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Dimanche passé s’achevait la nouvelle pépite télévisée d’amc, qui après Mad Men, Breaking Bad, Rubicon et The Walking Dead prouve encore une fois qu’elle en a sous le coude. Nous suivons donc Cullen Bohannan, ancien greyback cherchant à venger la mort de sa femme et pourchassant le groupe de yankees qui lui ont fait subir les derniers outrages. Sur cet arc narratif simple et fort, c’est toute l’ambiguïté de la construction de l’histoire américaine qui fait surface. La comparaison avec Deadwood est inévitable, la langage de charretier en moins et une action resserrée en plus. À la création d’une ville se substitue ici la prolongation de la fuite en avant que fut la construction des Etats-Unis. Les hors-la-loi européens, les laissé-pour-compte, les parias, les bras cassés et autres asociaux sans vergogne se rappellent à notre bon souvenir tout du long de la construction de la première ligne de chemin de fer reliant les deux océans. La relecture de la face sombre de la conquête de l’Ouest étant à la mode depuis que Leone ait dynamité le genre il y a 40 ans, on n’étalera pas sur le sujet. Sans être novatrice la série séduit, abordant la plupart des figures imposées sans être trop caricaturale, chaque personnage ayant ses bons et mauvais côtés et personne n’est parfait, loin de là. C’est d’ailleurs la force tranquille de la série, les plus belles motivations sont ici toujours entachées de boues et de sang, de coup bas et d’actes braves, une moralité fluctuante loin des lois mais basées sur la coopération fragile entre rapaces et idéalistes, entre putes et poivrots, entre indiens et blancs, entre un esclave affranchi et un sudiste déchu. On peut sans doute rapprocher la série de Red Dead Redemption dans son approche (a)morale, on en revient toujours à ce bon vieux mythe fondateur des USA et sa constante réinterprétation, réappropriation au fil des époques. Une seconde saison est déjà sur les rails see you at the next sation bastards.

Update de Miss Sunalee: je dois aussi avouer que la musique (thème de Gustavo Santaolalla et l’inévitable Gillian Welch) joue pour beaucoup dans mon appréciation. Elle ouvre l’espace encore plus, contrairement à Deadwood qui se joue en huis-clos ou presque. Et le traitement de l’image dans des tons un peu passés me plaît. (voilà ce qui aurait pu être la base de mon article sur la série mais que je n’avais pas envie de mettre en forme convenablement – d’où l’article écrit par diane).

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