… russe, du thé Kusmi que je n’ai encore jamais goûté et qui sent divinement bon !
Merci beaucoup, Akroma, tu as réussi à cerner mes goûts et à me faire très plaisir, au point que j’en ai oublié mes ronchonnements et que je suis prête à participer à un prochain swap (en espérant quand même que mon colis de remplacement arrivera à destination et plaira !).
Joyce Carol Oates, Délicieuses pourritures: Joyce Carol Oates fait partie de ces auteurs prolifiques dont j’aime en général les longs romans. Cela faisait des années que ce fin volume (probablement ce qu’on appelle une “novella” en anglais) traînait dans ma PAL et c’est le besoin d’un livre peu volumineux pour glisser dans mon sac le jour d’une escapade en ville qui me l’a fait choisir. (Et je me rends compte que, souvent, au lieu de faire une critique d’un livre, je parle des circonstances dans lesquelles que je l’ai lu !). Délicieuses pourritures, dont le titre anglais est tout simplement Beasts, raconte en un long flash-back des événement que Gilian a vécu lorsqu’elle était étudiante dans une petite université américaine. Elève timide, elle tombe amoureuse de son professeur de littérature, comme toutes les autres filles de sa classe. Mais ce professeur a une épouse assez vénéneuse, excentrique, et l’histoire dérape très vite. Je dirais que mon seul reproche, c’est que c’est trop court ! Mais autant je suis une grande adepte des gros pavés, autant je déteste les nouvelles. 100 pages est vraiment un strict minimum… sauf pour le roman suivant que j’ai lu. (à suivre)
ps: lire les romans courts de ma PAL est aussi une tactique pour la vider plus vite !
Downton Abbey, c’est un peu Amour, gloire et beauté dans l’aristocratie anglaise. Ecrite par Julian Fellowes, déjà responsable du scénario de Gosford Park mais aussi de plusieurs romans, la série s’intéresse à la famille Grantham, à son château et à ses domestiques. Elle commence en 1912 avec le naufrage du Titanic et la mort de l’héritier de la famille. Lord Grantham et son épouse n’ont que trois filles et doivent donc se tourner vers un cousin lointain qui vient s’installer à proximité du château avec sa mère. Là commence un conflit de classe, mais par petites touches, un conflit entre les pratiques anciennes de l’aristocratie et une ouverture plus grande de la bourgeoisie. Et Lady Mary, va-t-elle finalement épouser l’héritier Matthew ?
Toute l’équipe des domestiques joue aussi un rôle important, par leur implication ou leurs commérages, par le désir des plus jeunes de sortir de la domesticité tandis que les plus anciens ont dénié toute vie privée pour rester au service de “His Lordship”. Montées en grade, jalousies, apprentissage, amours secrets ou non, tout passe en revue.
L’espace-temps entre le début de la saison 1 et la fin de la saison 2, de 1912 à 1920, est l’occasion de montrer une société en évolution, la montée du socialisme et du communisme, les horreurs de la guerre, le travail des femmes mais aussi tout un chamboulement dans les convenances. Et on voit aussi les tenues des dames changer, les jupes se raccourcir, les pantalons apparaître.
Au point de vue formel, rien à signaler. La série est très classique, avec des mouvements de caméra traditionnels, un scénario qui suit les personnages et la chronologie (avec juste quelques ratés parfois, une accélération pendant un épisode ou deux pour retomber ensuite dans le train-train), une reconstitution historique très fidèle et des décors d’époque assez impressionnants. Mais c’est justement la finesse de ce scénario qui passionne ! Il faut peut-être regarder quelques épisodes avant de s’attacher vraiment aux personnages mais une fois qu’on est pris, la série devient très addictive.
Une mention spéciale doit être donnée à Lady Violet Grantham, qui est fabuleusement bien campée par l’actrice Maggie Smith. A elle seule, elle porte une grande partie des intrigues et ajoute un élément comique certain. Vivement l’année prochaine pour de nouveaux épisodes !
UPDATE: j’ai trouvé ce clip avec les meilleurs moments de Lady Violet:
Neil Gaiman, American gods: j’étais encore en vacances quand j’ai entamé cette brique que m’avait offerte La Princesse. Les 100 premières pages ont donc été lues en quelques heures et puis, de retour dans nos froides contrées avec le train-train quotidien des journées de travail, j’ai commencé à traîner… Pas que le livre ne me plaisait pas mais je ne trouvais pas de raison non plus à le prendre pour continuer. J’ai aimé le concept, cet espèce de road-movie dans le coeur des Etats-Unis pour tenter de rassembler tous les anciens dieux en préparation d’une guerre avec les nouveaux dieux, mais j’ai souvent eu l’impression qu’il y avait trop de pages, trop d’explications. Sauf lors des interludes consacrés aux histoires d’autres personnes, des immigrés qui ont emmenés leurs dieux sur le nouveau territoire. Bref, je ne suis pas positive à 100% mais je ne suis pas contraire à la lecture d’autres romans du même auteur (que je pense trouver dans la bibliothèque de diane) pour approfondir la question.
Il fait glacial dehors, et depuis je me sens mal. Je suis grognon, je suis super jalouse de toute personne qui n’est pas obligée de sortir, je n’arrive plus à me réchauffer. Dès que je sors, l’intérieur de mon nez fait mal et j’attrape mal de tête. Ma veste, une grosse doudoune, ne me tient même pas chaud. Attendre le tram dehors est un calvaire et même les stations de métro sont glaciales. Il fait froid au bureau et deux gros pulls superposés ne suffisent pas, ni les chaussettes sur les bas, dans des bottes. A la maison, il fait bon mais hier soir, je gelais, j’avais froid jusqu’aux os. Quand j’ai pris ma température, j’avais 36,3° (avec un thermomètre qui a déjà fait ses preuves). Et le fait de savoir que ça va durer encore une semaine me déprime encore plus.